Espagne: Rajoy battu en Catalogne mais mieux armé contre les séparatistes

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 Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy après une conférence de presse à Madrid, le 22 décembre

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy après une conférence de presse à Madrid, le 22 décembre

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© AFP, OSCAR DEL POZO
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AFP, publié le mercredi 27 décembre 2017 à 15h59

Critiqué pour avoir perdu les élections en Catalogne, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy aborde en fait l'année nouvelle mieux armé pour barrer la route aux sécessionnistes, estiment les analystes.

"Fiasco", "déroute", ses détracteurs ont éreinté le dirigeant conservateur quand le 21 décembre, les partis indépendantistes ont conservé leur majorité au parlement catalan, ramenée de 72 sièges à 70 sur 135.

Ils n'ont toujours pas la majorité des voix mais les défenseurs de l'unité de l'Espagne non plus, contrairement aux espoirs de la majorité de la classe politique.

Le Parti populaire (PP) de M. Rajoy a vu sa représentation -déjà marginale dans la région- réduite de onze à quatre sièges, selon le dernier décompte encore officieux qui inclut le vote de l'étranger, tandis que son rival libéral Ciudadanos en remportait 36, surtout à ses dépens. Les socialistes ont stagné à 17 sièges.

La conclusion semblait s'imposer: Rajoy avait perdu son pari en convoquant des élections anticipées après avoir placé la Catalogne sous tutelle en utilisant pour la première fois l'article 155 de la Constitution.

- Etouffer une rébellion -

En fait "l'article 155 a joué son rôle qui n'était pas de gagner les élections ni d'améliorer le score du PP, ni de faire disparaître l'indépendantisme, mais d'étouffer une rébellion contre la Constitution", affirme Ignacio Varela, consultant politique et éditorialiste.

Les trois partis séparatistes avaient voté des lois de "déconnexion" avec l'Espagne les 6 et 7 septembre, organisé le 1er octobre un référendum d'autodétermination interdit, et enfin proclamé unilatéralement l'indépendance d'une République catalane le 27 octobre.

Ils ont eux-mêmes reconnu avoir sous-estimé la capacité de réaction de l'Etat et ne prétendent plus agir de façon unilatérale.

"Appliquer l'article 155 a rompu un tabou, sans provoquer de rébellion", relève le politologue Pablo Simon, selon qui M. Rajoy n'hésiterait pas à y avoir recours à nouveau si les indépendantistes recommençaient à violer la loi.

Ceux-ci, divisés, auront d'ailleurs du mal à gérer leur victoire, "notamment parce que celui qui a remporté le plus de voix (l'ex-président Carles Puigdemont exilé en Belgique) est à l'étranger et que son retour n'est pas attendu", estime Oriol Bartomeus professeur de sciences politiques à l'Université autonome de Barcelone.

- Un revers surmontable -

Pour Ignacio Varela, les élections auront un coût pour Mariano Rajoy: les pressions pour qu'il résolve la crise catalane augmenteront à l'étranger, "les électeurs du PP seront fortement tentés de reporter leur voix sur Ciudadanos" et son gouvernement, déjà minoritaire, sort affaibli de ce scrutin.

Il aura notamment du mal à obtenir les voix du Parti nationaliste basque (PNV), dont il a besoin pour faire approuver le budget 2018, tant que des dirigeants nationalistes catalans seront sur le banc des accusés, prévoit-il.

Mais Anton Losada, professeur de sciences politiques à l'Université de Saint-Jacques-de-Compostelle, croit au contraire que le chef du PNV, Iñigo Urkullu, qui a besoin des voix du PP pour continuer à gouverner le Pays basque, ne va pas lier son sort à celui des séparatistes catalans. 

Il considérera "avoir rempli son devoir de solidarité avec la Catalogne" en menant en octobre une médiation entre Madrid et Puigdemont dont ce dernier n'a pas voulu profiter.

Oriol Bartomeus relativise, comme Anton Losada, la menace que représente Ciudadanos pour le PP, premier parti d'Espagne. "La logique du vote utile, qui a poussé les électeurs catalans vers Ciudadanos parce que c'était la force qui pouvait gagner, jouera en faveur du PP aux législatives de 2020", dit-il.

A l'étranger, Mariano Rajoy a bénéficié d'un soutien sans failles de ses pairs et "aucun gouvernement de l'Union européenne n'a envie de se mêler de ce b..." , poursuit M. Losada.

