Gaza : neuf Palestiniens tués à la frontière israélienne, dont un journaliste, ont été inhumés

Gaza  : neuf Palestiniens tués à la frontière israélienne, dont un journaliste, ont été inhumés

Un gilet avec la mention « Press » a été placé sur le corps du journaliste palestinien Yasser Murtaja lors des obsèques à Gaza City.

leparisien.fr, publié le samedi 07 avril 2018 à 23h22

Reporters sans frontières (RSF) a condamné «avec la plus grande indignation les tirs délibérés de l'armée israélienne contre des journalistes».

Des habitants de Gaza ont enterré samedi des proches, dont un journaliste, après la mort vendredi de neuf Palestiniens dans les derniers affrontements meurtriers en date avec des soldats israéliens près de la frontière avec l'Etat hébreu.

Malgré les mises en garde israéliennes, des milliers de Palestiniens avaient pris part, pour le deuxième vendredi de suite, à des protestations près de la barrière de sécurité séparant l'Etat hébreu de l'enclave palestinienne.

Des affrontements ont éclaté, comme le 30 mars, date à laquelle la bande de Gaza avait connu son bilan le plus sanglant (19 morts) depuis la guerre de 2014 entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste palestinien qui contrôle l'enclave. Un mouvement de protestation palestinien baptisé « la marche du retour » avait été lancé ce jour-là pour réclamer « le droit au retour » de quelque 700 000 Palestiniens chassés de leurs terres ou ayant fui lors de la guerre qui a suivi la création d'Israël le 14 mai 1948.

Ce vendredi des manifestants ont incendié des pneus et lancé des pierres et des cocktails molotov sur les soldats, qui ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et à balles réelles. Neuf manifestants ont été tués par balles et près de 500 blessés, selon le ministère de la Santé du Hamas, mouvement considéré comme « terroriste » par Israël.

Cinq journalistes blessés vendredi

Parmi eux figure le journaliste trentenaire Yasser Mourtaja qui a succombé à ses blessures infligées lors d'affrontements à l'est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.

Présent à ses côtés lorsqu'il a été atteint, son frère, Motazem, a affirmé que « la cible était très clairement les journalistes ». Selon le syndicat des journalistes palestiniens, cinq journalistes ont été blessés vendredi, et ils étaient, a-t-il affirmé, clairement identifiables à leur veste.

Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, a condamné « avec la plus grande indignation les tirs délibérés de l'armée israélienne contre des journalistes ».

De son côté, le syndicat des journalistes en Israël a réclamé des éclaircissements sur la question des journalistes palestiniens visés par les soldats, dans une lettre au chef d'état-major Gadi Eisenkot. L'armée israélienne a assuré qu'elle « ne cible pas intentionnellement les journalistes », tout ajoutant qu'elle examinait les circonstances des tirs.

Des heurts samedi après-midi

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a accusé Israël d'attaquer des journalistes qui essayaient de montrer la « vraie image d'un peuple opprimé sous blocus ». Dans l'après-midi, des heurts mineurs ont eu lieu à l'est de Gaza près de la frontière, où trois Palestiniens ont été blessés -dont un grièvement- par les forces israéliennes, selon le ministère de la Santé.

La désespérance dans la bande de Gaza, éprouvée par plusieurs guerres avec Israël, les blocus de l'Etat hébreu et de l'Egypte, la réclusion, la pauvreté et les pénuries, alimente de fortes tensions. Les protestations palestiniennes interviennent dans une période à risques, les Etats-Unis prévoyant de transférer vers la mi-mai leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

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