François, le pape qui insuffle un air d'Amérique latine

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 Une affiche pour la visite du pape François au Pérou, le 13 janvier 2018 à Lima

Une affiche pour la visite du pape François au Pérou, le 13 janvier 2018 à Lima

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© AFP, Ernesto BENAVIDES
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AFP, publié le dimanche 14 janvier 2018 à 09h18

Premier pape venu du Nouveau monde, l'Argentin Jorge Bergoglio est radicalement différent de ses prédécesseurs, façonné par le vocabulaire aux accents parfois révolutionnaires de son continent latino-américain.

Au Chili et au Pérou cette semaine, pour son 22ème voyage à l'étranger, il parlera non seulement l'espagnol mais aussi un langage spirituel et culturel compris par tous.

"Je me sens libre, rien ne me fait peur", dit le pape François, qui a pourtant accepté la lourde tâche de diriger l'Eglise des 1,3 milliard de catholiques de la planète (dont 49% dans les Amériques).

Assurément l'expression d'un "pape américain", analyse l'évêque Marcelo Sanchez Sorondo, un compatriote qui connaît le jésuite argentin depuis des décennies.

"L'Amérique du Nord et du Sud ont en commun d'être des sociétés d'origine européenne qui ont pris conscience du besoin d'indépendance; le sentiment de liberté est la base commune de toute l'Amérique", explique à l'AFP ce professeur de philosophie, devenu chancelier des Académies pontificales des sciences et des sciences sociales.

Le "premier pape" invité à parler devant le Congrès américain éprouve "un sentiment fort de la dignité humaine et de la liberté", insiste-t-il. 

- Liberté et justice sociale - 

Reste que le sens de la liberté a différé entre les deux Amériques, alors que le Sud devenait plus pauvre. "Le pape est très sensible à la question de la justice sociale, ce qui est plus latin que nord-américain, d'où l'intérêt qu'il porte aux +périphéries+ en difficulté", complète Mgr Sorondo.

L'archevêque de Buenos Aires était pratiquement un inconnu quand il a été élu le 13 mars 2013, devenant le premier pape à choisir le nom de François, en hommage à Saint François d'Assise figure exemplaire de la chrétienté totalement au service des pauvres.

Issu d'une famille d'émigrés italiens du Piémont, Jorge Bergoglio est devenu "une sorte de lien entre le Vieux continent et le Nouveau monde", mais "l'histoire dramatique de l'Argentine de la fin du XXème siècle est la toile de fond de sa trajectoire personnelle", résume l'universitaire Giovanni Maria Vian, dirigeant de L'Osservatore Romano, dans la préface du livre "François, le pape américain". 

Le cardinal Bergoglio fut chargé d'élaborer voici dix ans à Aparecida (Brésil) le document final du Conseil épiscopal latino-américain, qui permet environ une fois par décennie aux évêques du continent de choisir des grandes orientations. 

Dans ce texte très connu en Amérique latine, on retrouve énormément d'engagements actuels de François, pointe le vaticaniste de La Croix, Nicolas Senèze, dans "Les mots du pape". 

A Aparecida, Jorge Bergoglio s'offusquait déjà de "l'inégalité scandaleuse", aujourd'hui l'un des thèmes clefs de son action à la tête de l'Eglise, relève le vaticaniste.

Tous les documents de ces conférences épiscopales ont donné "la priorité aux pauvres" renchérit Mgr Sarondo. "Le pape est très critique du capitalisme qui sacrifie les droits humains, ce qui est typique de l'épiscopat latino-américain", relève-t-il.

Certes, le pape polonais Jean-Paul II avait dénoncé le "capitalisme sauvage", mais François "est probablement plus concret" en prônant "une église pauvre pour les pauvres" et en vivant sans faste dans un petit appartement, ajoute son compatriote.

Jorge Bergoglio, un vrai pasteur de terrain, a sillonné les périphéries déshéritées de Buenos Aires.

Il brandit d'ailleurs l'exemple de cette mégalopole métissée, multiculturelle et multireligieuse, pour prôner l'accueil des migrants à la vieille Europe, durement attaquée.

Son expérience de la crise économique argentine a aussi alimenté sa vision de "la misère des grandes villes" peuplées de paysans perdant leurs repères culturels.

Dans des récents entretiens au sociologue français Dominique Wolton, le pape regrette que l'Amérique latine n'ait pas la force "de réagir face aux grandes exploitations agricoles" et de "résister à l'exploitation culturelle de ses propres citoyens".

