Iran: clash américano-russe à l'ONU, nouvelles manifestations pro-régime

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 Manifestation prorégime à Machhad, la deuxième ville d'Iran, le 4 janvier 2018

Manifestation prorégime à Machhad, la deuxième ville d'Iran, le 4 janvier 2018

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© AFP, NIMA NAJAFZADEH, TASNIM NEWS
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AFP, publié le vendredi 05 janvier 2018 à 23h55

Les Etats-Unis et la Russie ont affiché vendredi des divisions profondes sur l'Iran, lors d'une réunion controversée du Conseil de sécurité consacrée à ce pays où le pouvoir a organisé dans la journée de nouvelles manifestations en sa faveur.

"En 2018 nous ne resterons pas silencieux", a martelé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, en justifiant sa demande dès mardi d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, qui a provoqué des dissensions entre ses 15 membres. "Si on doit faire des réunions à chaque fois qu'il y a des manifestations dans un pays...", soupire un diplomate sous couvert d'anonymat.

Pour Nikki Haley, "le régime iranien bafoue les droits de son peuple". Elle a dénoncé les dépenses d'armement iraniennes aux dépens, selon elle, du bien-être de la population. "Le message de ce peuple, c'est cessez de soutenir le terrorisme", a-t-elle assuré en réclamant le rétablissement total de l'internet en Iran. Un point repris par les Pays-Bas, nouveau membre non permanent du Conseil de sécurité.

"C'est à l'Iran de régler ses propres problèmes", a asséné au contraire l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia en évoquant "une situation interne (qui) est en train de se normaliser" et en accusant Washington de "gaspiller l'énergie du Conseil". Le diplomate russe a évoqué des "prétextes fantaisistes" pour la tenue de cette session, en évoquant une "ingérence dans les affaires intérieures iraniennes".

La Russie a été soutenue au Conseil par notamment la Bolivie, l'Ethiopie ou la Guinée équatoriale. Il ne faut "pas saper l'autorité du Conseil alors que son unité est cruciale", a souligné l'ambassadeur éthiopien, Tekeda Alemu. "La situation iranienne ne menace pas la stabilité régionale", a abondé l'ambassadeur adjoint chinois à l'ONU, Wu Haiteo, en déniant tout rôle au Conseil dans une situation interne à un pays.

Il s'agissait de la toute première réunion du Conseil de sécurité pour 2018 après des voeux d'"unité" formulés le 1er janvier par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. "L'unité est la voie à suivre: notre avenir en dépend", avait-il alors dit.

- Sanctions américaines -

Du côté européen, les prises de position ont aussi montré des divisions.

Si le Royaume-Uni a jugé tout à fait légitime une réunion du Conseil de sécurité sur l'Iran, la France s'est montrée beaucoup plus prudente. Cette semaine, le président français Emmanuel Macron avait plaidé la modération et mis en garde contre un risque de "guerre" si les discours belliqueux venus des Etats-Unis, d'Israël ou d'Arabie saoudite se poursuivent.

Vendredi, son ambassadeur à l'ONU, François Delattre, a souligné qu'il fallait observer de la "vigilance" pour la liberté d'expression en Iran. Mais il ne faut "pas d'instrumentalisation" de la situation iranienne "de l'étranger", a-t-il souligné.

Cette approche mesurée a été partagée par la Suède et le Pérou, autre nouveau membre non permanent du Conseil.

Dans une lettre mercredi à l'ONU, l'Iran, soutenue par la Turquie, avait dénoncé les "ingérences" des Etats-Unis à son égard, reprises vendredi par son ambassadeur aux Nations unies devant le Conseil de sécurité.

Contrastant avec le ton mesuré des Européens et de l'ONU, l'administration américaine de Donald Trump, qui est vent debout contre l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, a apporté un soutien appuyé aux contestataires en Iran.

Les Etats-Unis ont imposé jeudi de nouvelles sanctions contre des groupes industriels iraniens soupçonnés de participer au programme de missiles balistiques de l'Iran.

Du 28 décembre au 1er janvier, ce mouvement de contestation, basé sur des revendications essentiellement économiques, a secoué de nombreuses villes du pays. Elle a parfois comporté des slogans plus politiques, et des violences ont fait 21 morts, en majorité des manifestants.

Le calme est globalement revenu depuis mardi, au prix d'un déploiement important de forces de sécurité.

Selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, dont l'authenticité est impossible à vérifier, de petites protestations ont encore eu lieu jeudi soir en province.

- Politique économique -

Pour la troisième journée consécutive, de nouveaux rassemblements de soutien au régime ont eu lieu, après la prière collective du vendredi, dans la région de Téhéran et dans plusieurs villes de province.

Les traditionnels slogans "Mort à l'Amérique" ou "Mort à Israël" ont été lancés.

D'importantes manifestations pro-régime avaient déjà été organisées mercredi et jeudi.

