Irak: de nouveaux heurts à Bagdad et dans le sud font des blessés

Irak: de nouveaux heurts à Bagdad et dans le sud font des blessés
Des manifestants irakiens se heurtent aux forces de sécurité près du pont Fahd sur la route internationale à Nassiriya dans le sud de l'Irak le 25 janvier 2020

, publié le dimanche 26 janvier 2020 à 10h07

Les forces de sécurité irakiennes ont tiré à balles réelles dimanche sur des sites névralgiques de la contestation, entraînant des affrontements pour la deuxième journée consécutive à Bagdad et dans le sud, avec des dizaines de blessés.

Les manifestants antigouvernementaux craignent que leur mouvement entamé début octobre ne soit écrasé après l'intervention samedi des forces de sécurité pour les déloger de leurs campements à Bagdad, dans la ville portuaire de Bassora (extrême sud) et dans la ville sainte de Najaf (au sud de Bagdad).

Trois manifestants hostiles au pouvoir irakien ont été tués samedi à Bagdad et dans le sud lors de ces affrontements avec les forces de sécurité.

Mais, samedi soir et dimanche matin, les protestataires sont revenus en grand nombre sur les sites visés et les forces de sécurité ont tenté de nouveau de les déloger.

Dans la capitale, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour disperser des petits rassemblements sur les places Khallani et Wathba, près du principal camp de manifestants place Tahrir, selon une source policière.

Au moins 17 manifestants ont été blessés, dont six par balles, selon cette source.

Les jeunes manifestants ont lancé des pierres sur la police antiémeute et certains ont lancé des cocktails Molotov.

A Nassiriya, plus au sud, les forces de sécurité ont également tiré à balles réelles, mais aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.

Les manifestants s'y étaient rassemblés en grand nombre après que la police eut rouvert les principales artères de la ville menant au site principal de la protestation, place Habboubi.

Le puissant leader chiite Moqtada Sadr avait annoncé vendredi qu'il ne soutenait plus les manifestants, faisant craindre à certains que cela ne laisse le champ libre au pouvoir pour réprimer leur mouvement, qui réclame inlassablement de profondes réformes.

Sadr a indiqué sur Twitter qu'il ne s'impliquerait plus dans le mouvement, après un rassemblement à Bagdad de milliers de ses partisans réclamant le départ des 5.200 soldats américains stationnées en Irak. Ses partisans, qui soutenaient jusqu'à alors la contestation, ont démonté leurs tentes installées depuis octobre à Bagdad.

Les manifestations, dominées par les jeunes, ont éclaté à Bagdad et dans le sud à majorité chiite le 1er octobre. Elles dénoncent le manque d'emplois, le manque de services et la corruption endémique.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.