Equateur : les pro-avortement comptent sur la Cour constitutionnelle pour le dépénaliser

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Militants pro-avortement manifestant le 7 septembre 2019 devant le Parlement d'Equateur en train de voter une motion pour dépénaliser l'avortement, qui a finalement été rejetée
Militants pro-avortement manifestant le 7 septembre 2019 devant le Parlement d'Equateur en train de voter une motion pour dépénaliser l'avortement, qui a finalement été rejetée
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© AFP, Rodrigo BUENDIA

AFP, publié le mercredi 18 septembre 2019 à 23h57

Des groupes pro-avortement en Equateur comptent sur la Cour constitutionnelle pour dépénaliser l'interruption volontaire de grossesse, dans tous les cas de viol et de malformation du foetus, après le vote défavorable mardi du parlement unicaméral.

Une motion de la commission parlementaire de justice, visant à légaliser l'avortement dans ces cas-là, a été rejetée en n'obtenant que 65 voix sur 137 au lieu des 70 requises pour son approbation.

Maria Dolores Miño, directrice de l'Observatoire des droits et de la justice,  qui milite pour l'avortement dans tous les cas de viol, a déclaré mercredi à l'AFP qu'"il ne reste plus qu'à demander l'inconstitutionnalité" de la législation.

"Nous optons pour l'inconstitutionnalité", a renchéri Virginia Gomez de la Torre, de la fondation Desafio (Défi, ndlr), favorable à la légalisation sans limitations.

A l'Assemblée nationale, où l'exécutif ne détient pas la majorité, des groupes de droite se sont opposés à réformer le Code pénal, qui n'autorise l'avortement que lorsque la vie ou la santé de la femme est en danger, ou en cas de viol d'une handicapée mentale.

Il prévoit six mois à deux ans d'emprisonnement pour une femme qui se fait avorter. Si elle meurt pendant l'intervention, la personne qui l'aura réalisée risque jusqu'à 16 ans de prison.

- Onze viols par jour -

La proposition visait aussi à autoriser l'avortement en cas d'insémination non consentie. Il est actuellement sanctionné de peines allant jusqu'à dix ans de prison pour la personne qui y procède.

La présidente de la commission, Ximena Peña, membre du parti au pouvoir, a déploré le manque de soutien pour dépénaliser l'interruption volontaire de grossesse. Elle a souligné que 3.000 filles de moins de 14 ans "sont violées et mises enceintes" chaque année en Equateur, pays conservateur dont 80% de la population est catholique.

Elle a ajouté que "onze viols de femmes sont enregistrés chaque jour".

Toute relation sexuelle avec des mineurs de moins de 14 ans est considérée comme un viol par la loi qui, par ailleurs, sanctionne l'avortement comme un crime depuis deux siècles.

"L'Equateur n'a pas pris une position progressiste en matière de droits humains" en rejetant la dépénalisation, a déclaré à l'AFP l'avocate Patricia Carrion, qui condamne cette "vision rétrograde".

La ministre du Gouvernement (Intérieur), Maria Paula Romo, a exprimé son soutien à la légalisation. "Nous ne pouvons disposer de nos corps même si nous sommes violées, mais nous ne renoncerons pas", a-t-elle tweeté.

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