Grève en Colombie: le président Duque juge certaines revendications comme fondées

Grève en Colombie: le président Duque juge certaines revendications comme fondées
Le président de la Colombie Ivan Duque lors de son discours télévisé à Bogota, le 20 novembre 2019

, publié le jeudi 21 novembre 2019 à 05h05

Le président de la Colombie Ivan Duque a considéré mercredi comme "recevables" certaines revendications des manifestants, qui s'apprêtent à manifester jeudi lors d'une grève nationale pour protester contre son gouvernement impopulaire après moins de 18 mois au pouvoir.

"Nous savons que les défis que le pays doit surmonter sont nombreux. Que nombre d'aspirations sociales sont recevables et que nous avons des problèmes qui, tout au long de l'histoire, ont mal vieilli", a déclaré Ivan Duque lors d'un discours à la télévision. 

Le chef de l'Etat de droite a ajouté qu'il garantira le droit de manifester des syndicats, des étudiants, des indigènes et des opposants, qui marcheront jeudi dans différentes villes du pays. 

Il a cependant averti que, conjointement avec les autorités locales et régionales, il prendra également "les mesures nécessaires pour garantir l'ordre public sur l'ensemble du territoire national" face à une campagne de contestation basée sur des "mensonges" et cherchant à déclencher la violence. 

De son côté, le Bureau des droits de l'homme de l'ONU s'est déclaré préoccupé par l'augmentation du nombre de soldats dans les rues du pays à la veille des manifestations, ainsi que par les messages d'"origine non identifiée" qui "stigmatisent la protestation sociale" ou qui "appellent à la violence" lors des rassemblements.

La mobilisation a été convoquée par le Conseil national unitaire, qui regroupe les principales centrales syndicales, contre de supposés projets pour flexibiliser le marché du travail, affaiblir le fonds public des retraites en faveur d'entités privées, et augmenter l'âge de la retraite.

Le président a nié vouloir présenter de telles réformes, bien que les ministres du Travail et des Finances s'y soient montrés favorables.

Les étudiants, à l'origine de manifestations récentes, se sont unis aux syndicats pour réclamer des moyens en faveur de l'enseignement public, et les indigènes pour des mesures de protection suite à l'assassinat de plus d'une cinquantaine d'entre eux cette année dans le seul département du Cauca (sud-ouest).

Des artistes et des associations soutiennent le mouvement, ainsi que des secteurs de l'opposition, dont la Force alternative révolutionnaire commune (Farc), parti créé par l'ex-guérilla marxiste, qui dénonce l'assassinat de plus de 170 anciens rebelles depuis l'accord de paix de 2016.

Tous rejettent la violence contre les leaders communautaires, qui a fait quelque 500 morts depuis 2016, selon le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits.

Le service des migrations a ordonné jusqu'à vendredi la fermeture des frontières avec le Brésil, l'Equateur, le Pérou et le Venezuela pour éviter que des étrangers "altèrent l'ordre public et la sécurité".

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