Face à un G7 divisé, Xi et Poutine jouent l'unité

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Les présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping se serrent la main lors du sommet de l'OCS à Qingdao le 10 juin 2018.
Les présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping se serrent la main lors du sommet de l'OCS à Qingdao le 10 juin 2018.
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© AFP, WANG ZHAO

AFP, publié le dimanche 10 juin 2018 à 10h36

Les présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping, ont affiché dimanche leur unité et loué l'expansion de leur bloc asiatique, l'Organisation de coopération de Shanghai, face à un G7 miné par ses divisions.

Lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui s'est tenu pendant deux jours dans la ville portuaire de Qingdao (est de la Chine), Xi Jinping a souhaité la "bienvenue" à deux nouveaux venus, l'Inde et le Pakistan, au sein du bloc créé en 2001.

L'OCS vise à accroître la coopération économique et sécuritaire entre ses membres et comprend également les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Tadjikistan et d'Ouzbékistan.

Le président iranien Hassan Rohani, dont le pays est observateur à l'OCS, s'y est également rendu pour s'assurer du soutien de Pékin et Moscou à l'accord sur le nucléaire iranien après sa dénonciation par Washington.

Avec l'accueil de l'Inde et du Pakistan dans ses rangs, l'OCS "devient encore plus forte", a salué le chef du Kremlin.

La "coopération" est plus que jamais nécessaire alors que "l'unilatéralisme, le protectionnisme et les réactions opposées à la mondialisation prennent de nouvelles formes", a pour sa part estimé le numéro un chinois.

"Nous devons rejeter la mentalité de guerre froide et de confrontation entre les blocs, et nous opposer à la recherche effrénée de sécurité pour soi-même aux dépens des autres, afin d'obtenir la sécurité pour tous", a affirmé Xi Jinping, sans jamais citer nommément les Etats-Unis.

Les règles de l'Organisation mondiale du commerce et le système commercial multilatéral doivent être respectés, a encore soutenu Xi Jinping, dont le pays est engagé dans des discussions difficiles avec les Etats-Unis pour éviter une guerre commerciale.

"Nous devons rejeter les politiques égocentriques, à court terme et d'isolement", a-t-il ajouté.

La démonstration d'unité de l'OCS se veut le miroir inversé des divisions qui ont miné le sommet du G7, sabordé après sa clôture par le président américain qui a retiré son soutien au communiqué final qu'il avait auparavant avalisé.

M. Poutine a ironisé en marge de ce sommet sur le "babillage inventif" du G7, qu'il a appelé à engager une "vraie coopération".

Pour autant, les divisions -tues à Qingdao- ne manquent pas au sein de l'OCS. L'Inde s'inquiète ainsi des projets chinois d'infrastructures chez son rival pakistanais et continue d'avoir un litige frontalier avec la Chine dans l'Himalaya.

- Etats-Unis déstabilisateurs -

A Qingdao, Xi Jinping a annoncé que la Chine allait ouvrir une ligne de crédit de 30 milliards de yuans (4,7 milliards de dollars) aux membres de l'OCS via un consortium bancaire.

Avec Moscou, Pékin entend également proposer un Partenariat économique eurasien aux autres membres, alors que le commerce et les investissements entre eux augmentent.

En présence d'Hassan Rohani, dont le pays aspire à intégrer l'Organisation de coopération de Shanghai, le président russe a indiqué que Moscou continuait de soutenir l'accord sur le nucléaire conclu en 2015 et visant à empêcher Téhéran d'acquérir l'arme nucléaire en échange de la levée des sanctions économiques visant le pays.

Le retrait américain de l'accord "peut déstabiliser davantage la situation", a estimé M. Poutine, favorable à la "mise en oeuvre inconditionnelle" du texte.

Grande consommatrice de pétrole iranien, la Chine, comme les autres pays signataires, a appelé à sauver l'accord malgré la décision américaine.

"Les efforts des Etats-Unis pour imposer leur politique aux autres constituent un danger en expansion", a de son côté affirmé le président iranien.

Washington observe les réactions au retrait américain de l'accord sur le nucléaire, et une réponse faible ne ferait qu'encourager les Etats-Unis à agir unilatéralement, a-t-il estimé. "Cela aurait de nombreuses conséquences dommageables pour la communauté mondiale".

Le président russe a par ailleurs apporté son soutien au sommet entre le président américain et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, mardi à Singapour.

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