"Ils ne nous ont pas aidés pendant la Seconde guerre mondiale" : Donald Trump justifie sa position sur les Kurdes

"Ils ne nous ont pas aidés pendant la Seconde guerre mondiale" : Donald Trump justifie sa position sur les Kurdes
Donald Trump le 9 octobre 2019 à la Maison Blanche.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 10 octobre 2019 à 07h45

La Turquie a lancé mercredi une offensive terrestre contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, profitant du retrait des forces américaines dans la région. 

En retirant les troupes américaines de Syrie, Donald Trump s'est mis à dos une partie des anciens combattants et de l'armée, qui lui reprochent d'avoir abandonné les Kurdes aux Turcs. La Turquie de Recep Tayyip Erdoğan a lancé mercredi 9 octobre une offensive dans le nord de la Syrie, près de la frontière turque.

Donald Trump "aime" les Kurdes s'est-il défendu en conférence de presse. Il a toutefois tenu à apporter des précisions sur sa position. 

Interrogé sur la possibilité de construire une alliance avec les Kurdes, le président américain a répondu que ces derniers n'avaient "pas aidé" les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et le débarquement en Normandie.



"Les Kurdes se battent pour leur terre, il faut que vous compreniez", a expliqué le président républicain depuis la Maison Blanche. Affirmant s'appuyer sur un article "très puissant", vraisemblablement publié par le site internet conservateur Townhall, il a développé son argumentaire : "Ils ne nous ont pas aidés pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ne nous ont pas aidés en Normandie, par exemple". "Nous avons dépensé énormément d'argent pour aider les Kurdes, que ce soit en munitions, en armes, ou en argent". (...) "Ceci étant dit, nous aimons les Kurdes", a-t-il conclu. 

"J'anéantirai l'économie" turque

La Turquie a lancé mercredi, malgré plusieurs mises en garde internationales, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte contre le groupe État islamique (EI). Cette offensive intervient après la décision de Donald Trump de retirer des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie.


Mercredi, le milliardaire républicain a dit espérer que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan agisse de manière "rationnelle" et aussi "humaine" que possible en Syrie. "S'il le fait de manière injuste, il paiera un énorme prix économique", a-t-il mis en garde. "J'anéantirai son économie si cela arrive".

Répercussions au détriment de l'Europe et du monde

"Cette politique d'abandon menace de défaire cinq années de combat contre l'EI et va sérieusement atteindre la crédibilité et la fiabilité des Américains dans toutes les batailles futures dans lesquelles nous aurons besoin d'alliés forts", a accusé l'ancien chef des forces américaines au Moyen-Orient, le général Joseph Votel, qui a pris sa retraite cette année. "Les FDS (Forces démocratiques syriennes, Kurdes alliés des États-Unis, ndlr) ont libéré des dizaines de milliers de kilomètres carrés et des millions de personnes des griffes de l'EI. Durant les combats, elles ont déploré 11.000 victimes", a-t-il rappelé dans le magazine The Atlantic. 

Malgré les arguments du président, Mark Hertling, ancien commandant des forces terrestres américaines en Europe, a estimé que la décision de Donald Trump "présage(ait) un désastre à venir pour les États-Unis". "Les Kurdes des FDS - nos anciens alliés de confiance dans la lutte contre l'EI - sont attaqués par un allié de l'Otan, la Turquie", a-t-il écrit sur Twitter. "Les répercussions pour les Etats-Unis et l'Otan seront durables et au détriment de la sécurité de l'Europe et du monde."

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