Honduras: le président sortant déclaré vainqueur, l'opposition appelle à manifester

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 Le président hondurien sortant Juan Orlando Hernandez (c), lors d'une conférence de presse, le 13 décembre 2017 à Tegucigalpa

Le président hondurien sortant Juan Orlando Hernandez (c), lors d'une conférence de presse, le 13 décembre 2017 à Tegucigalpa

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© AFP, Présidence du Honduras
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AFP, publié le lundi 18 décembre 2017 à 07h35

Le chef de l'Etat sortant, le conservateur Juan Orlando Hernandez, a été déclaré officiellement dimanche vainqueur de l'élection présidentielle controversée du 26 novembre au Honduras, a annoncé l'autorité électorale à l'issue d'un recomptage des votes, un résultat aussitôt contesté par le camp adverse.

"Le président réélu pour la période de 2018 à 2022 est le citoyen Juan Orlando Hernandez Alvarado", a déclaré le président du Tribunal suprême électoral (TSE) David Matamoros. 

Ces élections ont été "d'une transparence jamais vue au Honduras", a assuré M. Matamoros. "Nous souhaitons que le calme règne (...) que nous nous embrassions de nouveau comme des frères", a-t-il ajouté.

Juan Orlando Hernandez, 49 ans, a obtenu 42,95% des voix devant Salvador Nasralla (41,24%), 64 ans, selon les chiffres présentés par l'autorité électorale.

Un verdict électoral immédiatement récusé par l'opposition: "Nous rejetons totalement la déclaration du Tribunal suprême électoral", "le peuple reconnait comme président Salvador Nasralla", a annoncé lors d'une conférence de presse l'ancien chef de l'Etat Manuel Zelaya, à la tête de l'alliance de gauche opposée à Hernandez. 

Il a appelé ses partisans à redescendre dans la rue dès lundi, faisant craindre de nouvelles violences dans ce pays miné par les gangs criminels. Depuis près d'un mois, les partisans du candidat de gauche Salvador Nasralla manifestent pour dénoncer une "fraude" supposée lors de ce scrutin.

Un rapport d'Amnesty International publié au Mexique affirme qu'au moins 14 personnes sont mortes dans les manifestations précédentes. Les autorités honduriennes ont confirmé seulement trois décès, tandis que Nasralla avance lui le chiffre de 20 morts.

Juan Orlando Hernandez, physique athlétique, cheveux poivre et sel et large sourire, promeut depuis des années une stratégie de fermeté face à la violence des Maras, ces gangs qui minent le "triangle de la mort" de l'Amérique centrale.

M. Zelaya, son opposant, a également appelé l'armée et la police à "se mettre à la disposition" de Salvador Nasralla en tant que président élu. Début décembre, des centaines de policiers avaient manifesté leur refus de faire appliquer l'état d'urgence et de réprimer les manifestations de l'opposition.

"Cette élection doit être annulée. Cette élection est nulle et nous n'allons pas en respecter" le résultat, a ajouté l'ancien président, lui-même destitué par un coup d'Etat en 2009.

- Feu vert des observateurs - 

Quelques heures avant l'annonce officielle du TSE, M. Nasralla a décollé pour les Etats-Unis où il devait rencontrer le secrétaire général de l'Organisation des Etats Américains, Luis Almagro, et être reçu au Département d'Etat.

Après la déclaration du TSE, le chef adjoint de la mission d'observation de l'Union européenne, Antonio de Gabriel, a assuré lors d'une conférence de presse que l'alliance d'opposition leur a remis plus de 14.000 procès-verbaux (sur un total de 18.103) et que les résultats correspondent avec ceux du tribunal électoral.

Il a cependant souligné que le système électoral était "politisé" à tous les niveaux, ce qui pouvait engendrer une certaine méfiance vis-à-vis du processus.

Samedi, une sœur du président et cinq autres personnes sont décédées dans un accident d'hélicoptère en zone montagneuse, près de la capitale Tegucigalpa. 

M. Hernandez a posté sur le réseau social Twitter une photographie de sa soeur, qui était également sa ministre de la communication dans l'actuel gouvernement, ornée d'un ruban noir, sans autre message.

Ce deuil pouvait expliquer l'absence d'ambiance festive dimanche soir au siège du parti National au pouvoir. 

Vendredi, des manifestants ont bloqué les rues de plusieurs villes de ce pays d'Amérique centrale. Dans la capitale, ils ont empilé des pierres pour constituer des barricades et mis le feu à des pneus et des bouts de bois pour revendiquer la victoire de l'opposant de gauche.

Les premiers résultats de ce scrutin donnaient M. Nasralla, animateur de télévision novice en politique, en tête avec cinq points d'avance, mais le dépouillement au fil des jours a finalement placé M. Hernandez devant.

Cette inversion de tendance, combinée à une série de pannes informatiques jugées suspectes par l'opposition, a incité cette dernière à exiger un recomptage total des votes, puis une annulation pure et simple du scrutin. 

M. Hernandez s'était prévalu d'une décision controversée du Tribunal constitutionnel pour se présenter à un second mandat, ce qu'interdit la Constitution.

Le TSE étudiait depuis le recours déposé par l'opposition.

 
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