Inspections d'urgence de moteurs d'avions après l'accident du vol Southwest aux Etats-Unis

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Des enquêteurs de l'organisme fédéral américain de sécurité dans les transports, le NTSB, examinent le 18 avril 2018 les dégâts après l'explosion du moteur d'un Boeing de la compagnie Southwest Airlines la veille
Des enquêteurs de l'organisme fédéral américain de sécurité dans les transports, le NTSB, examinent le 18 avril 2018 les dégâts après l'explosion du moteur d'un Boeing de la compagnie Southwest Airlines la veille
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© AFP, Handout, National Transportation Safety Board
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AFP, publié le samedi 21 avril 2018 à 02h53

Le régulateur aérien américain a imposé vendredi des inspections d'urgence en réaction à la mort d'une passagère dans un accident mardi, ciblant les moteurs semblables à celui qui a partiellement explosé sur un appareil 737 de la compagnie Southwest.

La Federal Aviation Administration (FAA) a ordonné vendredi soir l'examen sous 20 jours des lames de ventilateur des moteurs CFM56 pour Boeing 737 ayant effectué plus de 30.000 rotations, soit quelque 681 moteurs dans le monde, dont 352 aux Etats-Unis.

Le régulateur a annoncé avoir pris cette décision sur la base des premières informations émanant de l'enquête sur l'accident de mardi et d'un bulletin publié vendredi par le fabricant de ces moteurs, la société franco-américaine CFM, co-entreprise du français Safran et de l'américain General Electric.

Dans un communiqué, CFM avait appelé à accélérer les inspections de ses moteurs CFM56-7B équipant les Boeing 737, en commençant par inspecter sous 20 jours ceux ayant effectué plus de 30.000 "cycles" (allumage du moteur/décollage et atterrissage/arrêt complet). Puis, "d'ici la fin août", ceux ayant effectué plus de 20.000 rotations, soit quelque 2.500 moteurs supplémentaires.

Passée la première inspection, le fabricant a également recommandé de faire ré-inspecter les moteurs tous les 3.000 cycles, soit environ tous les deux ans.

Les moteurs CFM56-7B sont utilisés par quelque 60 compagnies aériennes, a ajouté CFM, soulignant avoir mobilisé 500 techniciens pour "minimiser les perturbations" générées par ces inspections supplémentaires. 

Chaque inspection prend environ quatre heures, a ajouté la société, précisant que 150 des 681 moteurs à inspecter dans les 20 jours avaient déjà été examinés.

L'ordre de la FAA survient trois jours après qu'un vol de la compagnie Southwest avec 149 personnes à bord a vu une partie de son moteur CFM56 se détacher en vol. 

Les premiers éléments de l'enquête ont montré que des éclats de métal avaient brisé un hublot, blessant mortellement une mère de famille de 43 ans, happée partiellement à l'extérieur de l'appareil, et semant la panique en cabine.

- La FAA critiquée - 

Grâce au sang-froid de la pilote, ex-pilote de l'armée de l'air, le Boeing 737, parti de New York pour Dallas, a pu faire un atterrissage d'urgence à l'aéroport de Philadelphie sans faire d'autres victimes. 

Southwest avait annoncé dès mardi des inspections supplémentaires de ses moteurs CFM56, prévoyant de les achever sous 30 jours.

Le chef du NTSB, l'organisme fédéral américain chargé de la sécurité dans les transports, avait rapidement reconnu des similarités avec un accident survenu sur un autre vol Southwest en août 2016, également un 737 équipé d'un CFM56, qui avait dû effectuer un atterrissage d'urgence en Floride, sans faire de victime.

CFM avait à l'époque appelé les compagnies à mener des inspections supplémentaires, et la FAA avait également proposé de telles inspections. 

Mais elle n'avait pas publié de directive contraignante, plusieurs compagnies, dont Southwest, faisant notamment valoir qu'elles avaient besoin de plus de temps pour mener des inspections que ce que proposait la FAA, selon plusieurs journaux américains.

Les critiques n'ont pas tardé pour reprocher à la FAA d'avoir tardé à prendre des mesures.

"Les compagnies dictent à la FAA ce qu'elles pensent qui doit être fait, alors que c'est la FAA qui devrait dire, +Non, vous allez faire ça maintenant+", a notamment déclaré vendredi Gary Peterson, vice-président du syndicat des employés des transports, cité par la chaîne NBC. "On ne veut pas d'une situation où des personnes doivent périr avant que quelqu'un regarde ça de près". 

"La FAA doit être plus agressive à s'assurer que, quand il y a un problème, il soit résolu", a aussi souligné William McGee, qui a travaillé dans le transport aérien et milite aujourd'hui pour les droits des consommateurs du secteur.   

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