Henrik de Danemark, le comte girondin qui voulait être roi, est mort

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 Le prince Henrik de Danemark, en visite à Wismar en Allemagne, le 17 juin 2012

Le prince Henrik de Danemark, en visite à Wismar en Allemagne, le 17 juin 2012

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© AFP, Jens Büttner, dpa

AFP, publié le mercredi 14 février 2018 à 13h06

Henrik de Danemark, époux d'origine française de la reine Margrethe II mais jamais roi, est décédé mardi à 83 ans au soir d'une vie princière ombragée par ses relations parfois orageuses avec les Danois.

"Au revoir Henrik", titrait en français le quotidien de référence Politiken, avec une photo du prince jeune faisant un signe de la main.

Né Henri Marie Jean André de Laborde de Monpezat, Henrik s'est éteint mardi à 23h18 entouré de sa femme et de leurs deux fils.

Ses funérailles seront célébrées dans l'intimité le 20 février dans la capitale. La moitié de ses cendres seront dispersées en mer, au large du Danemark, l'autre inhumée dans une urne sur le domaine du château royal de Fredensborg, situé à une quarantaine de kilomètres au nord de Copenhague.

Atteint de démence, le prince avait été hospitalisé fin janvier pour une infection pulmonaire.

"Le prince Henrik a représenté le Danemark avec excellence", a réagi le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen. "Son engagement était communicatif, et ses connaissances énormes", a-t-il insisté.

Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à son implication en faveur de la "longue et inaltérable amitié entre la France et le Danemark, deux nations dont l'alliance ne fut jamais rompue".

Visage jovial, regard pétillant à peine caché par des verres discrets, le prince avait la réputation d'être un bon vivant friand de bonne chère, de vin et de poésie. Mais ses accès de colère et son style flamboyant, dans un pays qui valorise l'humilité et la discrétion, ont longtemps irrité.

"Le Danemark a perdu un intellectuel, un artiste et homme amusant qui, avec son expérience internationale, a fini par gagner le coeur des Danois sceptiques et a contribué à faire de la monarchie danoise l'une des plus populaires d'Europe", constatait le quotidien conservateur Jyllands-Posten.

- Un prince retraité -

Depuis le 1er janvier 2016, Henrik était retraité, libéré de ces obligations officielles qu'il honorait diversement selon son humeur.

En avril 2015, il s'était fait porter pâle lors des célébrations du 75e anniversaire de la reine, mais avait été aperçu à Venise quelques jours après, s'attirant railleries et foudres de la presse à grand tirage.

Et l'été dernier il avait publiquement fait savoir qu'il refusait d'être inhumé avec sa femme dans la nécropole royale de la cathédrale de Roskilde.

N'ayant pas obtenu le titre de roi, et bien qu'il fût "altesse royale", il arguait qu'il n'était pas son égal dans la vie et ne souhaitait pas l'être dans la mort.

La ministre danoise de la Culture, Mette Bock, a dénoncé mercredi sur sa page Facebook "l'hypocrisie" de ceux des Danois qui lui rendent hommage après l'avoir "maltraité" pendant des décennies.

Né le 11 juin 1934 à Talence, près de Bordeaux (sud-ouest de la France), le jeune et fringant comte avait épousé en juin 1967 Margrethe, couronnée en janvier 1972.

Après une enfance indochinoise dépensée sur les plantations familiales, Henri embrasse la carrière diplomatique et c'est à Londres qu'il rencontre Margrethe, alors héritière de la couronne danoise.

En l'épousant, il change de prénom, renonce à sa nationalité française pour devenir danois et abjure sa foi catholique pour le protestantisme. Surtout, il se résigne bon gré mal gré à mettre ses pas dans ceux de Margrethe que ses sujets adorent.

"J'accepte de jouer le jeu. Mais c'est très dur pour un homme de ne pas être considéré sur le même plan que son épouse", admet-il dans ses mémoires, "Destin oblige", publiés en 1997.

- Vin et Citroën -

"Tout ce que je faisais était critiqué. Mon danois était bancal. Je préférais le vin à la bière, les chaussettes en soie aux chaussettes en tricot, les Citroën aux Volvo, le tennis au football".

Ce n'est qu'en 1984, douze ans après l'accession au trône de son épouse qu'il obtient son propre apanage, prélevé sur celui de la Reine.

En 2002, c'est le drame : la reine Margrethe grippée demande au prince héritier, Frederick, de la remplacer pour la lecture des voeux.

Ni une ni deux, le prince-consort quitte Copenhague furieux pour se réfugier dans sa propriété vinicole de Cayx (ou Caïx) dans le Lot où il était très impliqué.

Le couple royal avait deux enfants, Frederick, 49 ans, et Joachim, 48 ans.

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48 commentaires - Henrik de Danemark, le comte girondin qui voulait être roi, est mort
  • Le tableau était loin d'être idyllique, je pense qu'en dehors de ces relations froides avec les Danois, avec son épouse, la Reine très aimée de son peuple ce n'était peut-être pas merveilleux, puisque elle a préféré faire les voeux par leurs fils, elle avait une petite opinion de lui.Il a sans doute fait un mariage "bien arrangé". Lui, nobliau Français, un peu diplomate, sans fortune sans doute...Finalement, au soir de la vie, autant d'aigreur chez les Rois que chez les pauvres...je pense qu'on apprendra sans doute d'autres détails. Il faut simplement reconnaître aux Danois, une discrétion bien agréable par ces temps de déballage.
    Reposez en paix Altesse Royale

  • Un homme qui préfère Citroën à Volvo est forcément un homme de goût

  • Obligé à son mariage de renier sa religion, sa nationalité et son prénom,
    il a ensuite été bien critiqué par les Danois qui ont été ingrats avec lui toute sa vie, ils auraient préféré un Danois,
    par ailleurs "second" derrière la Reine, il a très bien résumé son statut : je n'étais pas son égal dans la vie, je ne veux pas être son égal dans la mort donc il avait refus d'être inhumé dans la nécropole royale danoise.
    Henry de Montpezat était un homme loyal, attachant, que les Français aimaient beaucoup.

  • C'est utopique, car les prétendants français ne sont pas reluisants, mais quand même, la monarchie constitutionnelle a du bon. Nous ferions bien de nous en inspirer. Nous serions alors en véritable démocratie, sans la pantalonnade que nous subissons tous les 5 ans. La plupart de nos voisins européens s'en trouvent très bien.

  • exit le prince qu' on sort ?

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