Irak: les forces de sécurité délogent des manifestants antigouvernementaux

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Des manifestants quittent leur campement sur la place Tahrir à Bagdad, le 25 janvier 2020
Des manifestants quittent leur campement sur la place Tahrir à Bagdad, le 25 janvier 2020
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© AFP, SABAH ARAR

, publié le samedi 25 janvier 2020 à 12h16

Les forces de sécurité irakiennes ont délogé samedi des manifestants hostiles au pouvoir qui occupaient des rues et des places de Bagdad et d'autres villes du sud du pays, ont rapporté des correspondants de l'AFP.

La veille, le leader chiite Moqtada Sadr avait organisé un grand rassemblement à Bagdad pour réclamer le départ des troupes américaines d'Irak. Il avait ensuite annoncé qu'il ne soutenait plus le mouvement de contestation, largement dominé par la jeunesse, qui réclame depuis le 1er octobre de profondes réformes politiques. 

Les manifestants antigouvernementaux, éclipsés ces dernières semaines par la montée des tensions entre Washington et Téhéran, craignaient aussi qu'un retrait du soutien de Moqtada Sadr, un puissant homme politique, n'affaiblisse leur mouvement. 

Dans la ville portuaire de Bassora, dans le sud de l'Irak, les forces de sécurité ont dispersé samedi des manifestants installés dans un campement. Leurs tentes ont été brûlées avant que des employés municipaux nettoient la place, selon un journaliste de l'AFP.

Dans les villes de Hilla, Diwaniya, Kut et Amara, des correspondants de l'AFP ont vu des manifestants démonter leurs tentes.

A Bagdad, les forces de sécurité ont dispersé des sit-ins notamment sur la place Tayaran et le pont al-Ahrar, a annoncé le commandement militaire de la capitale.

Six manifestants ont été blessés, selon une source médicale. 

Depuis lundi, des manifestants bloquaient la place Tayaran, brûlant des pneus et dressant des barricades, pour faire pression sur le gouvernement.

Le pont al-Ahrar, partiellement occupé depuis le début du mouvement, enjambe le Tigre et relie l'est de Bagdad aux quartiers de l'ouest, où se trouve la Zone verte ultrasécurisée, qui abrite les sièges des institutions et l'ambassade américaine.

Ce pont est proche de la place Tahrir, point de ralliement de la contestation où des milliers de manifestants antigouvernementaux s'étaient à nouveau rassemblés vendredi.

Des manifestants ont raconté samedi à l'AFP avoir entendu des tirs alors que la police tentait de les éloigner avec des fumigènes. Une source policière a cependant déclaré que les forces de l'ordre n'avaient pas l'intention de vider la place.

Vendredi également, Moqtada Sadr avait rassemblé des milliers de ses partisans à Bagdad pour réclamer le départ des 5.200 soldats américains stationnés dans le pays.

Le sentiment anti-américain en Irak s'est ravivé depuis le tir de drone mené par les Etats-Unis qui a tué le 3 janvier à Bagdad le général iranien Qassem Soleimani, émissaire de Téhéran en Irak, et Abou Mehdi al-Mouhandis, son lieutenant irakien.

Le leader chiite, qui dirige le plus gros bloc au Parlement et contrôle plusieurs ministères occupés par ses alliés, a soutenu le mouvement antigouvernemental à ses débuts. Vendredi, il a annoncé sur Twitter qu'il ne s'impliquerait plus dans la contestation. 

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