Hong Kong: le nouvel évêque catholique attaché à la liberté religieuse

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Le nouvel évêque catholique de Hong Kong, Stephen Chow (d), lors d'une conférence de presse au côté du cardinal John Tong (g), le 18 mai 2021 à Hong Kong
Le nouvel évêque catholique de Hong Kong, Stephen Chow (d), lors d'une conférence de presse au côté du cardinal John Tong (g), le 18 mai 2021 à Hong Kong
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© AFP, Peter PARKS

publié le mardi 18 mai 2021 à 11h24

Le nouvel évêque catholique de Hong Kong s'est dit mardi prêt à défendre la liberté religieuse, même s'il devra observer de la prudence dans ses relations avec Pékin en pleine répression de l'opposition pro-démocratie dans le territoire.

Le Vatican a annoncé lundi la nomination de Stephen Chow, un jésuite âgé de 62 ans, comme évêque de Hong Kong. Le poste était vacant depuis la mort de Mgr Michael Yeung en 2019, deux années durant lesquelles le territoire a connu des manifestations pro-démocratie massives, suivies d'une reprise en main musclée par la Chine.

En Chine continentale, les religions organisées sont strictement contrôlées et de nombreuses congrégations à Hong Kong craignent pour la liberté religieuse qui règne dans l'ex-colonie britannique rétrocédée en 1997.

"La liberté religieuse est un droit fondamental", a déclaré le nouvel évêque en s'exprimant devant les médias pour la première fois après sa nomination. "Nous espérons le rappeler dans nos discussions avec le gouvernement afin qu'il n'oublie pas cela", a ajouté Mgr Chow, auparavant provincial des jésuites pour la région de Chine qui comprend Hong Kong, Macao et Taïwan. 

Il s'est montré prudent sur des questions comme le traitement des religions par Pékin ou la destruction d'églises en Chine continentale.

"Je ne pense pas qu'il soit adéquat pour moi de commenter des questions (...) pour lesquelles je n'ai pas suffisamment de connaissances", a-t-il dit. "Ce n'est pas que je sois effrayé. Mais je crois que la prudence est également une vertu".

Tout en assurant "ne pas se sentir bien" à propos de la destruction d'églises, il a ajouté: "je ne veux pas utiliser le mot +oppression+".

Sa nomination intervient à un moment délicat pour les relations entre le Saint-Siège et la Chine, après la signature d'un accord historique en septembre 2018, renouvelé en octobre dernier pour deux ans malgré les critiques des Etats-Unis, mettant fin à près de 70 ans d'un différend centré autour de la nomination des évêques.

Les catholiques de Chine sont tiraillés de longue date entre une Eglise "souterraine", illégale aux yeux de Pékin et traditionnellement fidèle au pape, et une Eglise "patriotique", inféodée au régime communiste. Les liens diplomatiques entre la Chine et le Vatican sont rompus depuis 1951.

Aux termes de cet accord, le pape François a reconnu huit évêques initialement nommés par Pékin sans son approbation. Inversement, au moins deux anciens évêques de l'Eglise clandestine ont été reconnus par Pékin.

A Hong Kong, les 400.000 catholiques sont profondément divisés par les évolutions politiques du territoire. Nombre de catholiques hongkongais ont fermement soutenu le mouvement pro-démocratie, comme le cardinal Joseph Zen et le magnat de la presse actuellement emprisonné Jimmy Lai, mais d'autres affichent leur loyalisme envers Pékin comme la cheffe de l'exécutif Carrie Lam.

Mgr Chow s'est dit conscient des frictions, jusque dans les écoles où il a enseigné.

"L'unité n'est pas l'uniformité", a-t-il noté. "Je parle toujours d'unité dans la pluralité (...). Le respect de la pluralité est quelque chose que nous avons tous à apprendre".

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