En plein chaos du Brexit, Jeremy Corbyn se dit "prêt" à gouverner

En plein chaos du Brexit, Jeremy Corbyn se dit "prêt" à gouverner
Le chef de l'opposition travailliste britannique Jeremy Corbyn à la clôture du congrès de son parti, à Liverpool le 26 septembre 2018.

AFP, publié le mercredi 26 septembre 2018 à 19h04

Accusant Theresa May de "vandalisme social" et d'incompétence sur le Brexit, le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn s'est dit mercredi "prêt" à prendre les rênes du Royaume-Uni, dans son discours de clôture du congrès de son parti à Liverpool.

"Que chaque circonscription, chaque communauté sache que les travaillistes sont prêts", a lancé le leader du Labour, devant plusieurs milliers de militants réunis dans une salle de conférence de cette ville du nord-ouest de l'Angleterre. 

Et "quand nous nous réunirons à la même époque l'année prochaine, que ce soit en tant que gouvernement travailliste", a-t-il ajouté.

Le discours d'environ une heure de ce chantre de la gauche radicale a conclu quatre jours de débats qui ont été dominés par la question du Brexit - sans doute au déplaisir de Jeremy Corbyn, un eurosceptique plus à l'aise sur les thématiques économiques et sociales que sur l'UE.

Devant ses militants, le leader travailliste de 69 ans a rappelé qu'il respectait la décision de Britanniques de quitter l'UE. Mais "personne ne peut respecter ce que fait le gouvernement depuis ce vote", a-t-il lancé, critiquant deux ans de négociations "bâclées" par le gouvernement conservateur de la Première ministre Theresa May depuis le référendum de juin 2016.

A seulement six mois du Brexit, les négociations sur un accord entre Londres et Bruxelles patinent, faisant craindre une sortie de l'UE sans accord. Une "menace pour toute notre économie", a estimé Jeremy Corbyn.

N'excluant pas de soutenir un accord "raisonnable", il a également prévenu: "Si le Parlement rejette un accord ou si le gouvernement ne parvient à aucun accord, nous ferons pression pour obtenir des élections" législatives anticipées.

Interrogée à New York, où elle participe à l'assemblée générale de l'ONU, sur la possibilité d'organiser un tel scrutin, Theresa May a déclaré que "cela ne serait pas dans l'intérêt" du Royaume-Uni.

- "Révolution des emplois verts" - 

Le Labour, divisé entre des militants qui ont voté pour rester dans l'Europe, à commencer par les plus jeunes, et d'autres, en particulier des adhérents plus âgés ou issus des classes populaires, qui ont voté pour sortir de l'UE, pressé par une partie de la base et des syndicats de défendre un second référendum, avait adopté mardi une position de compromis.

Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du parti, a déclaré qu'il n'excluait aucune option, y compris demander aux Britanniques s'ils ne souhaitent pas finalement le maintien dans l'UE. Mais le ministre des Finances au sein du cabinet fantôme, John McDonnell, a exclu de son côté cette éventualité.

Dans son discours, Jeremy Corbyn ne l'a pas spécifiquement évoquée, se bornant à dire que "toutes les options" étaient "sur la table".

Il a par ailleurs dénoncé la politique sociale des conservateurs depuis leur arrivée au pouvoir en 2010, "huit ans d'austérité destructrice".

"Ce gouvernement doit être tenu pour responsable de son vandalisme social", a-t-il dit, avant de dérouler un programme économique très à gauche: nationalisations, cession par les entreprises d'une partie de leur capital à leurs employés.

Il a aussi prôné une "révolution des emplois verts" qui aboutirait, selon lui, à la création de 400.000 postes de travail, taclant au passage le président américain Donald Trump pour sa décision de sortir de l'accord de Paris sur le climat.

Jeremy Corbyn est enfin revenu sur les accusations d'antisémitisme dont le Labour fait l'objet depuis son élection à la tête de l'opposition, en septembre 2015. 

"Ce parti sera toujours implacable dans sa lutte contre l'antisémitisme", a-t-il assuré, reconnaissant que la "querelle sur l'antisémitisme" avait "fait du mal (...) dans la communauté juive et suscité une grande consternation au sein du parti".

C'était un discours "incroyable", a jugé une militante, Carole Grady. "Nous avons besoin de (nouvelles) élections", a-t-elle estimé, préférant cette option à celle d'un nouveau référendum sur l'UE, qui "causerait beaucoup d'agitation dans le pays".

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