Euro de football : avec un an de retard, le coup d'envoi c'est ce soir !

Euro de football : avec un an de retard, le coup d'envoi c'est ce soir !
Le logo de l'Euro de football photographié à Copenhague.

publié le vendredi 11 juin 2021 à 11h05

L'Euro de football, c'est du 11 juin au 11 juillet dans 11 pays différents. Le point sur la compétition, devenue le symbole du retour à la vie normale dans un contexte de crise sanitaire inédit.

 

Un Euro de football 2020 devenu Euro de football 2021. Et le coup d'envoi, c'est ce soir ! Avec un an de retard et des supporters enfin de retour dans les stades, la compétition s'ouvre vendredi 11 juin à Rome par un alléchant match d'ouverture Turquie-Italie (21h00, 19h00 GMT). Si la pandémie de Covid-19 est en net recul, le virus, déjà responsable de son report l'an passé, menace toujours la compétition. Avant même le début du tournoi, les Pays-Bas ont perdu leur gardien Jasper Cillessen, testé positif et retiré de la sélection, tandis que la Suède et l'Espagne ont annoncé plusieurs contaminations avant de s'affronter lundi prochain.


Onze pays hôtes 

Cette menace sanitaire sanitaire persistera jusqu'au 11 juillet, au stade Wembley de Londres, où se tiendra la finale de la compétition. Pour cet euro qui devait en 2020 célébrer les 60 ans de la compétition, les matchs sont accueillis dans onze pays différences. Bakou (Azerbaïdjan), Rome (Italie) Saint-Pétersbourg (Russie), Copenhague (Danemark), Amsterdam (Pays-Bas), Bucarest (Roumanie), Londres (Angleterre), Glasgow (Ecosse), Saville (Espagne), Munich (Allemagne), Budapest (Hongrie). Il aura fallu attendre le 23 avril pour connaître cette liste définitive. Bilbao et Dublin ont été évincées, Séville est entrée dans la danse et Londres et Saint-Pétersbourg ont récupéré plus de matches, alors que l'UEFA a obtenu la promesse que chaque rencontre accueillerait des spectateurs.

Toutes ces villes ont promis des stades remplies entre 25 % et 100 % de la capacité d'accueil des tribunes. Si les stades retrouveront la ferveur qui leur a tant manqué depuis un an, les jauges seront variables: seule Budapest accepte 100% de spectateurs, tandis que Munich promet des gradins remplis à 22%, les autres villes naviguant entre 25% et 50%.

Onze villes, onze règlements protocoles sanitaires 

Les règles sanitaires n'était pas les mêmes dans l'ensemble des pays hôtes, les précautions varieront d'un pays à l'autre, pour une même compétition. "Chaque site, chaque ville, chaque pays a défini sa formule" pour limiter les risques sanitaires, tissant un complexe maillage de mesures, explique à l'AFP Daniel Koch, ancien "M. Covid" de la Suisse devenu le conseiller sanitaire de l'UEFA. Joueurs, encadrements, officiels et médias sauteront de bulle en bulle en passant les frontières, et les spectateurs devront éplucher les conditions d'entrée dans chaque pays, subir d'éventuelles quarantaines et se munir de tests Covid ou de passeports vaccinaux pour entrer dans les stades. 



Quant au grand public, prompt à se rassembler si le parcours de son équipe tourne à l'épopée, il devra composer avec des politiques locales très variables - depuis les dizaines de milliers de personnes attendues dans les fan-zones russes et ukrainiennes au refus de Munich, Séville ou Bruxelles de prévoir de tels espaces.

"Un symbole" 

Malgré ces contraintes, la ministre des Sports Roxana Maracineanu y voit un symbole du "vivre ensemble". "L'organisation même de la compétition sur 11 pays européens, alors qu'on a connu une période où les frontières avaient été fermées, la reprise du sport avec du football, le sport qui parle à la plus grande partie de la population, même si ça va être compliqué pour les joueurs et les supporters, c'est aussi un symbole de réouverture des frontières et du vivre ensemble", s'est-elle réjoui au micro de Franceinter vendredi 11 juin.



Au Stadio olimpico, 15.000 à 16.000 spectateurs sont attendus pour la rencontre inaugurale, soit environ 25 % de la jauge de la vénérable enceinte romaine, qui n'a pas été autant garnie depuis plus d'un an. Dans la capitale italienne, deux écrans géants ont pris place sur la Piazza del Popolo, ainsi que d'autres installations destinées aux fans, chouchoutés après une année passée devant leur télévision. Sur le terrain, la Nazionale espère répondre aux attentes grandissantes autour d'elle, certains voyant un potentiel vainqueur chez les coéquipiers de Marco Verratti. "Cela fait un an qu'on attend de commencer cette aventure, on doit se battre pour ramener l'Italie où elle mérite d'être", a lancé le défenseur Leonardo Bonucci.

Une cérémonie d'ouverture avec des stars à distance 

Pour leur première compétition internationale en cinq ans, les Italiens restent sur une série de 27 matches sans défaite, mais sans avoir affronté de vrais cadors. Alors que l'Europe aura les yeux rivés sur Rome, l'occasion est belle pour l'Italie de montrer qu'elle est de retour, face à la Turquie du buteur lillois Burak Yilmaz, à la réputation de poil à gratter. 

Le coup d'envoi sera précédé par une cérémonie d'ouverture, simplifiée en raison du contexte sanitaire, animée par le ténor Andrea Bocelli, et une performance virtuelle de Martin Garrix, Bono et The Edge. Les légendes italiennes du "calcio" Alessandro Nesta et Francesco Totti seront également là, pour transmettre le ballon de l'Euro, baptisé "Uniforia", la contraction des mots "unité" et "euphorie", un résumé de ce que le tournoi promet.

Les tensions diplomatiques également au menu 

Pourtant, à l'opposée de ces bonnes intentions, les jours précédant le coup d'envoi ont été marqués par l'annonce de tests positifs au coronavirus, et une polémique opposant la Russie à l'Ukraine.Après les protestations de Moscou, l'UEFA a imposé jeudi la modification du maillot ukrainien, en raison d'un slogan ("Gloire à nos héros") présent à l'intérieur du col, et jugé politique par l'instance. Kiev a répondu en assurant qu'elle "négociait" avec l'UEFA pour garder inchangé le maillot. L'Ukraine entre en lice dimanche face aux Pays-Bas à Amsterdam, un jour après la Russie, opposée à la Belgique à Saint-Pétersbourg.

Dans un groupe F au niveau très relevé, la France, championne du monde en titre, devra attendre le mardi 15 juin, et le choc face à l'Allemagne, à Munich, pour voir Kylian Mbappé et consorts lancer leur mission conquête, cinq ans après le crève-coeur de la finale perdue à domicile face au Portugal (1-0 a.p.).  

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