Explosion au Liban : le point sur la situation

Explosion au Liban : le point sur la situation©Panoramic

, publié le jeudi 06 août 2020 à 15h30

Une violente explosion a eu lieu à Beyrouth (Liban) mardi 4 août. Le bilan ne cesse de s'alourdir alors que les pays du monde entier se mobilisent pour venir en aide au pays.

Le drame s'est déroulé mardi 4 août aux alentours de 18h à Beyrouth, la capitale du Liban.

Un entrepôt a explosé, causant des dégâts considérables dans toute la ville. Le dernier bilan de ce drame communiqué jeudi 6 août fait état de 137 morts, des dizaines de disparus et 5 000 blessés.

Au moins 16 fonctionnaires du port de Beyrouth et des autorités douanières ont été placés en détention dans le cadre de l'enquête sur l'explosion. Il s'agit de "responsable du conseil d'administration du port de Beyrouth et de l'administration des douanes, et des responsables des travaux d'entretien et des ouvriers ayant effectué des travaux dans le hangar numéro 12" où étaient stockées les tonnes de nitrate d'ammonium, a précisé le procureur militaire Fadi Akiki dans un communiqué.

Face à ce drame, le président de la République Emmanuel Macron s'est rendu à Beyrouth ce jeudi 6 août, dans la matinée pour assurer au pays du soutien de la France et "rencontrer l'ensemble des acteurs politiques". Le chef de l'Etat a promis aux Libanais en colère qui l'interpellaient qu'il reviendrait le 1er septembre vérifier que l'aide proposée par la France est bien distribuée. Tout sera fait pour que l'aide "n'aille pas dans les mains de la corruption", a-t-il promis en s'adressant aux habitants du quartier de Gemmayze, l'un des quartiers ravagés par les explosions de mardi.

Un peu plus tard dans l'après-midi, lors d'une nouvelle prise de parole, Emmanuel Macron a exprimé son "infinie tristesse, une profonde solidarité" tout en partageant "la saine colère que nous avons vue s'exprimer aujourd'hui." "L'objet de ce déplacement [...] était d'abord et avant tout celui d'un soutien au peuple libanais, à un Liban libre, fier et souverain. Il n'y a qu'une évidence : être présent et aider. C'est ce que nous avons fait dès les premières heures.[...] La France sera toujours aux côtés du Liban. La France sera là et n'abandonnera jamais les Libanais", a ajouté le chef de l'Etat en précisant qu'"une cinquantaine de Français ont été touchés au moins" et qu'un porte hélicoptères arrivera jeudi au Liban.

Emmanuel Macron a enfin rappelé que "la France sait le poids de cette amitié, et parfois elle en a payé du sang. Nous savons aussi que nous pouvons relever tous les défis ensemble. Il y a un peuple d'Europe, le peuple français, dont le coeur bat toujours un peu à la pulsation de Beyrouth parce qu'il sait qu'ici il y a un peuple qui aime la liberté." Lors de sa prise de parole, le chef de l'État a également appelé les dirigeants du Liban à opérer un "profond changement" dans le but de sortir le pays de l'impasse politique et économique dans laquelle il se trouve. "C'est le temps des responsabilités aujourd'hui pour le Liban et pour ses dirigeants", a insisté Emmanuel Macron. Il a par ailleurs réclamé une enquête internationale à la suite des explosions.

Une première victime française identifiée

Pour rappel, une première victime française a été identifiée mercredi. Il s'agit de l'architecte français Jean-Marc Bonfils auquel la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a rendu hommage. "Ils (les secours) ont découvert Jean-Marc (la victime) au sol, il vivait encore. Ce n'est que trois heures après que les urgences m'ont dit d'aller à la morgue. Et j'ai identifié le corps", confie à BFMTV Ghassan Hajjar, l'un de ses amis.

Jean-Marc Bonfils était très réputé dans la capitale libanaise. La plus célèbre de ses réalisations est : l'"East Village Building", un "édifice futuriste" indique LCI, multi-récompensé, situé près de Gemmayzé, un "quartier vivant de Beyrouth, tout près du port". Par ailleurs, selon un nouveau bilan provisoire communiqué jeudi par le parquet de Paris, au moins 40 Français ont été blessés dans le drame. Un précédent décompte du gouvernement faisait état de 24 Français blessés, dont trois dans un état grave.


Le pôle accidents du parquet de Paris a également élargi son enquête après le décès de Jean-Marc Bonfils pour "homicide involontaire" alors qu'elle avait annoncé, mercredi, l'ouverture d'une instruction pour "des chefs de blessures involontaires". "Les investigations sont confiées à la direction générale de la gendarmerie nationale", a indiqué le procureur de la République de Paris Rémy Heitz dans un communique relayé par BFMTV. Comme le précise par ailleurs France Info, 55 militaires de la sécurité civile ont décollé de Roissy pour rejoindre le Liban. Deux médecins et deux infirmiers figurent à leurs côtés, ainsi que 15 tonnes de matériel sanitaire, des chiens et un drone.

L'état d'urgence décrété

Le gouvernement libanais a décrété pour sa part l'état d'urgence pendant deux semaines dans la capitale libanaise. "Un pouvoir militaire suprême sera immédiatement chargé des prérogatives en matière de sécurité", a précisé la ministre de l'Information Manal Abdel Samad lors d'une conférence de presse.

La France va envoyer trois avions d'assistance humanitaire. Les autorités françaises déconseillent par ailleurs aux ressortissants de l'Hexagone de "se rendre dans le secteur du port". "Il est recommandé de rester à son domicile si celui-ci n'a pas subi de dégâts matériels importants", recommande le ministère des Affaires étrangères sur son site internet. Un numéro d'appel a également été mis en place par l'ambassade de France au Liban: +961 1 420 292

D'après les autorités, quelque 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, stockées "sans mesures de précaution" dans le port de Beyrouth, sont à l'origine de la puissance des déflagrations, les pires vécues par la capitale libanaise, malgré son histoire tourmentée.

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