Indignation après la punition au feutre noir d'un enfant afro-américain

Indignation après la punition au feutre noir d'un enfant afro-américain
Le crâne de l'élève qui a été colorié au feutre indélébile, au Texas

AFP, publié le mardi 20 août 2019 à 20h48

Des parents afro-américains au Texas ont porté plainte et accusé de racisme l'école de leur fils de 13 ans après que des responsables de l'établissement eurent recouvert au feutre noir un motif rendu apparent par sa récente coupe de cheveux.

L'adolescent, identifié par les initiales J.T, s'était présenté en classe avec sa chevelure coupée court, ornée d'une fine ligne rasée laissant apparaître son cuir chevelu, selon une mode prisée par des rappeurs ou des sportifs. Le motif évoquait la lettre "M".

Jugeant que cet aspect contrevenait au code vestimentaire de l'établissement, le principal-adjoint du collège et deux autres membres de l'équipe pédagogique ont "noirci" au marqueur indélébile le dessin capillaire. 

Cet acte, remontant au 17 avril dernier au collège Berry Miller de Pearland, a suscité des réactions outrées, amplifiées bien au-delà des frontières du Texas par la plainte déposée dimanche auprès de la justice fédérale.

La punition au feutre est une stigmatisation évoquant l'esclavagisme et la ségrégation raciale, des époques où la peau des Noirs était représentée plus foncée qu'elle ne l'était afin de "masquer leur humanité", ont dénoncé les parents dans leur assignation judiciaire, dont l'AFP a obtenu copie.

Les autorités scolaires supervisant le collège, situé en banlieue de Houston, ont présenté leurs excuses à la famille et fait savoir qu'elles "désapprouvaient" la façon dont a été traité l'adolescent.

"Un responsable scolaire n'a pas pris les bonnes mesures disciplinaires en offrant à l'élève des options parmi lesquelles prévenir sa mère, une sanction ou recouvrir la zone chevelue rasée avec un marqueur. Cette dernière pratique n'est pas cautionnée par le district", ont-elles indiqué dans un communiqué publié sur Facebook.

Le responsable en question a été suspendu fin avril de ses fonctions. Le communiqué n'a pas précisé s'il s'agissait du proviseur-adjoint qui, d'après la plainte et le site internet de l'école, a depuis été promu proviseur de l'établissement.

Le scandale a éclaté dans la juridiction de Galveston, récemment théâtre d'une autre vive polémique: deux policiers y ont été photographiés escortant un Noir tenu par une corde alors qu'eux-mêmes montaient à cheval.

Le chef de la police locale s'est excusé face à l'indignation suscitée par cette image devenue virale, évoquant l'époque abhorrée des lynchages.

Les policiers en question ne seront toutefois pas poursuivis sur le plan pénal, ont annoncé dimanche les autorités locales.

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