Maria Ressa part pour Oslo pour recevoir son prix Nobel de la paix

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La journaliste philippine Maria Ressa parle à des journalistes à l'aéroport de Manille, le 7 décembre 2021, avant d'embarquer pour Oslo où elle recevra son prix Nobel de la paix
La journaliste philippine Maria Ressa parle à des journalistes à l'aéroport de Manille, le 7 décembre 2021, avant d'embarquer pour Oslo où elle recevra son prix Nobel de la paix
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© AFP, Maria Tan

publié le mardi 07 décembre 2021 à 16h04

La journaliste philippine Maria Ressa a été autorisée lundi par la justice de son pays à se rendre à Oslo pour recevoir en personne le Prix Nobel de la paix.

Très critique envers le président philippin Rodrigo Duterte, Mme Ressa, 58 ans, bénéficie actuellement d'une liberté conditionnelle en attendant un jugement en appel après sa condamnation l'an dernier pour diffamation, ce qui l'a contrainte à demander à quatre tribunaux la permission d'aller chercher son prix en personne. 

La cour d'appel fiscale a estimé dans une décision rendue publique lundi que la cofondatrice du site d'information Rappler pouvait se rendre en Norvège du 8 au 13 décembre.

"Il y a une partie de moi qui est heureuse, oui, mais je suis aussi en colère et j'espère que l'avenir sera meilleur", a déclaré Mme Ressa, ancienne correspondante de la chaîne américaine CNN, à la presse à l'aéroport de Manille avant de s'envoler pour Oslo.

Mme Ressa et le journaliste russe Dmitri Muratov ont été récompensés en octobre pour leur combat pour la "sauvegarde de la liberté d'expression".

La journaliste philippine a notamment braqué les projecteurs sur les violences accompagnant la campagne antidrogue initiée par le président Duterte, qui, selon les organisations de défense des droits humains, a fait des dizaines de milliers de morts.

La cour d'appel en charge de l'affaire de diffamation avait accepté la semaine dernière qu'elle voyage, rejetant les "risques de fuite" avancés par les avocats du gouvernement.

Mme Ressa a aussi reçu la permission de voyager de deux autres tribunaux s'occupant d'autres dossiers la concernant, selon Rappler.

"On a l'impression que ce n'est pas cher payé pour pouvoir continuer de faire notre métier, mais nous ne devrions pas avoir à nous soucier de cela", a déclaré la journaliste à propos de l'obligation de demander une autorisation de voyager à la justice. "J'ai eu 36 permis de voyager et je suis revenue à chaque fois, même quand je savais (...) qu'un mandat d'arrêt m'attendait".

Elle est l'objet de sept poursuites judiciaires au total, dont l'affaire de diffamation dans laquelle elle encourt jusqu'à six ans de prison.

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