Haro sur Biden: Trump en campagne depuis la Maison Blanche

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Le président américain Donald Trump s'exprime depuis la Maison Blanche le 14 juillet 2020
Le président américain Donald Trump s'exprime depuis la Maison Blanche le 14 juillet 2020
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© AFP, JIM WATSON
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, publié le mercredi 15 juillet 2020 à 04h02

Il a débuté par une mise en garde à la Chine. Il a rapidement basculé vers ce qui était semble-t-il la véritable raison de sa sortie devant la presse: une violente diatribe contre Joe Biden.

Debout derrière le podium présidentiel installé dans les jardins de la Maison Blanche, Donald Trump, portant son emblématique cravate rouge, a transformé mardi une conférence de presse en un meeting de campagne.

"C'est Biden! Biden a dérivé vers la gauche radicale!".

Pendant près d'une heure, dans un monologue décousu, le milliardaire républicain, à la traîne dans les sondages derrière son adversaire démocrate à 110 jours de l'élection, a laissé éclater sa colère.

Lisant une longue de liste de propositions de l'ancien vice-président, il a ironisé, attaqué, et dressé le tableau apocalyptique d'une Amérique sous la présidence Biden.

"J'ai du mal à croire que je sois en train de lire ça!", lance-t-il. "Ecoutez ça!", dit-il un peu plus tard.

Diplomatie? "Toute la carrière de Joe Biden a été un cadeau pour le parti communiste chinois! (...) Biden s'est rangé du côté de la Chine contre l'Amérique d'innombrables fois!".

Immigration? "Tous les habitants d'Amérique du Sud vont débarquer!".

Les forces de police? "Des choses terribles se passent à New York, j'adore New York, ça me désole."

L'environnement? "En tant que vice-président, Biden était l'un des plus fervents défenseurs de l'accord de Paris sur le climat", tempête Donald Trump, qui se félicite d'avoir retiré les Etats-Unis de ce texte signé par la quasi-totalité des pays de la planète. 

Selon lui, cet accord aurait "détruit l'industrie américaine tout en autorisant la Chine à polluer l'atmosphère en toute impunité".

Quelques heures plus tôt, l'ancien vice-président de Barack Obama avait présenté un plan d'investissement massif dans les énergies renouvelables.

"Quand Donald Trump pense au changement climatique, le seul mot qui lui vienne à la bouche est +canular+. Quand j'y pense, je vois des emplois", avait-il lancé.

- "Triste spectacle" - 

A la Maison Blanche, l'ancien homme d'affaires de New York a alterné les attaques contre son adversaire avec la mise en avant de son bilan, passant du coq à l'âne.

Il revendique sa fermeté dans les négociations commerciales face à l'Europe: "l'Union européenne a été créée pour profiter des Etats-Unis".

Il vante l'efficacité du mur bâti sur une partie de la frontière avec le Mexique dans la lutte contre la pandémie du Covid-19: "il est tombé à point, il a empêché des gens de venir de lieux très infectés".

Il célèbre sa réaction face au virus: "nous avons sauvé des millions des vie".

Il promet une sortie rapide, très rapide de la crise sanitaire. "Nous avançons très bien sur le vaccin (...). Nous sommes prêts". 

La première question est celle que tout le monde se pose face à cet étrange exercice qui traduit la frustration d'un président qui redoute de ne pouvoir effectuer un deuxième mandat, contrairement à Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton.

"Avez-vous l'impression que vous êtes en train de perdre?" 

"Non", répond-il, assurant que les "vrais" sondages sont "très bons" et que cette élection, "peut-être la plus importante qui soit", se présente bien pour lui.

"Je pense que l'enthousiasme est nettement plus fort qu'en 2016", martèle-t-il, citant à l'appui de ses propos "les milliers de bateaux avec des panneaux Trump" que l'on voit en Floride.

Le milliardaire l'assure: ses partisans sont discrets, voire silencieux, mais se rendront aux urnes en masse le 3 novembre.

Pour Kate Bedingfield, directrice de la communication de Joe Biden, ce "triste spectacle", au cours duquel Donald Trump a cité près de 30 fois son adversaire démocrate, n'était pas digne d'un président.

"Le contribuable américain devrait être remboursé pour abus d'utilisation de fonds publics", a-t-elle dit.

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