Etats-Unis : Gina Haspel en passe de diriger la CIA

Etats-Unis : Gina Haspel en passe de diriger la CIA
Maintenant l'ensemble du Sénat doit voter pour que la nomination de Gina Haspel soit effective. La date n'a pas encore été communiquée.

leparisien.fr, publié le mercredi 16 mai 2018 à 17h18

Malgré son rôle controversé dans des programmes de torture, la nomination de Gina Haspel à la tête de la CIA a été approuvée par une commission du Sénat.

Un cap décisif a été franchi mercredi. La nomination de Gina Haspel à la tête de la CIA (agence centrale de renseignement) a été approuvée mercredi par une commission du Sénat américain, malgré son rôle controversé dans des programmes de torture. Un vote de la chambre haute du Congrès devrait confirmer ce choix souhaité par Donald Trump.

Après le départ de l'ancien directeur de la CIA Mike Pompeo - qui est devenu secrétaire d'État , le président des Etats-Unis avait proposé pour lui succéder cette femme de 61 ans. Gina Haspel « est la personne la plus qualifiée que le président ait pu choisir pour diriger la CIA et la candidate la mieux préparée de l'histoire de l'agence », a déclaré mercredi dans un communiqué le président de la commission sénatoriale du renseignement, Richard Burr.

A la tête d'une prison secrète en Thaïlande

Experte en contre-terrorisme, l'espionne est accusée par une ONG de tortures envers des prisonniers soupçonnés proches d'Al-Qaida après le 11-Septembre. En 2002, elle dirigeait une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où étaient enfermés Abd al-Rahim al-Nashiri et Abou Zoubaydah avant leur transfert vers Guantanamo.

Un rapport du Sénat a révélé que ces détenus avaient fait l'objet de tortures par noyade et privations de sommeil. Le second suspect serait en effet passé 83 fois à la «waterboard» (torture par l'eau) et aurait perdu l'usage d'un œil à la suite de coups, avant qu'il soit révélé qu'il ne possédait pas d'informations utiles.

Par la suite, Gina Haspel a assisté Jose Rodriguez, chef de la direction antiterroriste de la CIA. Dans ses mémoires, celui-ci écrit que c'est elle qui a ordonné en 2005 la destruction de dizaines de cassettes prouvant la pratique de la torture en Thaïlande. C'est d'ailleurs à la suite de ces suspicions de torture qu'elle a échoué en 2013 à obtenir la direction des opérations clandestines de la CIA.

Toutes ces casseroles n'ont pas empêché George W. Bush de la médailler pour «excellence dans la lutte contre le terrorisme», ni Donald Trump de la nommer numéro 2 de la CIA, avant de la choisir pour occuper le premier rang à la tête de l'organisation américaine de renseignement.

L'opposition de John McCain

Le vice-président démocrate de la commission, Mark Warner, s'est rallié mercredi à la majorité (10 voix pour, 5 contre) en estimant que Gina Haspel pourrait «s'opposer au président si on lui ordonnait de faire quelque chose d'illégal ou d'immoral, comme le retour à la torture».

L'ensemble du Sénat, où les républicains détiennent une très courte majorité (51 contre 49), doit maintenant voter, à une date encore inconnue. Elle peut compter sur les voix de quatre démocrates.

Parmi les sénateurs républicains, seuls deux ont exprimé leur opposition à sa nomination: l'indépendant Rand Paul et le très respecté John McCain, vétéran et héros de la guerre du Vietnam. Mais celui-ci, atteint d'un cancer du cerveau, s'est retiré dans l'Arizona et ne devrait pas participer au vote.

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