Gaza: la mort d'un adolescent palestinien provoque une vague de condamnations

Gaza: la mort d'un adolescent palestinien provoque une vague de condamnations
Des amis d'un adolescent palestinien tué vendredi lors de manifestations près de la frontière israélienne prient sur sa tombe à Beit Lahya dans la bande de Gaza, le 21 avril 2018

AFP, publié le samedi 21 avril 2018 à 22h11

La mort vendredi d'un adolescent palestinien lors de manifestations dans la bande de Gaza près de la frontière avec Israël a provoqué une vague de condamnations palestiniennes et internationales, Israël rejetant la responsabilité sur le Hamas.

Selon les services de secours gazaouis et sa famille, Mohammed Ayoub, âgé de 15 ans, a été tué par les tirs de soldats israéliens alors qu'il ne posait pas de danger.

L'armée israélienne a annoncé avoir ouvert une enquête sur la mort du jeune Palestinien lors de "la Marche du retour", un mouvement de protestation organisée à Gaza pour réclamer le retour des Palestiniens chassés ou ayant fui leurs terres lors de la création d'Israël et pour dénoncer le blocus israélien contre Gaza.

"Des soldats israéliens ont ouvert le feu sur des manifestants à Gaza en utilisant des balles réelles (...) tuant quatre Palestiniens dont un âgé de 15 ans. Une enquête complète est nécessaire", a déclaré un porte-parole de l'Union européenne dans un communiqué.

La veille, l'envoyé spécial de l'ONU pour le Moyen-Orient Nickolay Mladenov avait écrit sur Twitter : "Il est scandaleux de tirer sur des enfants (...) les enfants doivent être protégés de la violence, pas y être exposés".

Interrogé samedi par l'AFP, le père de Mohammed Ayoub a estimé que son fils "se tenait loin des soldats et n'était pas armé". "Il ne jetait pas de pierre ou quoi que ce soit", a-t-il ajouté.

Le frère de l'adolescent, Ayoub, qui était avec lui lors de la manifestation a affirmé "qu'un sniper lui tout d'un coup tiré une balle dans la tête".

Des milliers de Palestiniens manifestent depuis quatre vendredi consécutifs. Parmi eux, certains lancent des pierres ou des pneus enflammés vers les soldats israéliens qui ripostent à balles réelles.

L'utilisation de balles réelles par les soldats israéliens au cours des précédentes manifestations a déjà fait l'objet de critiques d'organisations de défense des droits de l'Homme et suscité des demandes d'enquêtes indépendantes de la part de l'ONU et de l'UE.

Vendredi, quatre Palestiniens ont trouvé la mort, portant à 38 le nombre de Palestiniens tués par des tirs israéliens depuis le début, le 30 mars, du mouvement appelé la "Marche du retour".

Mais le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a réitéré samedi qu'il tenait les dirigeants du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, comme seul responsable des violences et de la mort de l'adolescent palestinien.

"Ces responsables lâches qui se cachent derrière des femmes et des enfants et les envoient devant comme des boucliers humains, de  façon à ce qu'ils puissent continuer à creuser des tunnels et à mener des actions terroristes contre Israël", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Un haut responsable palestinien Saëb Erekat a de son côté appelé la Cour pénale internationale (CPI) a ouvrir une "enquête judiciaire sérieuse sur les crimes commis contre le peuple palestinien", dans un message samedi sur Twitter.

L'envoyé des Etats-Unis pour le Moyen-Orient Jason Greenblatt a quant à lui déploré "la perte tragique d'une jeune vie" tout en estimant que toutes les parties doivent "s'engager à éviter davantage de souffrance par des réponses à cette mort".

Israël soumet la bande de Gaza à un rigoureux blocus destiné à contenir le Hamas, l'un de ses grands ennemis, au pouvoir dans ce territoire depuis 2007. L'Egypte maintient fermée quasiment en permanence sa frontière avec Gaza, la seule non contrôlée par Israël.

L'ONU avait estimé en janvier que Gaza, un territoire surpeuplé, était au bord "d'un effondrement total".

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