Inde : les autorités ordonnent la fermeture d'une usine après de sanglantes manifestations

Inde : les autorités ordonnent la fermeture d'une usine après de sanglantes manifestations
Manifestation dans le sud de l'Inde pour la fermeture d'une usine en mai 2018

AFP, publié le lundi 28 mai 2018 à 18h06

Les autorités ont ordonné lundi la fermeture définitive de la deuxième plus grosse fonderie de cuivre en Inde qui a été la semaine dernière au centre de manifestations dans lesquelles treize personnes ont été tuées par la police.   

Se disant animé par "l'intérêt général", le gouvernement du Tamil Nadu, l'État méridional indien où se trouve l'usine, explique dans un document officiel qu'il "approuve l'ordre de fermeture donné par l'Office de contrôle de la pollution du Tamil Nadu et ordonne de fermer sur une base permanente ces installations" situées dans la ville portuaire de Tuticorin (aussi appelée Thoothukudi).

La police y avait affronté mardi et mercredi derniers des milliers de contestataires qui réclamaient l'arrêt des activités de cette fonderie de la société Sterlite Copper, filiale du géant minier britannique Vedanta, qu'ils accusent de menacer l'environnement.

Les tirs des forces de l'ordre avaient fait treize morts au total parmi les manifestants qui de leur côté avaient incendié des véhicules et des locaux administratifs. 

L'Office de contrôle de la pollution du Tamil Nadu avait déjà, la semaine passée, pris la décision de faire couper l'électricité alimentant cette usine.

Les violences policières, qui selon les pouvoirs publics étaient inévitables pour reprendre le contrôle de la situation, ont provoqué de vives réactions dans les rangs de l'opposition indienne. Rahul Gandhi, le président du parti du Congrès, avait ainsi dénoncé "un exemple brutal de terrorisme d'État".

La fonderie de cuivre de Tuticorin a fait l'objet d'une résistance de longue date. Le mouvement s'était intensifié ces derniers mois quand Sterlite avait cherché, en vain, à obtenir une licence pour en doubler les capacités, qui sont actuellement de 400.000 tonnes par an.

L'usine avait été brièvement fermée par les autorités locales en 2013 à la suite d'une fuite de gaz présumée, avant que la justice ne l'autorise à reprendre son activité.

Elle a été en maintenance pendant des semaines mais avait partiellement repris ses activités ce mois-ci.

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