Inde-Chine: Modi vante une "nouvelle ère" avec la Chine, volonté d'apaisement bilatéral

Inde-Chine: Modi vante une "nouvelle ère" avec la Chine, volonté d'apaisement bilatéral
Le Premier ministre indien Narendra Modi (d) et le président chinois Xi Jinping, le 11 octobre 2019 à Mahabalipuram (sud-est de l'Inde)

, publié le samedi 12 octobre 2019 à 11h58

Le Premier ministre indien Narendra Modi a vanté samedi l'ouverture d'une "nouvelle ère" avec la Chine, en accueillant son homologue chinois Xi Jinping à Mahabalipuram, sur la baie du Bengale, les deux dirigeants s'engageant à coopérer contre "la radicalisation et le terrorisme".

Ces entretiens en tête-à-tête des présidents indien et chinois visent à apaiser les tensions récentes entre les deux pays à la suite des troubles au Cachemire et la révocation en août par New Delhi de l'autonomie de cette région, disputée entre l'Inde et le Pakistan, et la domination de Pékin dans les relations commerciales sino-indiennes.

La Chine et l'Inde ont convenu de "rester sensibles aux préoccupations de l'autre" de façon à ce que les relations bilatérales "contribuent à la paix et la stabilité dans le monde", a ajouté Narendra Modi.

Le président Modi n'a pas désigné les motifs de crispation entre les deux pays, se contentant d'indiquer qu'il avait évoqué avec son interlocuteur chinois "d'importants sujets bilatéraux et mondiaux".

Les deux géants asiatiques se sont opposés verbalement ces derniers jours autour de la question du Cachemire, Pékin soutenant diplomatiquement le Pakistan qui dispute cette région himalayenne à l'Inde depuis plus de 70 ans. La Chine a un grand projet d'infrastructures au Cachemire pakistanais, territoire revendiqué par New Delhi.

Lors d'une rencontre cette semaine avec le Premier ministre pakistanais Imran Khan, Xi Jinping avait signalé son soutien aux "droits légitimes" sur le Cachemire de son allié. New Delhi a répliqué qu'"il ne revient pas à d'autres pays de commenter les sujets internes à l'Inde".

Auparavant, l'Inde avait irrité la Chine en divisant l'Etat du Jammu-et-Cachemire en deux, en août. La décision fera également de la région de Ladakh - dont une partie est revendiquée par Pékin - un territoire administratif indien distinct.

Le secrétaire indien aux Affaires étrangères, Vijay Gokhale, s'est voulu un peu plus précis sur les entretiens de Mahabalipuram. "Les deux dirigeants ont dit (...) que la radicalisation était un sujet de préoccupation pour eux deux, et qu'ils allaient continuer à travailler ensemble pour faire en sorte que la radicalisation et le terrorisme n'affectent pas le tissu de nos sociétés multiculturelles, multiethniques et multireligieuses".

L'agence de presse officielle chinoise Chine nouvelle a pour sa part indiqué samedi matin que M. Xi avait reçu un "accueil chaleureux" de la part de M. Modi, et que tous deux avaient convenu que leurs pays "devraient se respecter et apprendre l'un de l'autre afin de parvenir ensemble à un développement et une prospérité communs".

Les deux pays, qui abritent un tiers de la population mondiale, ont engagé de multiples bras de fer sur la question himalayenne depuis leur guerre en 1962.

L'Inde s'est rapprochée des Etats-Unis et de ses alliés comme contrepoids à la puissance militaire grandissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique.

La présence du Dalai Lama, le chef spirituel des Tibétains, à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, constitue également un sujet sensible dans les relations entre les deux pays.

Dans le domaine commercial, New Delhi et Pékin se heurtent aux mesures protectionnistes américaines et souhaitent une plus grande ouverture mutuelle de leurs marchés. L'Inde en particulier s'inquiète du surplus commercial chinois de 57 milliards de dollars dans leurs échanges bilatéraux.

Pékin souhaite pour sa part que l'Inde ne tienne pas compte des inquiétudes occidentales concernant Huawei, le géant chinois des télécoms.

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