Fille au pair tuée à Londres : le meurtrier présumé a prétendu griller "un mouton"

Fille au pair tuée à Londres : le meurtrier présumé a prétendu griller "un mouton"
Le corps de la fille au pair française Sophie Lionnet, tuée en septembre à Londres, avait été retrouvé calciné dans le jardin de ses employeurs et meurtriers présumés.

Orange avec AFP, publié le mercredi 21 mars 2018 à 18h30

Des pompiers anglais ont raconté mardi comment ils ont découvert le corps carbonisé de la jeune au pair française Sophie Lionnet dans le jardin de ses employeurs à Londres. Ils assurent que le meurtrier présumé a prétendu griller un "mouton".

Le cadavre calciné de cette jeune fille de 21 ans, originaire de Troyes (nord-est), avait été retrouvé le 20 septembre 2017 dans le jardin d'une propriété située dans la zone résidentielle de Southfields (sud-ouest de la capitale britannique).

Deux Français, ses employeurs, Ouissem Medouni, 40 ans, et Sabrina Kouider, 35 ans, avaient été arrêtés dans la foulée. Ils comparaissent depuis lundi devant la cour criminelle de l'Old Bailey à Londres et plaident non coupable.

Les pompiers avaient été alertés par les voisins du couple qui avaient vu d'importantes fumées se dégager de leur jardin et s'étaient dit incommodés par une "horrible" odeur. Thomas Hunt, pompier, a expliqué mardi à l'audience qu'en arrivant dans les lieux, il avait vu un barbecue où grillait du poulet ainsi qu'un feu de jardin, juste à côté des portes du patio, risquant d'endommager la propriété.

Ouissem Medouni "très calme"

"J'ai trouvé que c'était un endroit très étrange pour un feu parti spontanément", a-t-il témoigné. "J'ai demandé à l'occupant : 'pourquoi avez vous fait ça ?' Il a juste haussé les épaules", a poursuivi le pompier. En tentant d'éteindre le feu, le soldat du feu a reconnu une main, un nez et s'est rendu compte alors qu'il s'agissait d'un corps. Il a également remarqué des vêtements et des bijoux.

"J'ai demandé à l'occupant (de la maison) : 'pourquoi brûlez vous un corps ?' Il m'a répondu : 'c'est un mouton'", a raconté le pompier qui a trouvé Ouissem Medouni "très calme" et "résigné". Ce dernier a répété aux pompiers qu'il s'agissait d'un "mouton", affirmant même l'avoir acheté dans une ferme pour 150 livres (près de 170 euros). "Nous avons continué à l'interroger pour qu'il nous dise la vérité", a témoigné à l'audience un autre sapeur pompier, David Rose, mais Ouissem Medouni a "détourné le regard".



Sophie Lionnet a vécu un véritable calvaire avant sa mort, selon l'accusation. Victime de "violences" pendant des mois, elle dormait dans la chambre des deux enfants qu'elle gardait, sur un lit superposé, et vivait sous l'emprise de ses employeurs, qui la nourrissaient peu et la battaient, selon des voisins. 



Le procureur, Richard Horwell, avait expliqué que le couple "s'était mis d'accord pour mener" à l'encontre de la jeune femme "une campagne d'intimidation, de torture et de violence". "La mort de Sophie n'était pas un accident ou une conséquence involontaire, mais le résultat final d'une violence intentionnelle et continue", a-t-il déclaré à l'audience.

Si la cause précise de la mort n'est pas connue, le corps ayant été calciné, l'examen de la dépouille a permis de révéler l'existence d'une fracture de la mâchoire, survenue quelques heures avant le décès. Citant les déclarations d'un témoin, le procureur a affirmé que Sophie avait été torturée dans la baignoire du couple. Alors que les bruits d'éclaboussures se mêlaient aux cris de la jeune femme, ses deux employeurs lui intimaient de "respirer", a raconté le magistrat.

Plusieurs habitants du quartier ont décrit Sophie Lionnet comme une jeune fille "timide". Une voisine, Nancy Nathanson, a déclaré que ses employeurs étaient "bizarres", laissant les amendes s'accumuler sur leur voiture et entreposant des déchets sur le trottoir devant la maison.

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