Explosions au Liban : le président évoque la possibilité d'un "missile ou d'une bombe"

Explosions au Liban : le président évoque la possibilité d'un "missile ou d'une bombe"©Panoramic

, publié le vendredi 07 août 2020 à 15h35

Devant des journalistes, Michel Aoun a parlé d'une "possible intervention extérieure" et demandé à Emmanuel Macron de lui fournir des images satellites de l'explosion.

Trois jours après la double-explosion qui a touché Beyrouth, la capitale libanaise, causant la mort d'au moins 150 personnes et faisant plus de 5 000 blessés, le chef de l'État libanais se fait écho de premiers doutes quant à l'origine du drame. Devant des journalistes, le président Michel Aoun a ainsi évoqué la possibilité d'une "intervention extérieure", parlant également d'un "éventuel missile ou d'une bombe", rapporte L'Orient le jour.

Selon les explications "officielles" des autorités, un incendie serait pourtant à l'origine des explosions qui ont mis le feu à plus de 2 700 tonnes de nitrate d'ammonium, stockés dans le port de la ville.

Michel Aoun a aussi confié avoir demandé à Emmanuel Macron lors de sa visite, qu'on lui fournisse les images satellite de l'explosion. Une promesse du président français, a-t-il indiqué. "Si la France n'envoie pas ces images, nous les demanderons à d'autres Etats, afin de savoir s'il s'agit d'une agression extérieure ou des conséquences d'une négligence."

Pas d'atteinte à la souveraineté

Le président libanais a par ailleurs confié devant les journalistes que "vingt personnes sont déjà visées par l'enquête et les procédures", ajoutant que cela "prenait du temps". Michel Aoun a en revanche réfuté la possibilité de faire appel à une enquête internationale, qui a "pour but de noyer la vérité". "Je ressens la douleur du peuple", a développé le président, expliquant que "traduire en justice les responsables" serait "la seule façon pour les proches des victimes de pouvoir faire leur deuil".



Sur le mode opératoire, les investigations seront menées étape par étape a décrit Michel Aoun. Il faudra d'abord découvrir comment la substance a été entreposée sur le port ; ensuite si l'explosion est un "accident" ou une "négligence" et enfin voir s'il y a eu "intervention extérieure". Enfin Michel Aoun a tenté de réaffirmer son autorité après la visite d'Emmanuel Macron et les critiques et manifestations qui s'en étaient suivies. "Ce n'est pas à un président français d'écrire votre histoire", avait-il lancé.

Lors de cette conférence de presse, il a confirmé que "ce n'est pas sous le mandat de Michel Aoun que l'on touchera à la souveraineté libanaise", alors même que des changements politiques sont nécessaires. Des changements qui ne seront possibles que si des "conditions propices" sont réunies.

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