Israël et l'Iran s'affrontent en Syrie et dans le Golan

Israël et l'Iran s'affrontent en Syrie et dans le Golan
Damas (Syrie), nuit de mercredi à jeudi. Un missile est lancé depuis la capitale syrienne où des sites sont la cible de tirs.

leparisien.fr, publié le jeudi 10 mai 2018 à 19h49

L'armée israélienne a frappé en Syrie, en représailles de tirs iraniens sur le plateau du Golan. Une escalade de violences qui inquiète la communauté internationale.

En Syrie, la nuit de mercredi à ce jeudi a donné lieu à des affrontements entre Israël et l'Iran. Visé par des tirs de roquettes attribués à l'Iran, Israël a riposté contre des dizaines de cibles iraniennes en Syrie. Dans un contexte de tensions avivées par les incertitudes sur le nucléaire iranien, Paris, Berlin et Moscou appellent les deux parties à la désescalade. De son côté, Damas estime qu'il s'agit d'une « nouvelle phase » dans la guerre en Syrie. Une médiation pourrait passer par la Russie.

Tirs iraniens sur le Golan. Sur la partie du plateau du Golan occupée par Israël, des positions militaires ont été prises pour cible mercredi soir. Une vingtaine de roquettes de type Fajr ou Grad ont été lancées depuis la Syrie par l'Iran, selon Israël.

Les projectiles iraniens ont été tirés peu après minuit par les hommes de la brigade iranienne al-Qods, a dit le lieutenant-colonel israélien Conricus. La brigade al-Qods est chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien. Ces tirs n'ont pas fait de victimes. Quatre des projectiles ont été interceptés par les systèmes de défense anti-aériens, et les autres sont retombés en dehors d'Israël, a dit l'armée. Dans la soirée, le Premier ministre israélien a souligné qu' « aucune » des roquettes n'avait atterri sur le sol de l'Etat hébreu.

La majeure partie du Golan a été conquise à la Syrie par Israël puis annexée à son territoire en 1981. Cette annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale.

Réplique d'Israël en Syrie. Dans la foulée des tirs sur le Golan, Tsahal, l'armée israélienne, a lancé une importante opération aérienne contre des positions iraniennes en Syrie. L'aviation a frappé le véhicule d'où étaient parties les roquettes ainsi que des dizaines de cibles militaires iraniennes, sites de renseignement, de logistique, de stockage, postes d'observation. Les appareils israéliens ont essuyé des dizaines de tirs de la défense anti-aérienne syrienne. Mais tous sont rentrés à la base après avoir atteint leurs objectifs, d'après le porte-parole.

Selon Moscou, 60 missiles ont été lancés par 28 appareils israéliens et 10 missiles sol-sol sont tombés en territoire syrien. De fortes détonations se sont produites à Damas, la capitale syrienne, où la télévision a montré des projectiles lumineux dans le ciel. Certains missiles israéliens ont touché des bases militaires ainsi qu'un dépôt d'armes et un radar militaire. Les batteries anti-aériennes syriennes ont abattu des dizaines de missiles israéliens, selon l'agence officielle Sana.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les missiles israéliens ont touché des bases « qui appartiendraient au Hezbollah libanais au sud-ouest de la ville de Homs, ainsi qu'à l'ouest de Damas, où se trouvent des combattants iraniens ainsi que du Hezbollah et de la 4e brigade (de l'armée syrienne) ». Le Hezbollah est un groupe islamiste chiite basé au Liban et lié à l'Iran. Il dispose d'une branche armée. Plusieurs pays la considèrent comme une organisation terroriste. L'OSDH précise que 23 combattants, dont 5 soldats syriens et 18 membres de forces alliées au régime, dont un officier, ont été tués dans ces frappes. Des Syriens et des étrangers font partie des combattants tués.

Une escalade de violences prévisible ? C'est la première fois depuis le début de la guerre en 2011 et de l'engagement iranien en Syrie qu'Israël impute des frappes sur le Golan à l'Iran. L'Etat hébreu, qui reste officiellement en état de guerre avec la Syrie, dit rester à l'écart de la guerre chez son voisin, mais observe avec grande inquiétude le soutien apporté au régime de Bachar al-Assad par deux de ses bêtes noires, le Hezbollah libanais et l'Iran.

Israël s'alarme de l'expansion iranienne dans la région et ne cesse de proclamer qu'il ne permettra pas à la République islamique de se servir de la Syrie comme tête de pont contre lui. Au cours des derniers mois, il a mené des dizaines de raids contre des positions syriennes, le Hezbollah et, de plus en plus, les forces iraniennes. Les tensions ont été avivées par la querelle sur le nucléaire iranien. Israël se considère comme la cible désignée d'un Iran qui serait doté de l'arme atomique, et son Premier ministre Benjamin Netanyahou a mené une vigoureuse campagne contre l'accord de 2015, jusqu'à sa dénonciation mardi soir par le président américain, Donald Trump. Jeudi, les forces iraniennes et les combattants du Hezbollah dans Damas et ses environs étaient en état d'alerte maximale, selon l'OSDH.

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