Iran : au moins 50 morts dans les manifestations réprimées, selon une ONG d'opposition

Iran : au moins 50 morts dans les manifestations réprimées, selon une ONG d'opposition
Téhéran, le 17 septembre 2022.

publié le vendredi 23 septembre 2022 à 21h27

Les manifestations se multiplient dans le pays après la mort de Mahsa Amini après son arrestation pour "port de vêtements inappropriés" par la police des moeurs. 

La mort d'une jeune femme arrêtée par la police des moeurs continue d'enflammer l'Iran. Au moins 50 personnes ont été tuées dans le pays dans les manifestations qui ont lieu dans le pays depuis une semaine et qui sont réprimées par les forces de sécurité, a rapporté vendredi 23 septembre l'ONG d'opposition Iran Human Rights (IHR). 



Selon l'IHR, qui est basé à Oslo et qui avait donné jeudi un bilan d'au moins 31 morts, bien loin des 17 morts évoquées par un média d'Etat, six personnes ont été tuées par arme à feu par les forces de l'ordre dans la ville de Rezvanshahr, dans la province septentrionale de Gilan jeudi soir, et d'autres morts ont été enregistrés à Babol et Amol (nord).

Des manifestations ont eu lieu dans environ 80 villes depuis une semaine, a ajouté l'organisation.

"A balles réelles"

"Le gouvernement a riposté avec des balles réelles, des pistolets à plomb et des gaz lacrymogène, selon les vidéos partagées sur les réseaux sociaux", indique le Centre pour les droits humains en Iran (CHRI), ONG basée à New York, dans un communiqué.

L'organisation kurde de défense des droits humains Hengaw rapporte de son côté que les forces de sécurité ont tiré durant la nuit de jeudi à vendredi avec des "armes 'semi-lourdes'" sur les manifestants à Oshnaviyeh (nord-ouest), sans donner davantage de précisions.

Dans plusieurs villes, des manifestants ont affronté les forces de sécurité, incendié des véhicules de police et scandé des slogans hostiles au pouvoir, selon des médias et des militants. La police a arrêté un nombre indéterminé de personnes, ont rapporté des médias iraniens. Parmi elles, figurent le militant Majid Tavakoli et la journaliste Nilufar Hamedi, selon leur entourage.

Contre-manifestations

Face aux protestataires, qualifiés de "contre-révolutionnaires", "émeutiers" ou "comploteurs", les autorités ont décidé de riposter en organisant leurs propres manifestations après la prière du vendredi. A l'appel d'un organisme chargé d'organiser des manifestations officielles, des milliers de personnes ont défilé dans plusieurs villes d'Iran, notamment à Téhéran, Qom (nord) ou Ispahan (centre).

Mahsa Amini, âgée 22 ans, a été arrêtée le 13 septembre à Téhéran pour "port de vêtements inappropriés" par la police des moeurs chargée de faire respecter le code vestimentaire de la République islamique. Elle est décédée trois jours plus tard à l'hôpital. Le président iranien, Ebrahim Raïssi, a promis jeudi une enquête sur le décès de la jeune femme, tout en précisant que le médecin-légiste n'avait pas fait état d'abus de la part de la police, ce que contestent les manifestants.
 

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