2018 sera difficile pour Rajoy, qui a surmonté la crise économique et remporté deux législatives depuis son arrivée au pouvoir en 2011, "mais quelle année n'a pas été difficile pour lui ?" , demande Losada, qui a lui consacré une biographie. "Je crois qu'il ira jusqu'au bout de son mandat".

 
10 commentaires - Espagne: Rajoy battu en Catalogne mais mieux armé contre les séparatistes
  • Rajoy est le grand perdant, car il a montré qu'il n'avait pas la stature pour trouver une solution équilibrée.
    Il a joué, il a perdu, il doit partir pour laisser à un nouveau gouvernement l'opportunité de tenter de recoller les morceaux.

  • le parti de rajoy est le grand perdant car le résultat de ce parti en catalogne, présage ce qu'il sera dans les autres provinces lors des futures élections

    Effectivement, belle victoire des centristes ciudadanos.

    portalis1 il y a l'observatoire des municipalités FN
    mais vous êtes quelques uns à être les observateurs de mes interventions et pour les contredire systématiquement

    N'hésitez pas notamment à vous informer de la politique menée à Cogolin (au fait l'article portait sur la Catalogne, je me permettais simplement de rappeler le score de ciudadanos, parti centriste : pourquoi changer de conversation ?)

    portalis1 seuls les habitants de cogolin peuvent juger du bien fondé de la gestion de la municipalité
    nous nous ne pouvons nous en faire qu'une pale idée au travers de ce qui parait au bulletin municipal
    l'on sait par exemple que le repas de la cantine est de 2 ,90 euros et que même à défaut de paiement les enfants reçoivent quand même à manger et le trésor public q se charge ensuite du recouvrement
    je ne doute pas que suite à votre intervention beaucoup de lecteurs vont s’intéresser au bulletin municipal

    Je vois que vous êtes parfaitement informé de la situation de Cogolin.Au fait, on ne vous a pas informé au FN de la décision du maire qui a quitté le parti ?

    portilis1 en critiquant le maire de cogolin êtes vous sure de ne pas désormais tirer sur votre ambulance
    vérifiez si désormais en parlant de lui vous ne tirez pas votre camp
    que vous dire si ce n'est que je suis mdr
    désormais en parlant de cogolin il vous faudra vanter le bonheur de vivre en Provence sous la houlette de son maire

  • Je ne comprends toujours pas pourquoi les commentateurs, journalistes et autres, écrivent et disent que les indépendantistes n'ont pas la majorité des voix. Ils reconnaissent la majorité absolue avec 70 sièges que totalisent les 3 partis indépendantistes, ces 3 partis représentent 52% des voix (JXCAT: 25,19 + ERC: 23,70 + CUP: 2,98 ).
    Rajoy est toujours défendu alors qu'il est responsable de cette situation, comme d'ailleurs il a été responsable de l'absence de gouvernement en Espagne pendant toute l'année 2016 car personne ne voulait gouverner avec lui et qu'il a été contraint à de nouvelles élections.
    Mais c'est exact que le PIB de la Catalogne est le premier des Régions Espagnoles au même niveau que la région de Madrid et les catalans paient pour le reste de l'Espagne. Alors les espagnols ne veulent lâcher la poule aux œufs d'or.

  • Croire que Rajoy est un homme juste entouré de quelques nostalgiques de Franco, c'est ne rien connaître de l'Espagne actuelle. Des Asturies à l'Andalousie tous les Espagnols (même régionalistes) n'apprécient pas les indépendantistes catalans, Leur déclaration d'indépendance (alors qu'ils sont minoritaires) n'a même pas été reconnue par un seul des 193 États Membres des Nations Unies.

  • Depuis 2010 le gouvernement de la Catalogne demande des négociations avec le gouvernement Espagnol . Cela a toujours été une fin de non recevoir . 7 ans C'est long pour ne pas se parler . Elections Les partis indépendantistes gagnent . Les partis unionistes ont un pourcentage de voix supérieur parait-t-il . Si ils en sont si surs il n'y pas de problème a organiser un référendum . Mais ils ont la pétoche . Les nouveaux élus vont former j'espère un gouvernement . Mr Rajoy va continuer à se taire et pique la moitié des impots de la catalogne pour Madrid?

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