Fin de l'opération Barkhane au Sahel : "l'engagement militaire de la France restera très significatif", assure Florence Parly

Fin de l'opération Barkhane au Sahel : "l'engagement militaire de la France restera très significatif", assure Florence Parly
La ministre des Armées Florence Parly.
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publié le vendredi 11 juin 2021 à 09h18

La ministre des Armées Florence Parly, invitée de Franceinfo, a reconnu que "la situation sécuritaire dans la zone reste très difficile" après l'annonce par Emmanuel Macron jeudi de la fin de l'opération Barkhane au Sahel. 

"Nous ne changeons pas d'objectif. Il s'agit de continuer la lutte contre le terrorisme".

Invitée de Franceinfo vendredi 11 juin, la ministre française des Armées Florence Parly a expliqué le changement "d'approche" français au Sahel. Après plus de huit ans d'engagement massif, le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi une réduction prochaine de la présence militaire française au Sahel.




"Ce qui change, c'est l'approche. Nous avons toujours dit que Barkhane n'était pas éternelle et que notre dispositif militaire devait sans cesse s'adapter. C'est une réalité du terrain militaire : l'ennemi s'adapte sans cesse aux modes opératoires, aux modes d'actions des militaires qui sont sur place, il est donc important de varier sans cesse leurs effets", a déclaré la ministre. Concrètement, la France va procéder à la fermeture de bases et une à réarticulation de la lutte antijihadiste autour d'une "alliance internationale" associant des Européens. 

Les forces sahéliennes prêtes à maintenir la sécurité dans la zone ?

"L'année dernière, nous avons eu de grands succès. Nous avons éliminé le numéro un d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, en novembre, nous avons éliminé le chef militaire de cette même organisation et nous avons affaibli l'organisation EIGS (État islamique pour le Grand Sahara), qui est la filiale de Daech. Pour autant, nous voyons bien que la situation sécuritaire dans la zone reste très difficile", a reconnu Florence Parly.  

Malgré d'importants efforts de formation et d'entraînement, les forces armées du Mali, du Niger et du Burkina Faso, qui figurent parmi les pays les plus pauvres du monde, demeurent notoirement sous-entraînées et sous-équipées, et sont la cible régulière d'attaques jihadistes. Toutefois, sur la capacité des forces sahéliennes à maintenir la sécurité dans la zone : "Nous les avons d'abord formées, (...) nous les avons entraînées et nous avons de plus en plus combattu avec elles. (...) Elles ont donc acquis des capacités qui nous permettent de faire évoluer les dispositifs, comme le président de la République l'a annoncé", assure la Ministre.

La force européenne Takuba en première ligne 

Interrogée sur les effectifs militaires français qui resteront en poste au Sahel, Florence Parly a refusé de répondre. "Je ne dévoilerai aucun chiffre parce que les consultations commencent. Ce qu'il est important de comprendre, c'est que l'engagement militaire de la France restera très significatif", a-t-elle simplement précisé.  

Le cadre de cette nouvelle organisation devra être fixé dans les prochaines semaines. L'objectif ? Que la force européenne "Takuba, ce groupe de forces spéciales, qui accompagne les soldats sahéliens, puisse jouer un rôle de plus en plus important". Pour rappel, cette force européenne ne représente que 600 militaires aujourd'hui déployés sur place. La France, elle, a actuellement 5 100 soldats au Sahel.

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