Espagne : un mort dans l'attaque armée d'une église, la piste terroriste envisagée

Espagne : un mort dans l'attaque armée d'une église, la piste terroriste envisagée
L'église d'Algésiras où un sacristain a été tué et un prêtre blessé, mercredi soir.

publié le jeudi 26 janvier 2023 à 07h36

Un homme armé d'une machette s'en est pris à plusieurs personnes mercredi soir dans un édifice d'Algésiras, faisant au moins un mort, un sacristain, et plusieurs blessés, parmi lesquels un prêtre, grièvement touché. Une enquête pour terrorisme a été ouverte. 

Un sacristain a été tué et plusieurs personnes blessées, dont un prêtre, dans une attaque à l'arme blanche mercredi 25 janvier soir, dans une église d'Algésiras, dans le sud de l'Espagne. Cette "attaque à l'arme blanche" s'est produite "peu avant 20h" dans l'église de San Isidro d'Algésiras, a indiqué le ministère de l’Intérieur. 

"A 19h passées, un homme est entré dans l'église de San Isidro d'Algésiras et a attaqué le prêtre, armé d'une machette, le blessant grièvement", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un message à la presse.

"Il s'est ensuite rendu à l'église Nuestra Señora de La Palma où il s'en est pris au sacristain, après avoir causé divers dégâts", a ajouté le ministère. Le sacristain a alors "réussi à sortir de l'église mais a été rattrapé à l'extérieur par l'assaillant, qui lui a asséné plusieurs blessures mortelles", a poursuivi le ministère, ajoutant que l'assaillant avait été "immobilisé et arrêté" par la police. Ces deux églises sont situées à quelques minutes à pied l'une de l'autre dans cette ville de la pointe sud de l'Espagne.

Selon une porte-parole des services de secours, le prêtre a été blessé "au cou" et hospitalisé tandis que le sacristain est décédé sur place. Le sacristain tué s'appelait Diego Valencia et le prêtre Antonio Rodríguez, selon le maire d'Algésiras. 



Sur Twitter, le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a "adressé (ses) plus sincères condoléances aux proches du sacristain décédé lors de la terrible attaque d'Algésiras" et souhaité "un prompt rétablissement aux blessés".

Le maire d'Algésiras a décrété un jour de deuil et a invité les habitants à se rassembler pour condamner cette attaque jeudi à 12h devant l'église près de laquelle a été tué le sacristain.


Enquête pour terrorisme 


Contacté par l'AFP, le parquet a annoncé qu'une enquête avait été ouverte pour des "faits présumés de terrorisme". Elle sera menée par un juge de l'Audience Nationale, tribunal chargé des affaires de terrorisme. Le ministère de l'Intérieur a tenu à souligner pour sa part qu'il n'était "pas possible pour le moment de déterminer la nature de l'attaque".

L'identité et la nationalité de l'assaillant n'ont pas été communiquées par les autorités. Dans une vidéo diffusée par la police, on l'aperçoit de dos, pantalon noir et sweat à capuche gris noir et blanc. Menotté, il marche en chaussettes dans un couloir, encadré par deux policiers. Selon une source policière, l'assaillant était vêtu d'une djellaba et a "crié quelque chose" au moment de l'attaque.

Le président de la région d'Andalousie Juanma Moreno a qualifié, sur Twitter, cette attaque de "terrible et insupportable". "On a assassiné un sacristain et on a blessé au moins un prêtre", dénonce-t-il, tout en appelant à la "prudence", alors qu'une "enquête est en cours". Le chef du Parti Populaire, principale formation de l'opposition de droite, Alberto Núñez Feijóo, se dit lui "consterné par les attaques commises ce soir à Algésiras".
"Ces actes criminels ternissent la coexistence dont notre société a toujours joui à Algésiras (...) Ces actes répréhensibles n'ont rien à voir avec notre religion ou avec la communauté musulmane", a dénoncé pour sa part la communauté musulmane locale sur le compte Facebook de la mosquée Ishbilia de Séville, capitale de la région.
Les derniers attentats perpétrés en Espagne remontent à août 2017, lorsque deux attaques commises par une cellule jihadiste avaient fait 16 morts et 140 blessés, sur l'avenue des Ramblas de Barcelone et dans la station balnéaire de Cambrils. Elles avaient été revendiquées par l'organisation État islamique. Les trois survivants de cette cellule ont été condamnés à des peines de huit, 46 et 53 ans de prison. 
 

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