Fabriquer la soie à Co Chat au Vietnam: un métier séculaire, mais menacé

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© AFP, Manan VATSYAYANA

AFP, publié le lundi 23 septembre 2019 à 08h59

Dans les ateliers de Co Chat au Vietnam réputé pour la production de la soie, de longs fils jaunes d'or, enroulés autour de bâtons de bambou, sèchent au soleil. Mais le métier est menacé, les jeunes partant vers la ville contre la promesse d'un meilleur salaire.

Dans le village, situé dans la province de Nam Dinh, à une centaine de kilomètres au sud d'Hanoï, des dizaines d'ouvriers s'affairent pendant la saison de fabrication des fils qui court de mars à octobre.

Il faut compter environ 30 jours de la naissance des vers jusqu'à ce qu'ils fassent des cocons, blancs ou jaunes.

Ces derniers sont ensuite plongés dans des marmites d'eau bouillante afin de tuer la larve à l'intérieur et de séparer les fils qui sont alors enroulés autour de bâtons pour qu'ils sèchent. 

Une fois séchés, ils sont vendus à des négociants et exportés vers la Thaïlande ou le Laos voisin.

"La production de cocons de vers à soie dépend à 90% de la météo", relève à l'AFP Pham Van Ba, 56 ans, qui a appris le métier avec son grand-père et son père. "Si le temps est pluvieux, nos produits seront de mauvaise qualité".

Pour fabriquer les fils et accroître la productivité, certains utilisent désormais des machines. Mais la plupart suivent encore la méthode traditionnelle.

Un ouvrier gagne une dizaine de dollars par jour. Toutefois, les rémunérations sont très volatiles. "Quand les prix sur le marché montent, nous avons un peu plus d'argent, sinon nous arrivons tout juste à gagner de quoi vivre", raconte l'ouvrière Tran Thi Hien.

Les propriétaires d'ateliers peuvent, eux, engranger jusqu'à 3.000 dollars par mois.

Tran Thi Hien craint que le métier disparaisse car de plus en plus de jeunes quittent le village pour aller travailler dans des usines ou à la ville.

"Mes enfants me disent que cet emploi est trop difficile, qu'ils feront autre chose à la place", s'inquiète-t-elle. 

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