Interdit de bloquer ses opposants sur Twitter, Trump fait appel

Interdit de bloquer ses opposants sur Twitter, Trump fait appel
Donald Trump présente souvent Twitter comme sa seule arme face à une coalition supposée de médias qui lui seraient hostiles.

leparisien.fr, publié le mardi 05 juin 2018 à 16h43

Le 23 mai, une juge new-yorkaise avait estimé que le président américain n'avait pas le droit d'empêcher ses critiques de s'abonner à son compte Twitter personnel, suivi par 52,5 millions d'autres comptes.

Donald Trump a-t-il le droit de bloquer ses détracteurs sur le réseau social Twitter ? Le ministère américain de la Justice a annoncé son intention de faire appel du jugement fédéral ayant conclu le contraire, dans un avis d'appel enregistré lundi devant un tribunal de New York.

Le 23 mai, la juge new-yorkaise, Naomi Reice Buchwald, avait estimé que Donald Trump n'avait pas le droit d'empêcher ses critiques de s'abonner à son compte Twitter personnel @realDonaldTrump, suivi par 52,5 millions d'autres comptes. Ce revers judiciaire infligé au président avait été largement remarqué, tant Donald Trump s'est approprié ce réseau social qu'il présente souvent comme sa seule arme face à une coalition supposée de médias qui lui seraient hostiles.

La possibilité de réagir aux fréquents tweets présidentiels, en les commentant, s'inscrit dans l'exercice de la liberté d'expression protégée par le premier amendement de la Constitution, avait assuré Naomi Reice Buchwald dans son jugement.

Ce dossier est né d'une plainte déposée par le Knight Institute, une organisation de défense de la liberté d'expression dépendant de l'université de Columbia, au nom de sept personnes «bloquées» par Donald Trump. Le blocage les empêchait de voir les tweets postés quasi quotidiennement par le président, et d'y répondre directement.

Un montage photo pour être bloqué

À la suite du jugement du 23 mai, ces sept plaignants ont été «débloqués» par la Maison Blanche. L'un d'entre eux est Philip Cohen, un professeur de sociologie de l'État du Maryland qui avait été bloqué en juin 2017, 15 minutes après avoir réagi à un tweet présidentiel en publiant une photo de Trump barrée des mots «Corrompu Incompétent Autoritaire».

«Nous nous sommes plaints. Nous avons assigné en justice. Nous avons gagné devant un tribunal fédéral sur le fondement du premier amendement de la Constitution. Et désormais @realDonaldTrump m'a débloqué. Ouah !», a tweeté Philip Cohen. De nombreuses autres personnes restent cependant bloquées par le locataire de la Maison Blanche.

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