Etats-Unis : les mystères de Melania Trump

Etats-Unis : les mystères de Melania Trump
Melania Trump s'est affichée, ce jeudi, avec un manteau avec au dos ce message énigmatique : « Je m'en fiche complètement, et vous ? »

leparisien.fr, publié le vendredi 22 juin 2018 à 21h43

Coup de communication de la Maison Blanche ou rébellion contre son mari? Difficile de décrypter l'attitude de cette First Lady atypique, qui a joué les premiers rôles dans l'épineux dossier des migrants.

#JacketGate. Le hashtag est devenu viral en quelques heures sur la toile. Au coeur de l'« affaire de la veste », Melania Trump. En visite dans un centre pour enfants migrants au Texas, après plusieurs jours de polémique sur les mineurs séparés de leurs parents à la frontière mexicaine, la première dame des États-Unis portait une veste Zara bon marché. Avec floquée sur le dos, cette inscription sibylline : « Je n'en ai vraiment rien à faire, et vous ? »

Aussitôt, réseaux sociaux et médias se sont perdus en conjectures : qu'a-t-elle voulu dire ? Envoyer un message acide à la presse qui commente régulièrement ses tenues vestimentaires, ont estimé les uns. Tacler les « fake news », a assuré Donald Trump dans un tweet.

Beaucoup y voient surtout un avertissement adressé à ce dernier, pour critiquer sa politique migratoire (elle est Slovène de naissance) et son comportement de mari, alors que la presse fait souvent ses choux gras de sa relation supposée avec une actrice porno en 2006.

C'est elle qui a fait céder Donald Trump

Si sa veste a fait couler beaucoup d'encre, c'est qu'elle renvoie à un « mystère Melania » qui intrigue l'Amérique. Depuis l'élection de Donald Trump, on avait pris l'habitude de la voir discrète, le visage impassible, presque fermé. Elle avait même disparu des écrans pendant près d'un mois.

Certes l'ancienne mannequin avait dû se faire opérer mi-mai d'un problème « bénin » au rein, mais la rumeur d'un éloignement conjugal avait peu à peu germé dans les esprits. D'autant qu'elle avait refusé -une énième fois- en avril de prendre la main de son mari devant les caméras, et ne l'a depuis accompagné ni au G7 canadien, ni et à Singapour pour sa rencontre historique avec Kim Jong-un.

Depuis quelques jours, elle semble avoir... retourné sa veste. Selon CNN, c'est la First Lady qui a réussi l'exploit de faire revenir Trump sur sa politique de séparation des enfants et des parents migrants. « Elle pense que le pays doit respecter la loi mais aussi être gouverné avec cœur », avait expliqué sa directrice de communication à l'antenne.

« Elle est en train d'imposer sa voix »

Sa traditionnelle discrétion aurait-elle donc laissé place à une liberté de parole et de mouvement, comme le suggère sa visite surprise dans un camp du Texas ? À moins, qu'elle et sa belle popularité ne soient un outil de communication pour regagner l'opinion après la tempête provoquée par les images d'enfants en larmes.

La Maison Blanche a pris bien soin de souligner que le voyage au Texas était à « 100 % » son idée, mais on peut en douter. Cette visite a été jugée par Guy Benson, contributeur sur Fox News, comme la « première marque de compétence et chose non stupide » tentée par l'administration pour gérer la crise sur la séparation des familles de clandestins.

« Elle est en train d'imposer sa voix, une voix qui n'est pas le simple écho de celle de son mari ou des républicains », applaudit Jeanne Zairo, professeure de sciences politiques. Donald Trump a donc peut-être (enfin) compris l'atout politique que pouvait représenter une Première dame.

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