Espagne : le couple star de Podemos dans la tourmente pour sa villa avec piscine

Espagne : le couple star de Podemos dans la tourmente pour sa villa avec piscine
En couple dans la vie et en duo au sein de Podemos, Irene Montero et Pablo Iglesias siègent tous les deux au Parlement espagnol.

leparisien.fr, publié le lundi 28 mai 2018 à 20h48

Deux dirigeants du parti d'extrême-gauche, Pablo Iglesias et Irene Montero, tentent de sortir la tête de l'eau après une polémique sur l'achat d'une villa de luxe près de Madrid.

Le couple vedette de la gauche espagnole se relèvera-t-il du « ChaletGate » ? Ce lundi, les deux dirigeants du parti Podemos, en tandem dans la vie comme en politique, se sont félicités d'avoir été confirmés dans leurs fonctions malgré une polémique sur l'achat de leur très chic villa (chalet en espagnol), en banlieue de Madrid. Pour autant, Pablo Iglesias et Irene Montero n'en ont probablement pas fini d'entendre parler de leur acquisition, qui tranche avec le discours de gauche radicale, parfois anti-système, qu'ils dispensent depuis 2014.

31,58 % de votes contre le couple

Certes, les militants de Podemos ont voté de mardi à dimanche à 68 % en faveur du maintien du numéro un et de la numéro trois à la tête du parti malgré la révélation par la presse de l'achat d'une maison de plus de 600 000 euros, avec piscine. L'affaire avait d'ailleurs fait tant de bruit que certains observateurs prédisaient la fin politique du couple. Mais « je crois que la participation et les résultats clôturent le débat qui s'était ouvert sur notre crédibilité, tout en donnant une leçon de démocratie [...] un exemple de ce que nous voudrions que soit ce pays, en établissant des mécanismes révocatoires comme l'un des piliers de la démocratie », a commenté ce lundi Irene Montero. Pour elle, cette consultation marque même « un avant et un après dans la politique espagnole ».

Auparavant toutefois, plusieurs voix s'étaient élevées au sein même de la formation. Loin d'être totalement oubliée, l'affaire a profondément ébranlé le jeune parti né du Mouvement des Indignés. Dans la consultation de cette semaine, 31,58 % des militants ont d'ailleurs voté contre le couple ! Et l'adhésion à la personne d'Iglesias est bien inférieure à celle recueillie au dernier congrès du parti, en 2017, où il avait pu se féliciter d'avoir obtenu 89 % des voix.

Quand il critiquait les politiciens « qui vivent dans des villas »

La polémique a prospéré sur le décalage entre cet achat immobilier et les discours d'Iglesias, qui prétendait il y a trois ans représenter « les gens » contre « la caste » dirigeante avant de faire une entrée fracassante au parlement avec 20 % des voix.

L'actuel numéro un de Podemos fulminait même contre les politiciens « qui vivent dans des villas » : « Confieriez-vous la politique économique d'un pays à quelqu'un qui dépense 600 000 euros dans une maison de luxe ? », avait par exemple demandé le jeune professeur de sciences politiques dans un tweet en 2012, en référence à l'ancien ministre de l'Economie Luis de Guindos.

La charte éthique de Podemos impose en outre de « vivre comme les gens ordinaires ».

Mélenchon à la rescousse

L'affaire espagnole n'est pas sans rappeler les réactions à la publication du patrimoine des candidats à la présidentielle en mars 2017, et notamment celle du représentant de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier avait déclaré posséder un appartement parisien acheté 800 000 euros en 2014, sans compter la flambée des prix actuelle. Attaqué sur ce point, le candidat de la France insoumise avait d'ailleurs ironisé sur ce patrimoine de près d'un million d'euros.

Interpellé par la polémique espagnole, Jean-Luc Mélenchon, qui avait soutenu Podemos à sa création, est d'ailleurs venu à la rescousse du couple d'extrême gauche. « Le parti médiatique espagnol frappe Iglesias et sa compagne Montero, deux dirigeants de Podemos ! En cause, le prix de leur maison achetée à crédit ! Méthodes pourries déjà utilisées contre l'allemand Oskar Lafontaine », avait ainsi dénoncé sur Twitter le député des Bouches-du-Rhône. Et d'ajouter : « Insoumis espagnols, tenez bon autour de vos leaders ! »

La chroniqueuse et ex-militante de la France insoumise Raquel Garrido, compagne du député FI Alexis Corbière, avait également pris la défense du couple en regrettant que l'on s'en « prenne à une famille sans patrimoine qui va engraisser une banque pendant 30 ans ». Or elle-même s'était fait épingler en 2017 pour l'occupation d'un HLM avec son compagnon.

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