Visas d'étudiants étrangers menacés: Harvard et MIT contre-attaquent en justice

Visas d'étudiants étrangers menacés: Harvard et MIT contre-attaquent en justice
Une vue du campus de Harvard, à Boston, le 22 avril 2020

, publié le mercredi 08 juillet 2020 à 18h59

Nouvelle bataille judiciaire pour le gouvernement Trump, qui fait pression pour qu'écoles et universités rouvrent à la rentrée malgré la pandémie: les universités de Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont demandé mercredi à un tribunal fédéral de bloquer sa décision de révoquer les visas pour les étudiants étrangers dont les cours resteront virtuels à la rentrée.

La police fédérale de l'immigration et des douanes (ICE) avait annoncé lundi que les étudiants étrangers ne seraient pas autorisés à rester aux Etats-Unis si leurs universités décidaient, pour cause de pandémie, d'enseigner uniquement en ligne à la rentrée - comme Harvard l'a annoncé récemment. La décision avait suscité un tollé des organisations représentatives des universités. 

Mercredi, alors que la pandémie continuait de progresser aux Etats-Unis -pays le plus endeuillé avec plus de 131.000 morts du coronavirus et 3 millions d'infections détectées - Harvard et le MIT, deux universités parmi les plus célèbres au monde ont déposé une plainte au civil devant le tribunal fédéral de Boston visant le ministère de la Sécurité intérieure et la police de l'immigration et des douanes (ICE). 

Elle accuse la décision du gouvernement Trump d'être "arbitraire et capricieuse" et de constituer "une tentative de forcer les universités à reprendre l'enseignement présentiel", au mépris des risques sanitaires encourus. Ils demandent au tribunal de l'empêcher d'entrer en vigueur.

Les responsables des deux universités, qui comptent ensemble quelque 9.000 étrangers sur un total de quelque 35.000 étudiants, expliquent que la décision-surprise annoncée par ICE les a "plongés, comme l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur américains, dans le chaos."

Elle a été prise "sans tenir compte de la santé des étudiants, des professeurs, du personnel administratif et de leur environnement" et laisse "des centaines de milliers d'étudiants étrangers sans possibilité d'étudier aux Etats-Unis", écrivent-ils.

- "Cruauté" -

"Nous défendrons ce dossier avec détermination afin de permettre à nos étudiants étrangers - et aux étudiants étrangers de toutes les universités du pays - de continuer leurs études sans risquer d'être expulsés", a indiqué le président de Harvard, Lawrence Bacow, dans un tweet.

"La décision est tombée sans prévenir - sa cruauté n'excède que son imprudence", a-t-il ajouté.  

Pour pouvoir rester légalement, le gouvernement Trump demande aux étudiants de se faire transférer dans des établissements qui reprendront l'enseignement présentiel, "mais à quelques semaines de la rentrée, l'essentiel des étudiants ne le peut pas", soulignent encore Harvard et le MIT.

Depuis des semaines, Donald Trump, qui a hâte de voir repartir l'économie à l'approche de la présidentielle de novembre, prône une réouverture des établissement scolaires.

Mercredi encore, le président républicain a tweeté plusieurs fois en ce sens. Il s'est dit "en désaccord avec les consignes très dures et coûteuses" diffusées par les Centres de prévention des maladies (CDC) pour rouvrir les écoles, indiquant qu'il allait les "rencontrer". 

Il a cité l'exemple de plusieurs pays européens qui ont "ouvert les écoles sans problème" et menacé les élus démocrates, qu'il accuse de vouloir maintenir les écoles fermées pour des raisons politiques, de couper leurs subventions fédérales s'ils ne les rouvraient pas.

Beaucoup d'écoles et universités n'ont pas encore pris de décision définitive sur la façon dont elles dispenseront leur enseignement à la fin de l'été. Nombreuses sont celles préparant un système hybride, avec quelques cours en présentiel et le reste de l'enseignement dispensé en ligne, pour pouvoir répartir les étudiants en petits groupes et respecter les règles de distanciation.

Le maire de New York s'est ainsi dit prêt, mercredi, à accueillir à nouveau ses 1,1 millions d'élèves dans les écoles publiques - fermées depuis le 16 mars - moyennant trois jours de classe par semaine seulement. 

Le gouverneur Andrew Cuomo a cependant indiqué qu'il refusait d'entériner ce plan pour l'instant, soulignant qu'il ne prendrait aucune décision sur la réouverture des écoles avant début août.  

cat/cjc

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