- Peuple et piété populaire -

Sa vision a été fortement influencée par la "théologie du peuple", la variante argentine de la "théologie de la libération", toutefois non violente et non axée sur la lutte des classes marxisante.

Ce courant valorise la culture et la piété populaire des gens communs. A cet égard le pape est très ému par la liturgie des cultures autochtones, qu'il aura à coeur de mettre en valeur au Chili et en Argentine. 

"La piété populaire est l'éclosion de la mémoire d'un peuple", selon la définition très mystique donnée par le pape à un jeune journaliste argentin dans de récents entretiens titrés "Amérique Latine".

Le pape a aussi nommé des cardinaux latino-américains car "ils apportent l'air des Eglises nouvelles et l'air d'une histoire de foi et de sang", a-t-il encore confié. Remodelant ainsi à son image le conclave qui élira son successeur.

 
8 commentaires - François, le pape qui insuffle un air d'Amérique latine
  • j'aime beaucoup le Pape François mais je ne parle le même langage que lui quand il parle de "justice sociale" alors que certain"s" de ses cardinaux gagnent mensuellement 35000 euros par mois!!! et ce depuis des années !!!! ça a le don de me faire bondir , si il veut vraiment de la justice sociale, outre deux ou trois migrants qui son arrivés au Vatican, qu'il demande à ces cardinaux de partager leur gains mensuels avec les pauvres y compris les migrants, moi personnellement je n'en ai pas les moyens

  • Le Pape François malgré toutes ses qualités et tous ses efforts n'a pas réussi à ce jour à situer la ligne d'équilibre dans laquelle l'humanité doit trouver les solutions aux problèmes qui sont déclinés sur notre planète. Quand l'extrémisme islamique prône, et lance ses légions pour procéder au nom de ses croyances, l'anéantissement du monde des mécréants non musulmans, le chrétien prône de tendre l'autre joue à chaque coup reçu à son agresseur, à qui il envoi ainsi un message d'acceptation de sa vision du monde en lui offrant sa tête d'une manière plus qu'inefficace . Au catastrophique et tragique extrémisme obscurantiste musulman , la chrétienté répond par un tragique immobilisme pacifique sans offrir de solution hors ses ouailles en victimes expiatoires . Car tel est résultat constaté dans l'intégralité des territoires de vie abritant principalement des chrétiens,et d'autres religions cependant moins touchées hors les courants islamiques pris en deux feux. Loin de prôner la loi du talion, (il ne faut pas non plus tomber dans l'excès contraire) mais répondre aux bombes et au terrorisme par la prière à genoux est une solution qui ne répond pas aux réalités du terrain ni parfaitement et en totalité à la nature idéologiques et religieuses évoquées. Car par ailleurs en parallèle on ne se met pas à genoux pour prier devant les blessés encore vivants mais (fort heureusement et à juste titre) on leur porte matériellement secours physiquement et matériellement par les moyens que les hommes eux mêmes se sont procurés aux fils des siècles par les progrès des sciences qu'ils ont su faire évoluer pour sauver des vie jusqu'à ce jour. Toutes religions , chrétienne comprise, doivent inclure des limites pour atteindre un équilibre jusqu'ici jamais atteint. Hélas, Le pape François en toute bonne foi traduit cette réalité.

  • Et s'il insufflait (corrigé)
    Et s'il insufflait une nouvelle politique mondialiste religieuse en organisant une réunion au sommet de tous les n°'1 religieux de la planète pour adopter une attitude commune à tous les bienfaiteurs religieux de l'humanité. , un RDV planétaire de chefs religieux en quelques sortes. Envisageable ou Pas . Si..non ...pour quelles raisons puisque chacun d'entre eux ne veut que le bonheur des peuples ....de tous les peuples... Pourquoi ..non ?

  • Ce pape réformiste est malheureusement plus populaire chez les athées que chez les chrétiens. A la tienne François!

  • Et s'il insuffler une nouvelle politique mondialiste religieuse en organisent une réunion au sommet de tous les n°'1 religieux pour adopter une attitude commune à tous les bienfaiteurs religieux de l'humanité. , un RDV planétaire de chefs religieux en quelques sortes. Envisageable ou Pas . Si non pour quelles raisons puisque chacun ´entre eux ne veut que le bonheur des peuples ....de tous les peuples... si non .Pourquoi ?

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