Attentat à la voiture-bélier à Londres : la police perquisitionne

Chargement en cours
La police scientifique devant le Parlement, le 14 août 2018, où un homme a précipité sa voiture contre les barrières de sécurité, blessant plusieurs cyclistes et piétons
La police scientifique devant le Parlement, le 14 août 2018, où un homme a précipité sa voiture contre les barrières de sécurité, blessant plusieurs cyclistes et piétons
1/2
© AFP, Daniel LEAL-OLIVAS

AFP, publié le mardi 14 août 2018 à 19h41

La police britannique menait mardi des perquisitions liées à l'attaque à la voiture bélier commise par un Britannique de 29 ans devant le Parlement à Londres, qui a fait trois blessés.

L'attaque est survenue peu après 07h30 (06h30 GMT) : des images diffusées par la BBC montrent le véhicule, une Ford Fiesta gris métallisé, en train de quitter sa trajectoire vers un passage piétons, puis de foncer vers deux policiers qui s'écartent in extremis avant qu'il ne percute une barrière de sécurité régulant l'accès au parlement, qui ne siège pas cette semaine.

Le conducteur, un Britannique de 29 ans, seul occupant du véhicule, a été arrêté sur place. Il n'était pas connu des services de police, a précisé Scotland Yard.

L'attaque a fait trois blessés, dont deux ont été brièvement hospitalisés tandis que le troisième avait été traité sur place.

"Nous traitons cela comme un incident terroriste", a déclaré à la presse le chef de l'antiterrorisme, Neil Basu. Le suspect est détenu pour "soupçon d'actes terroristes", et "ne coopère pas".

La police antiterroriste, chargée de l'enquête, procédait en fin d'après-midi à trois perquisitions, deux à Birmingham, et une à Nottingham (centre de l'Angleterre), en lien avec les services de police locaux. Elle a établi que le véhicule était arrivé de Birmingham à Londres lundi soir.

L'attaque a mobilisé une dizaine de voitures de police et au moins trois ambulances, ainsi que des artificiers et des chiens policiers. La station de métro la plus proche a rouvert en début d'après-midi et la police a levé son cordon, après avoir bouclé la zone toute la matinée.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient des policiers lourdement armés entourant le véhicule accidenté, au moment de l'arrestation du conducteur. Sur d'autres, on voit la police retenant l'homme, menotté, qui porte un jean et une veste noire. 

- "Acte délibéré" -

"ça avait l'air d'être un acte délibéré", a raconté un témoin, Ewalina Ochab, à l'agence britannique Press Association. "Je marchais de l'autre côté de la rue, j'ai entendu du bruit et quelqu'un a crié. Je me suis retournée et j'ai vu une voiture grise roulant très vite près des barrières, peut-être même sur le trottoir", a-t-elle ajouté.  

"Il y avait une cycliste à terre, manifestement blessée", a confié à PA James Maker, un cycliste présent quelques minutes après l'attaque. 

"On se doutait qu'il y avait quelque chose de grave vu que c'était fermé. On a repensé à l'attentat de Londres sur le pont de Westminster", a raconté à l'AFP Emmanuel Guy, un touriste français de Cholet (ouest de la France). 

La Première ministre Theresa May, en vacances en Suisse, a souhaité un "prompt rétablissement" aux blessés, et remercié les services d'urgence pour leur "formidable courage". "La menace terroriste au Royaume-Uni reste grave", a-t-elle souligné, appelant le public à "demeurer vigilant".

Une réunion interministérielle de crise a eu lieu dans l'après-midi.

Le président américain Donald Trump, qui avait critiqué la réponse des autorités britanniques aux précédents attentats, a vivement réagi sur Twitter. "Une nouvelle attaque terroriste à Londres... Ces animaux sont fous et il faut les traiter avec intransigeance et dureté !", a-t-il lancé.

- Vague d'attentats -

Le Royaume-Uni a été frappé en 2017 par une vague d'attentats, dont quatre revendiqués par le groupe Etat islamique, qui ont fait au total 36 morts et 200 blessés. Le premier d'entre eux, le 22 mars, avait précisément été commis avec une voiture-bélier sur le Westminster Bridge, qui mène au Parlement. 

L'auteur de cette attaque, qui avait fait cinq morts, avait d'abord fauché des passants en montant sur le trottoir du pont avant de terminer sa course contre les grilles du Parlement. Khalid Masood était ensuite descendu et avait pénétré dans l'enceinte du bâtiment où il avait poignardé à mort un policier avant d'être abattu.

Depuis, des barrières de sécurité en béton et en acier ont été installées tout autour des grilles du Parlement et sur les trottoirs menant au pont, ainsi que dans plusieurs autres endroits de la métropole.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU