Irak: le drapeau américain piétiné à Bagdad après des sanctions contre le chef d'une faction pro-Iran

Irak: le drapeau américain piétiné à Bagdad après des sanctions contre le chef d'une faction pro-Iran
Des partisans d'Assaïb Ahl al-Haq défilent dans le centre de Bagdad en piétinant le drapeau américain, le 14 décembre 2019 en Irak

, publié le samedi 14 décembre 2019 à 14h30

Plusieurs milliers de partisans d'Assaïb Ahl al-Haq, l'une des factions armées pro-Iran les plus puissantes d'Irak, ont défilé samedi à Bagdad, piétinant le drapeau américain après que Washington a imposé des sanctions à leur chef et son frère.

Il y a près d'une semaine, Qaïs al-Khazali, chef d'Assaïb et bête noire des Etats-Unis qu'il a combattu dès leur invasion de l'Irak en 2003, ironisait sur ces sanctions, y voyant "un honneur" que Washington aurait dû lui rendre "bien avant".

Désormais interdit d'entrée et de transaction financière aux Etats-Unis pour "disparitions forcées à grande échelle, enlèvements, meurtres et tortures", M. Khazali a mobilisé samedi ses troupes.

Au coeur de Bagdad, sur la place Ferdaous --devenue mondialement célèbre lorsque les troupes américaines y ont mis à bas la statue du dictateur déchu Saddam Hussein-- ses partisans ont défilé, marchant sur d'immenses drapeaux américains.

Bloquant les grands axes commerciaux et fréquentés du centre, ils avaient installé en bord de route des potences, auxquelles étaient pendues des effigies du président américain Donald Trump, du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de Mohammed ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite, grand ennemi de l'Iran.

"Nous dénonçons la décision injuste" de sanctionner Qaïs al-Khazali, qui est "une ingérence à l'encontre d'une personnalité nationaliste", a affirmé à l'AFP Mahmoud al-Rubaye, membre du bureau politique de Sadiqoun, le parti d'Assaïb au Parlement.

Assaïb Ahl al-Haq (La ligue des vertueux, en arabe) est une des principales composantes du Hachd al-Chaabi, une coalition formée pour combattre le groupe Etat islamique (EI) désormais intégrée aux forces de sécurité.

Les sanctions qui visent son chef interviennent alors que la communauté internationale dénonce le rôle des factions armées pro-Iran dans la répression d'une contestation inédite dans le pays, déjà émaillée par près de 460 morts et 25.000 blessés.

Des dizaines de manifestants ont par ailleurs été enlevés, plus ou moins brièvement, et plusieurs assassinés en deux mois et demi de contestation qui a pour épicentre la place Tahrir de Bagdad, à quelques centaines de mètres de la place Ferdaous.

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