Frappes en Syrie : les alliés prêts à « dégainer » de nouveau, bataille diplomatique à l'ONU

Frappes en Syrie : les alliés prêts à « dégainer » de nouveau, bataille diplomatique à l'ONU

New York (Etats-Unis), samedi 14 avril. Le conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence, à la demande de la Russie, pour évoquer les frappes ciblées en Syrie.

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leparisien.fr, publié le dimanche 15 avril 2018 à 11h03

Une résolution, proposée par Paris, Londres et Washington, devrait être examinée lundi par l'ONU. Elle inclut des volets chimiques, humanitaires et politiques.

Au lendemain de l'opération Hamilton, qui a visé trois sites de production et de stockage d'armes chimiques en Syrie, la pression ne retombe pas. Washington s'est dit prêt à « dégainer » de nouveau si Bachar al-Assad réutilisait une arme chimique contre la frange rebelle de sa population.

Face à la colère de Moscou qui dénonce une « agression », et qui avait réclamé en urgence une réunion du conseil de sécurité de l'ONU, la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont tenu bon, affirmant, par cette action ciblée, vouloir relancer la diplomatie. Ils ont remis samedi soir à leurs 12 partenaires du Conseil un nouveau projet de résolution sur la Syrie qui devrait être discuté à partir de lundi, selon des diplomates.

Pour la première fois depuis sept ans que le conflit a éclaté, le texte comprend plusieurs facettes - chimique, humanitaire et politique -, incluant la création d'un nouveau mécanisme d'enquête sur l'emploi d'armes chimiques.

La Russie a échoué à faire voter sa résolutionL'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, est, elle, montée au créneau pour maintenir la pression sur le président Assad mais aussi sur ses alliés russes et iraniens. « J'ai parlé au président (Trump) ce matin, il a dit que si le régime syrien continue d'utiliser ce gaz toxique, les Etats-Unis sont prêts à dégainer de nouveau », a-t-elle affirmé. Le président français Emmanuel Macron a pour sa part estimé qu'après les frappes, c'était maintenant au Conseil de sécurité de « reprendre, dans l'unité, l'initiative sur les plans politiques, chimiques et humanitaires ».

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Le projet de résolution des trois pays qui ont mené les frappes est le premier à regrouper les aspects chimiques, humanitaire et politique du conflit vieux de plus de sept ans.

La Russie a échoué à faire voter sa résolution condamnant « l'agression » armée contre Damas, son représentant Vassily Nebenzia fustigeant « le néo-colonialisme » des Etats-Unis et de leurs deux alliés.

Moscou et Damas nient que des armes chimiques aient été utilisées le 7 mars dernier à Douma, ville de la Ghouta orientale, près de la capitale, que la Syrie a annoncé avoir reprise totalement vendredi puis samedi, deux mois de combats meurtriers. Plus de 1 700 civils ont été tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG installée en Angleterre qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre.

Armes chimiques : l'enquête à Douma commence ce dimanche Les enquêteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) devraient arriver ce dimanche dans l'ex-ville rebelle de Douma, près de Damas, pour enquêter sur l'attaque chimique présumée du 7 mars. « La mission d'enquête est arrivée hier (samedi) à Damas et il est prévu qu'elle se dirige aujourd'hui (dimanche) à Douma pour entamer son travail », a indiqué l'AFP le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Ayman Soussane.

« Nous laisserons l'équipe faire son travail de manière professionnelle, objective, impartiale et loin de toute pression (de la part des autorités). Les résultats de l'enquête infirmeront les allégations mensongères » contre Damas, a-t-il ajouté.

Samedi, l'OIAC, organisation basée à La Haye, a affirmé poursuivre sa mission d'enquête sur l'attaque chimique présumée de Douma malgré les frappes aériennes des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.

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