Gaza : au moins 15 Palestiniens tués dans des heurts avec l'armée israélienne

Gaza : au moins 15 Palestiniens tués dans des heurts avec l'armée israélienne

Une Palestinienne, blessée vendredi lors de heurts à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, est évacuée.

leparisien.fr, publié le vendredi 30 mars 2018 à 23h31

Le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir en urgence dans la nuit de vendredi à samedi.

Au moins 15 Palestiniens de la bande de Gaza ont été tués vendredi par l'armée israélienne. Un face-à-face tendu à la frontière a dégénéré en affrontements, qui comptent parmi les plus sanglants de ces dernières années. À la demande du Koweït, le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir en urgence vendredi soir (vers 0h30 samedi à Paris).

Des dizaines de milliers de Palestiniens, notamment des femmes et des enfants, avaient convergé le long de la barrière frontalière qui sépare la bande de Gaza d'Israël dans le cadre de « la grande marche du retour ». Chaque 30 mars, cette marche marque la mort en 1976 de six Arabes israéliens lors de manifestations contre la confiscation de terrains par Israël.

Ce mouvement de protestation doit durer six semaines pour exiger le « droit au retour » des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Gaza.

Un «usage disproportionné» de la force Un petit nombre d'entre eux s'est approché à quelques centaines de mètres de cette barrière ultra-sécurisée, régulièrement le théâtre de heurts sanglants entre habitants de l'enclave sous blocus et soldats. Ces derniers ont répliqué en tirant à balles réelles et en usant de gaz lacrymogènes.

Selon le ministère de la Santé dans la bande de Gaza, 15 Palestiniens ont été tués et plus de 1 400 blessés dans les affrontements avec l'armée israélienne. Les Palestiniens ainsi que la Turquie ont dénoncé un « usage disproportionné » de la force par Israël. La Ligue arabe, l'Égypte et la Jordanie ont également condamné la riposte israélienne.

En fin de journée, l'armée israélienne a dit avoir frappé trois positions du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, en représailles à une tentative d'attaque de ses soldats par des manifestants.

Un drone pour larguer du gaz lacrymogène Un porte-parole de l'armée israélienne a estimé à 30 000 le nombre de manifestants vendredi. « L'armée israélienne a imposé une zone militaire fermée autour de la bande de Gaza, toute activité dans ce secteur nécessite son autorisation », a déclaré ce porte-parole. Les dirigeants militaires et politiques israéliens avaient prévenu que l'armée n'hésiterait pas à donner ordre d'ouvrir le feu à des tireurs d'élite en cas de tentative d'infiltration en territoire israélien.

De façon quasiment inédite, la police israélienne a par ailleurs indiqué avoir eu recours à un drone pour larguer du gaz lacrymogène sur les manifestants.

Israël redoute une marche de femmes et d'enfants Vendredi soir, des responsables politiques de Gaza ont appelé les manifestants à se retirer de la zone frontalière jusqu'à samedi. Israël et le Hamas se sont livré trois guerres dans l'enclave palestinienne depuis 2008 et observent depuis 2014 un cessez-le-feu tendu.

L'une des préoccupations israéliennes face au mouvement de protestation est une tentative, spontanée ou non, de forcer la barrière frontalière, peut-être à l'occasion d'une marche massive avec des femmes et des enfants.

L'armée a indiqué avoir déployé d'importants renforts à la frontière pour empêcher des infiltrations notamment durant la célébration de Pessah, la Pâque juive, à partir de vendredi soir.

La création d'un État palestinien s'éloigneAlors que l'Etat d'Israël célébrera en mai ses 70 ans, les Palestiniens attendent toujours la création de leur Etat, qui a rarement paru plus incertaine. Le droit au retour des réfugiés reste une revendication palestinienne fondamentale et, pour les Israéliens, un obstacle majeur à la paix.

Le statut de Jérusalem est également un important point de crispation, encore plus depuis que le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître la ville comme capitale d'Israël et d'y transférer l'ambassade des Etats-Unis.

Cette décision, prise le 6 décembre, puis l'annonce du transfert de l'ambassade américaine à la mi-mai, période qui coïncide avec le 70e anniversaire de l'Etat d'Israël, ont ulcéré les Palestiniens.

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