Hong Kong: l'activiste pro-démocratie "Mamie Wong" entend poursuivre son combat

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Une militante (D) prend se fait photographier aux côtés d'Alexandra Wong (G), devant le tribunal de Kowloon à Hong Kong le 1er mars 2021
Une militante (D) prend se fait photographier aux côtés d'Alexandra Wong (G), devant le tribunal de Kowloon à Hong Kong le 1er mars 2021
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© AFP, Anthony WALLACE

, publié le lundi 01 mars 2021 à 10h56

Les quatorze mois passés en détention en Chine par "Mamie Wong" pour avoir participé en 2019 aux manifestations pro-démocratie à Hong Kong n'ont pas dissuadé cette sexagénaire énergique de participer lundi à un rassemblement près du tribunal où comparaissaient des dizaines d'opposants.

"Aujourd'hui, il ne s'agit pas seulement de soutenir les 47 personnes arrêtées", a expliqué à l'AFP Alexandra Wong. "Nous devons à nouveau sortir, dire au monde entier que nous continuerons à nous battre pour la liberté, la démocratie et la justice", a lancé cette militants de 64 ans. 

Le rassemblement, auquel ont pris part des centaines de personnes aux abords du tribunal de Kowloon, était le plus important, depuis plusieurs mois, dans l'ex-colonie britannique. 

Invoquant l'interdiction de se rassembler en public pour cause de coronavirus et la loi draconienne sur le sécurité nationale, les autorités sont parvenues à étouffer l'immense et souvent violent mouvement de contestation qui, en 2019, avait ébranlé durant plusieurs mois le territoire. 

Lundi, des centaines de personnes ont fait la queue pour assister à la comparution des opposants inculpés pour subversion, l'une des qualifications visées par la loi sur la sécurité nationale imposée en juin par Pékin à Hong Kong. 

- "Les gens n'abandonneront pas" -

Certains n'ont pas hésité à scander des slogans pro-démocratie et beaucoup ont demandé à serrer la main de Mme Wong avant de se faire immortaliser aux côtés de celle qui a acquis une certaine notoriété.

Surnommée affectueusement "Mamie Wong", elle était devenue, dès les premiers jours de la mobilisation en juin 2019, l'un des visages les plus connus du mouvement.

Elle était de presque tous les rassemblements, brandissant un drapeau britannique jusqu'à sa disparition en août 2019, alors qu'elle se rendait à Shenzhen, en Chine continentale.

Mme Wong a refait son apparition 14 mois plus tard à Hong Kong, expliquant avoir été détenue pendant des mois.

Lundi, elle entendait montrer que sa détermination demeurait intacte et qu'elle entendait plus que jamais mener son combat en faveur de la démocratie.

En attendant d'entrer dans le tribunal, elle a déployé un immense drapeau britannique et brandi des banderoles "Luttons pour la liberté" et "Restons aux côtés de HK".

"Même si je meurs ou si je suis emprisonnée à vie, j'espère que les gens n'abandonneront pas" leur combat pour la liberté, a-t-elle affirmé.

- Slogans, chansons et livres -

Derrière Mme Wong, des centaines de personnes attendaient de pénétrer dans l'enceinte du tribunal, espérant assister aux comparutions.

Certains tenaient des parapluies jaunes, un symbole du mouvement pro-démocratie, alors que des slogans ont été scandés par intermittence, comme "Libérez Hong Kong, la révolution de notre temps", désormais illégaux.

D'autres ont fait le salut à trois doigts, un symbole de résistance emprunté au film "Hunger Games", adopté en Birmanie et en Thaïlande. 

Des hauts-parleurs portatifs ont fait résonner des chansons engagées, des photos de militants en détention ont été déposées au pied d'un autel improvisé alors que certains lisaient des ouvrages politiques. 

Des élèves d'une école surplombant l'enceinte du tribunal ont crié depuis un balcon "Ajoutez de l'huile", une expression communément employée à Hong Kong pour soutenir et encourager une personne.

Parmi les personnes qui faisaient la queue, deux hommes se présentant comme des amis du conseiller de district Lee Yue-shun, qui fait partie des militants inculpés de subversion.

Tenant à rester anonymes, l'un d'eux a qualifié les accusations d'"effrayantes... très soudaines".

"Je suis avant tout en colère", a poursuivi le second. "Cette ville n'est pas juste. La police a des armes et elle ne fait qu'intimider les gens". 

Cary Lo Chun-yu, un conseiller de district du Parti démocrate, le plus grand parti d'opposition, a dit être venu afin de témoigner de son soutien à ses quatre  collègues poursuivis.

"Ensemble, nous devons rester forts", a-t-il déclaré à l'AFP. 

"Nous devons nous préparer à ce que ces 47 personnes arrêtées ne sortent pas rapidement de prison. Mais nous devons regarder vers l'avenir et nous concentrer sur ce que nous pouvons faire depuis l'extérieur". 

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