Durant les troubles, des centaines de personnes ont été arrêtées tandis que des biens publics - banques, bâtiments officiels, postes de police - ont été endommagés ou incendiés.

Les autorités, toutes tendances confondues, ont resserré les rangs pour dénoncer les troubles, tout en soulignant la nécessité de répondre aux revendications "légitimes" de la population.

Certains partisans du président modéré Hassan Rohani ont par ailleurs accusé des groupes conservateurs d'avoir provoqué, par calcul politique, les manifestations initiales de Machhad, la deuxième ville du pays, qui avaient ensuite dégénéré.

Les conservateurs ont nié et insisté sur le fait qu'il revenait au gouvernement de changer de politique économique pour préserver le pouvoir d'achat des classes populaires.

 
28 commentaires - Iran: clash américano-russe à l'ONU, nouvelles manifestations pro-régime
  • Arretez avec vos grandes démonstrations. L'Etat le plus dangereux dont le monde doit se débarrasser aujourd'hui ce sont les ETATS UNIS d'Amérique. Regardez toutes le inégalités qu'ils ont céees chez eux d'abord et dans le reste du monde ensuite pour la gloire de leur économie nationale. Mais dans cette guerre d'hypocrite ils ont des fidèles proches de nous et d'autres un peu plus éloignés. Nous ne sommes que des jouets.

    Il y a deux camps , comme toujours :
    Ceux qui soutiennent la démocratie et sont pour la liberté et qui approuvent l’acton des USA
    Ceux qui préfèrent la dictature et la tyrannie et qui soutiennent les ennemis des USA

  • j'ai travaille en iran quelques mois ils n'ont pas la meme culture que nous elle n'est pas meilleure ni pire, elle est differente et quelquefois choquante a nos yeux d'occidentaux. Ils ne pensent pas et ne reflechissent pas comme nous, il faut les laisser regler leur probleme eux memes

  • Pour défaire un régime qui lui déplaît, Trump a besoin de trois atouts. L’expérience montre qu’il lui faut détenir au moins deux des trois éléments suivants : une forte opposition interne chez l’adversaire, une soldatesque de supplétifs, une capacité d’intervention directe. En Iran, il ne disposent clairement d’aucun de ces trois atouts. L’opposition interne existe, mais c’est moins une opposition au régime qu’une opposition au gouvernement. Le système politique lui donne libre cours à travers le processus électoral. La dialectique entre “conservateurs” et “réformateurs” structure le débat, favorisant l’expression des contradictions internes sans mettre en péril le régime issu de la révolution de 1979. C’est pourquoi les masses n’ont pas investi la rue, et la grogne qui s’y exprime pour des raisons ECONOMIQUES ne génère pas, sauf exception, une contestation du régime politique.

  • La question est délicate. On ne peut pas saper les efforts du gouvernement Iranien démocratiquement élu et qui tente un début de libéralisation et une ouverture vers l'occident. Se souvient on des répressions assassines de la Savaq du régime du Shah soutenu alors par tous les pays occidentaux s’autoproclamant libres et démocratiques. Ce sont les méthodes de ce Régime dictatorial qui ont amené l'Ayatollah Khomeini au pouvoir et l'instauration de la République Islamique qui a ensuite essaimé dans tout le moyen orient. Il ne faudrait pas avec ce Président des USA jusqu'au boutiste refaire la même tragique erreur, et condamner trop vite le régime Iranien ce qui ramènerait au pouvoir les extrémistes islamistes des gardiens de la Révolution en Iran. Il faudrait au contraire essayer d'aider le régime iranien à satisfaire ce qui n'est pour l'instant qu'une grogne sociale due au chômage et aux difficultés économiques du pays. Condamner trop vite le régime Iranien à l'ONU serait, comme avec Bush en Irak, offrir une nouvelle occasion de développement du terrorisme au moyen orient.

    Démocratiquement élu ? Pour parler de démocratie il faudrait que les candidats soient libres de se présenter ; s’ils doivent avoir d’abord l ‘aval des ayatollah pour se présenter , on est en pleine dictature .

  • L’Iran est à la manœuvre pour implanter des bases militaires importantes en Syrie ,prétextant la guerre contre Daesh ; et au Liban , par le biais du Hezbollah . Pour cela , il a besoin de l’aide et de la logistique fournie par les Russes .
    Le but de l’Iran est d’attaquer Israel à la fois par la Syrie et par le Liban .

    Pourquoi l'Iran implanterait des bases militaires en Syrie alors qu'ils sont alliés de fait ? Expliquez nous cela dans la détail qu'on rigole un peu !

    Un peu de logique : en général , les états implantent et développent des bases chez leurs alliés , pas chez leurs ennemis !!
    C’est pour cela qu’ils ont mis autant d’empressement à secourir leur allié Bachar , contre tout ce qui pouvait s’opposer à lui ; aussi bien les concurrents de l’Iran , Daesh , que les rares forces démocratiques qui ont pu exister et qui ont vite été broyées au milieu de tous les fanatismes .

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