Même fragilisé, Biden entend occuper le devant de la scène internationale, au G20 comme à la COP26

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Le président américain Joe Biden, à l'aéroport de Long Beach (Californie), le 14 septembre 2021
Le président américain Joe Biden, à l'aéroport de Long Beach (Californie), le 14 septembre 2021
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© AFP, Brendan Smialowski

publié le mardi 26 octobre 2021 à 21h41

Il a froissé ou refroidi ses alliés, raboté ses grands projets de réformes, il ne pourra même pas croiser le fer avec Xi ou Poutine... C'est pourtant en représentant d'une Amérique conquérante que Joe Biden entend participer au G20 et à la COP26.

Le président américain s'envole jeudi pour l'Italie, où se tient samedi et dimanche le sommet des vingt plus grandes économies mondiales. Il partira ensuite au Royaume-Uni, pour la grande conférence internationale COP26 sur le climat.

Joe Biden, qui a endossé sans se faire prier le costume de "leader du monde libre" délaissé par Donald Trump, et qui se présente volontiers en meneur des forces démocratiques face aux puissances autoritaires, Chine en tête, devrait occuper sans trop de difficultés le devant de la scène lors de ces deux événements.

En effet, ni le président chinois Xi Jinping - avec qui Joe Biden a dû se contenter de conversations téléphoniques depuis son élection - ni le président russe Vladimir Poutine ne font le déplacement, mettant en avant des préoccupations sanitaires.

- Vatican -

Avant de se mêler à ses autres homologues du monde entier, le président américain, catholique fervent, verra vendredi au Vatican le pape François.

Il aura le même jour un tête-à-tête avec Emmanuel Macron. Le président américain cherche à tourner la page, après une grave crise à la mi-septembre avec la France autour d'un contrat de sous-marins.

Cette affaire, tout comme le retrait chaotique d'Afghanistan, a fait pâlir l'étoile internationale de Joe Biden, lui qui scande que "l'Amérique est de retour".

Les alliés des Etats-Unis lui avaient pourtant fait la fête lors d'un sommet du G7 en juin, applaudissant le retour des Américains dans l'accord de Paris sur le climat, leur volonté de négocier avec l'Iran comme avec la Corée du Nord, ou encore leur détermination à enrayer la pandémie de Covid-19.

Face à la presse mardi, son conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan a pourtant assuré que tout allait pour le mieux notamment entre les Européens, désarçonnés par le pivot diplomatique assumé de Joe Biden vers l'Asie, et les Etats-Unis.

- "Enthousiasme" -

"Ni la Russie ni la Chine ne seront représentés en personne au plus haut niveau (...) Les Etats-Unis et l'Europe seront là, unis et plein d'énergie", a-t-il fait valoir.

Jake Sullivan veut croire que les alliés des Etats-Unis n'ont rien perdu de leur "enthousiasme" pour Joe Biden et ses projets.

Mais ces mêmes alliés voient bien que la Maison Blanche rabote chaque jour un peu plus les dépenses gargantuesques promises dans les infrastructures, la santé, l'éducation et la transition énergétique, dans l'espoir de réunir enfin les voix nécessaires au Congrès.

Les quatre mois et demi écoulés depuis le G7 "ont refroidi les Européens", a commenté Heather Conley, du Center for strategic international studies, lors d'une conférence téléphonique lundi.

- "Catastrophe climatique" -

Au G20, les Etats-Unis ne se priveront pourtant pas de rappeler leur rôle moteur dans la mise en place d'une taxe minimum des entreprises dans le monde, et dans la distribution internationale de vaccins. Ils espèrent aussi des engagements financiers de leurs partenaires en faveur des pays pauvres et de la transition énergétique.

Joe Biden, dont la cote de confiance ne cesse de s'effriter, entend aussi parler de deux problèmes très concrets pour les Américains: la flambée des prix de l'énergie, et les perturbations persistantes des échanges commerciaux mondiaux.

A Glasgow, il défendra, selon son conseiller à la sécurité nationale, l'idée qu'il n'y a "pas de contradiction" entre la lutte contre le changement climatique et la quête de prospérité économique. Pas question pour Washington de présenter la transition énergétique sous l'angle de la contrainte ou du sacrifice, malgré les messages alarmistes de l'ONU, mardi encore, sur la "catastrophe climatique" qui s'annonce.

"Vous allez voir ce que cela veut dire, faire de la politique étrangère pour la classe moyenne" américaine, a dit Jake Sullivan mercredi aux journalistes. Comme s'il était besoin de préciser que, même sur la scène internationale, Joe Biden ne perd jamais de vue les intérêts nationaux.

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