Gaza: manifestations massives à la frontière israélienne, quatre morts palestiniens

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Des manifestants palestiniens à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 30 mars 2019
Des manifestants palestiniens à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 30 mars 2019
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© AFP, MAHMUD HAMS

AFP, publié le dimanche 31 mars 2019 à 07h29

Cinq roquettes ont été tirées dans la nuit de samedi à dimanche depuis la bande de Gaza vers Israël, provoquant des tirs de chars israéliens sur des positions militaires du Hamas, quelques heures après une manifestation palestinienne de masse à la frontière entre Israël et la bande de Gaza. 

Les tirs de roquettes sur Israël et la riposte des chars israéliens n'ont pas fait de victime, ont précisé l'armée et des témoins à Gaza.

Les chars israéliens ont tiré sur des positions du mouvement islamiste Hamas dans le centre de la bande de Gaza et à l'est de la ville de Gaza, ont précisé les témoins.

Des dizaines de milliers de Gazaouis ont convergé samedi vers la frontière israélienne où les violences avec les soldats israéliens ont fait quatre morts et des centaines de blessés palestiniens, sans atteindre l'intensité susceptible de provoquer l'escalade redoutée.

Les Gazaouis, appelés à se rassembler en masse pour le premier anniversaire du mouvement de protestation appelé "grandes marches du retour", se sont rassemblés près de la frontière avec des drapeaux palestiniens sous des pluies éparses, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Les haut-parleurs des mosquées ont relayé les appels à manifester et des bus ont acheminé les Gazaouis vers la frontière de l'enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée.

Après des semaines de tensions et dans un contexte compliqué par l'approche des élections législatives israéliennes, cet anniversaire a suscité de vives craintes qu'un nouveau conflit éclate avec l'Etat hébreu.

L'armée israélienne avait déployé des milliers de soldats et des dizaines de tireurs d'élite, ainsi que des chars et de l'artillerie.

- Quatre Palestiniens tués -

Des affrontements ont bien éclaté, mais sans commune mesure avec, par exemple, le bain de sang qui avait coïncidé avec l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem le 14 mai 2018 (plus de 60 morts).

A Malaka, à l'est de la ville de Gaza, la plupart des Gazaouis se sont tenus hors de portée des tireurs d'élite israéliens postés de l'autre côté de l'hermétique barrière. 

Mais ici comme ailleurs sur la frontière, des poignées de Palestiniens se sont approchés à quelques dizaines de mètres, ont incendié des pneus pour obscurcir la visibilité des tireurs et ont lancé des pierres vers les soldats avant de se replier.

La barrière a aussi essuyé des jets d'engins explosifs, a affirmé l'armée israélienne. Les soldats ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et en ouvrant le feu.

Trois adolescents palestiniens de 17 ans, l'un atteint au visage alors qu'il manifestait à l'est de Gaza, et deux autres touchés par des tirs israéliens lors d'affrontements dans le sud de l'enclave, ont été tués, a rapporté le ministère gazaoui de la Santé. 

Très tôt samedi, un autre Palestinien de 20 ans avait été tué au cours d'une manifestation nocturne, selon des témoins.

En tout, plus de 300 Palestiniens ont été blessés, dont 64 par des tirs à balles réelles, a indiqué le ministère de la Santé gazaoui.

L'armée israélienne a dénombré 40.000 participants à la mobilisation.

Les Gazaouis étaient appelés à marquer le premier anniversaire d'une mobilisation contre le blocus imposé par Israël depuis plus de dix ans, et pour le droit à revenir sur les terres qu'eux-mêmes ou leurs parents ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d'Israël en 1948.

La mobilisation du jour délivre un "message très important" à Israël et à la communauté internationale, a affirmé à l'AFP Bassem Naïm, un haut responsable du Hamas: "des milliers et des milliers de personnes (se réunissent) pacifiquement pour faire entendre leur voix contre les actes d'agression et le siège" imposés par Israël.

- Mises en garde -

La question était de savoir si le Hamas, au pouvoir à Gaza, chercherait à contenir la violence ou s'il lui laisserait libre cours, au risque d'une escalade avec l'Etat hébreu, qui avait multiplié les mises en garde.

Israël et le mouvement islamiste se sont livré trois guerres depuis que le Hamas a pris le pouvoir en 2007 dans l'enclave, éprouvée par les conflits, la pauvreté et l'enfermement.

Depuis le 30 mars 2018, des milliers de Gazaouis prennent part toutes les semaines aux "marches du retour" le long de la frontière, presque systématiquement accompagnées de violences.

Au moins 262 Palestiniens ont été tués depuis cette date, au cours des manifestations ou dans des frappes israéliennes de représailles à des actes hostiles en provenance du territoire.

Deux soldats israéliens ont été tués.

Palestiniens et défenseurs des droits humains accusent Israël d'usage excessif de la force. Israël dit ne faire que défendre sa frontière.

Le Hamas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu passent tous deux pour réticents à un nouvel affrontement. Mais ils sont sous pression.

Le premier a fait face récemment à des manifestations contre le marasme économique à Gaza, qu'il a sévèrement réprimées.

Quant au Premier ministre israélien, confronté à une forte concurrence aux élections du 9 avril, il est accusé par ses adversaires de faiblesse face au Hamas.

Le voisin égyptien, intermédiaire traditionnel entre le Hamas et Israël, s'emploie à instaurer une trêve durable.

Le Hamas cherche dans les tractations à alléger le blocus israélien. Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le Hamas. Il réclame le retour au calme le long de la frontière.

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