Irak : les élections législatives se sont déroulées sans incident majeur

Irak : les élections législatives se sont déroulées sans incident majeur
Bagdad (Irak), le 12 mai 2018. Un quart des sièges du nouveau parlement sera réservé aux femmes.

leparisien.fr, publié le samedi 12 mai 2018 à 21h19

Près de 24,5 millions d'Irakiens étaient appelés à voter ce samedi. Des élections cruciales pour la reconstruction du pays. Mais la participation n'a pas semblé au rendez-vous.

Dans un Irak en lambeaux après trois ans de guerre contre Daech, 24,5 millions d'électeurs étaient invités à voter ce samedi. C'est la première fois depuis la victoire contre les djihadistes que les Irakiens étaient appelés aux urnes. Un scrutin déterminant pour la reconstruction du pays. Les bureaux de vote en Irak ont fermé à 15 heures GMT sans qu'aucun incident majeur n'ait été signalé, si l'on n'excepte un policier tué dans la province de Diyala. Cinq autres policiers ont également été blessés, dont un grièvement, quand huit obus de mortier et deux roquettes Katioucha se sont abattus près d'un bureau de vote dans la localité d'Abou Sida, ont précisé les autorités. Dans la soirée, Washington a appelé de ses voeux «un gouvernement de rassemblement.

La participation en berne. La participation n'a pas semblé être au rendez-vous. Des premiers chiffres non officiels communiqués par des médias locaux faisaient toutefois état d'une participation allant de 40% à 80% dans la région autonome du Kurdistan irakien, où les électeurs se mobilisaient pour préserver la présence des députés kurdes au Parlement central à Bagdad. A Mossoul également, pour la première fois depuis la chute il y a 15 ans du régime de Saddam Hussein, les électeurs se massaient dans les bureaux de vote. En revanche, dans le reste du pays, les chiffres non officiels étaient bas, notamment à Bassora (sud), avec 19% de participation en milieu d'après-midi. A Bagdad, les différents bureaux de vote où se sont rendus des journalistes de l'AFP étaient peu fréquentés et les longues queues d'électeurs observées lors d'élections précédentes ne se sont pas reproduites samedi.

Des sièges de députés réservés aux femmes. 8 959 bureaux de vote ont ouvert à 7 heures (6 heures, heure française). Ils fermeront à 18 heures. Le scrutin devait départager 87 listes dans 18 gouvernorats du pays. Au total, 2011 femmes se présentaient, sur un total de 6 990 candidats. 83 sièges sont réservés aux femmes, et 9 sièges sont pour les minorités (chrétienne, shabak, sabéenne, yézidie et kurdes faïli -chiites-). Le reste sera attribué proportionnellement au nombre de voix et les candidats élus en fonction de leur position sur les listes.

900 000 policiers et militaires en alerte

Bagdad (Irak), le 12 mai 2018. Des militaires sécurisent un bureau de vote. REUTERS/Wissm al-Okili

Pour la première fois depuis l'invasion conduite par les Etats-Unis en 2003, la campagne n'a pas été émaillée par des attentats sanglants perpétrés par les djihadistes, hostiles aux élections. Mais, même si la sécurité s'est beaucoup améliorée avec l'affaiblissement de Daech, les autorités prennent au sérieux les menaces d'attentats. A Bagdad, la sécurité est particulièrement renforcée. L'espace aérien a été fermé ce samedi.

L'actuel Premier ministre rêve d'un second mandat. Haïdar al-Abadi est au pouvoir depuis août 2014. En décembre dernier, le Premier ministre a annoncé « la fin de la guerre » contre Daech. Avec son parti « l'Alliance de la victoire », il espère bien tirer profit de la défaite des djihadistes. Mais il est très critiqué pour la corruption toujours très présente et les difficultés économiques. Une désillusion qui, devait pousser de nombreux Irakiens à s'abstenir. Face à M. Abadi, se trouvent sur les rangs son prédécesseur Nouri al-Maliki -qui n'a pas digéré d'avoir été écarté en 2014- et Hadi al-Ameri, un proche de l'Iran qui a même combattu sous son drapeau dans la guerre avec l'Irak (1980-1988). Les résultats seront proclamés dans les 48 heures et ensuite le Parlement devra s'atteler à la formation du nouveau gouvernement.

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