Face à la polémique, Trump renonce aux coupes dans le budget de la diplomatie

Face à la polémique, Trump renonce aux coupes dans le budget de la diplomatie
Donald Trump et Mike Pompeo, lors d'une réunion du gouvernement à la Maison Blanche, mi-juillet.

AFP, publié le vendredi 23 août 2019 à 16h57

Face à une levée de boucliers unissant démocrates et républicains, Donald Trump a renoncé à sabrer quatre milliards de dollars dans le budget alloué à la diplomatie américaine et à l'aide au développement, a annoncé vendredi le département d'Etat américain.

"Le président a décidé de ne pas mettre en oeuvre une proposition d'annulation des fonds votés en faveur du département d'Etat et de l'Agence américaine pour le développement international (USAID)", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la diplomatie américaine.

C'est le bureau de la Maison Blanche chargé du budget qui avait mis le feu aux poudres début août: il annonçait un gel immédiat des crédits alloués pour cette année budgétaire (qui s'achève fin septembre) à plusieurs programmes, qui vont des opérations de maintien de la paix à la santé publique mondiale en passant par la lutte internationale contre la drogue. Et laissait planer la menace d'une annulation pure et simple.

Outre plusieurs organisations non gouvernementales, les chefs de file des commissions des Affaires étrangères de la Chambre des représentants et du Sénat, issus aussi bien de l'opposition démocrate que du camp républicain du président Trump, étaient montés au créneau ensemble pour exhorter l'administration à faire marche arrière.

Cette annulation "reviendrait à couper plus de quatre milliards de dollars de crédits vitaux pour la politique étrangère américaine", avaient-ils dénoncé. "Cela nuirait à notre sécurité nationale" et "à la promotion du leadership mondial des Etats-Unis", ajoutaient-ils, dénonçant un "affront direct à la séparation des pouvoirs".

En public, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo n'a jamais remis en cause cette tentative de couper dans son budget. 

"Chaque centime que le département d'Etat dépense, y compris sur notre budget d'aide internationale", "doit l'être de manière efficace", avait-il encore éludé jeudi, interrogé sur la proposition d'annulation.

"Nous mettrons en oeuvre la décision du président, quelle qu'elle soit", avait même assuré la porte-parole du département d'Etat, Morgan Ortagus.

Mais selon des médias américains, Mike Pompeo a oeuvré en coulisses pour dissuader le milliardaire républicain de passer à l'acte, lui qui n'a cessé de tenter de couper dans le budget de la diplomatie et de l'aide au développement tout en gonflant celui de la Défense.

"Nous sommes convenus de continuer à passer en revue nos programmes et d'affecter ailleurs tout financement qui ne soutient pas directement nos priorités", a assuré vendredi le département d'Etat.

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