Espoir de retrouvailles pour les habitants druzes du Golan

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Des Casques Bleus surveillent le point de passage de Qouneitra, sur le plateau du Golan, entre la Syrie et Israël, le 15 octobre 2018
Des Casques Bleus surveillent le point de passage de Qouneitra, sur le plateau du Golan, entre la Syrie et Israël, le 15 octobre 2018
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© AFP, JALAA MAREY

AFP, publié le lundi 15 octobre 2018 à 19h54

Depuis des années, cheikh Mahmoud al-Tawil n'a pas vu ses proches résidant dans la partie occupée par Israël du plateau du Golan. Mais avec la réouverture lundi du passage de Qouneitra, il espère les voir bientôt traverser côté syrien et fêter leurs retrouvailles.

Ce point de passage était fermé depuis quatre ans en raison de la guerre en Syrie et de l'implantation dans la province de Qouneitra de rebelles et jihadistes. Mais le régime syrien a repris cette province et, lundi, les barrières séparant la Syrie de la partie du Golan occupé par Israël se sont de nouveau ouvertes.

Les Druzes, principale communauté vivant sur le plateau, ont alors ressenti une immense joie, espérant pouvoir retrouver bientôt ceux des leurs vivant de "l'autre côté".

"Notre seul souci était de voir ce passage ouvert, surtout que de nombreuses familles sont réparties entre ici et là-bas", s'exclame cheikh Mahmoud al-Tawil, 58 ans, debout près d'un portrait du président Bachar al-Assad, lors de la cérémonie d'ouverture côté syrien.

Depuis les guerres israélo-arabes, la communauté druze s'est en effet retrouvée éclatée entre la partie toujours sous contrôle syrien et celle occupée à partir de 1967 par Israël qui a même annexé ce territoire, une annexion jamais reconnue par la communauté internationale.

Quelque 18.000 Druzes apatrides vivent encore sur la partie contrôlée par Israël. Ils ont perdu leur nationalité syrienne et refusé la carte d'identité israélienne. 

Ce sont eux qui traversaient principalement vers la Syrie pour étudier, travailler ou se marier. Les agriculteurs s'y rendaient également pour vendre leurs pommes.

- "Ils me manquent" -

Mais depuis 2011 et le début de la guerre en Syrie, Israël ne leur accordait quasiment plus de laissez-passer et la fermeture du point de passage en 2014 les avait totalement coupés des leurs en Syrie. Les cousins de cheikh Mahmoud al-Tawil étaient dans ce cas. 

"Je ne les ai pas vus depuis sept ans. Ils me manquent beaucoup. Je communique avec eux uniquement par téléphone", raconte le dignitaire druze.

"Il n'existe pas une seule famille (dans la partie occupée) du Golan qui n'a pas de proches vivant dans la mère patrie", poursuit-il.

Les retrouvailles pourraient toutefois ne pas se faire tout de suite. 

Pour l'instant, seuls les Casques bleus de l'ONU pourront passer entre les deux côtés du Golan, a précisé un officier israélien.

Les Casques bleus sont déployés dans la zone dans le cadre de la Force des Nations unies chargée d'observer le désengagement (Fnuod) et le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie. Après s'être retirée en raison de la guerre en Syrie, la Force a repris des patrouilles en août.

Des dizaines d'habitants de la région ainsi que des dignitaires religieux druzes se sont toutefois pressés à la cérémonie d'ouverture du point de passage lundi en Syrie, aux côtés de plusieurs officiers syriens et de responsables de la police militaire russe dont le pays est allié au pouvoir de Damas. 

"Des demandes ont déjà été reçues par la Fnuod de la part d'habitants (de la partie occupée) du Golan pour des visites familiales en Syrie", a confirmé un officier syrien présent à la cérémonie.

"Nous espérons reprendre nos activités pour aider les gens du Golan occupé à passer en Syrie le temps de finir leurs études ou d'effectuer un pèlerinage", a de son côté déclaré Marianne Gasser, représentante du Comité international de la Croix-Rouge, une organisation qui a toujours facilité les retrouvailles des familles du Golan.

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