Epuisés, les Syriens fuient en masse le siège et le pilonnage de la Ghouta

Chargement en cours
  Des Syriens fuient l'enclave rebelle de la Ghouta orientale, située près de Damas, en empruntant le couloir d'évacuation ouvert à Hoch Al-Achaari par les forces du régime syrien, le 15 mars 2018

Des Syriens fuient l'enclave rebelle de la Ghouta orientale, située près de Damas, en empruntant le couloir d'évacuation ouvert à Hoch Al-Achaari par les forces du régime syrien, le 15 mars 2018

1/3
© AFP, LOUAI BESHARA

AFP, publié le jeudi 15 mars 2018 à 18h50

A pied, à moto ou en voiture, des familles syriennes épuisées et affamées ont quitté jeudi la partie rebelle de la Ghouta orientale, fuyant cinq ans de siège et laissant derrière elles des proches et des maisons détruites par les bombardements du régime.

"Nous avons énormément souffert, il n'y avait plus de nourriture ni de médicaments et nous passions de longues heures dans les sous-sols. Grâce à Dieu, nous avons enfin pu sortir d'ici", dit Hania Homs, 30 ans, en allaitant sa fille à l'arrière d'un pick-up, où elle a pris place avec d'autres membres de sa famille.

"Je n'ai plus de lait mais j'essaie de distraire ma fille", dit-elle en arrivant au barrage tenu par le régime aux abords de la localité de Hammouriyé, dans le sud de l'enclave rebelle cible d'une offensive aérienne et terrestre destructrice du régime depuis le 18 février.

Depuis 2013, les habitants de Hammouriyé subissaient un siège asphyxiant du régime de Bachar al-Assad et souffraient de graves pénuries, à l'instar des autres civils encerclés dans ce dernier fief rebelle aux portes de Damas et que le pouvoir veut reprendre.

Jeudi, plus de 20.000 civils ont fui l'enclave rebelle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), le plus important nombre de civils à la quitter depuis le 18 février. Ils se rendent dans des zones tenues par le régime. 

Comme Hania Homs et des milliers d'autres habitants, Myriam, 20 ans, a franchi le barrage de Hammouriyé après avoir marché durant des heures en portant son nouveau-né.

"Je suis partie à 7 heures du matin et j'ai parcouru toute cette distance à pied en portant mon fils", raconte-t-elle, essoufflée. 

Face à la progression rapide des forces du régime qui contrôlent désormais plus de 70% de la partie rebelle, l'exode de la population s'est intensifié, selon l'OSDH. 

Cette fuite a eu lieu avant la reprise aux rebelles de la totalité de Hammouriyé.

- 'A la hâte' -

Oum Hania est assise à l'avant du pick up. "Après des années d'aisance, nous avions fini par attendre la moindre portion alimentaire".

"Nous sommes partis et avons laissé derrière nous nos maisons, nos biens et nos fermes", ajoute-t-elle, la gorge nouée et les larmes aux yeux.

Dans le couloir humanitaire sablonneux, exigu et bondé de centaines de déplacés de tous les âges, un jeune homme aux vêtements usés pousse le fauteuil roulant de sa grand-mère. Il a parcouru des kilomètres avant d'atteindre le barrage du régime.

"Je suis soulagée" de pouvoir finalement sortir, lâche Sara Ghannoum, 80 ans.

Sa fille, Afaf el-Khatib, 50 ans, attend à côté d'elle l'arrivée des autres membres de la famille. "Nous avons fait nos valises à la hâte dès que nous avons appris que nous pouvions sortir".

Non loin d'elle, Hussein Samid, 40 ans, est assis au bord de la route, une cigarette à la main. A côté de lui, ses voisins tentent également de se reposer après plusieurs heures de marche. "Nous souhaitions sortir il y a longtemps mais ils ne nous ont pas laissés partir", dit-il, en allusion aux rebelles.

Au point de contrôle, des soldats syriens distribuent des sandwichs, de l'eau et du jus aux civils qui arrivent. Plus d'une vingtaine d'autobus verts et plusieurs ambulances s'apprêtent à transporter les déplacés vers des centres d'accueil provisoires.

Dans la foule compacte, Ismaïl a fui avec cinq de ses enfants, mais a laissé le sixième derrière lui.

"Nous avons abandonné notre maison, notre voiture. J'ai même laissé ma fille sous les décombres", raconte cet homme de 46 ans. "Je n'ai pas réussi à la retirer"!

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
11 commentaires - Epuisés, les Syriens fuient en masse le siège et le pilonnage de la Ghouta
  • avatar
    stopauxc  (privé) -

    "Nous sommes partis et avons laissé derrière nous nos maisons, nos biens et nos fermes", ajoute-t-elle, la gorge nouée et les larmes aux yeux. '' le monde devra savoir et admettre que tout se tient dans cette seule phrase les opposants syriens encore vivants se font chasser de la syrie et voler leurs maisons et leurs biens par les milices étrangères de l'iran de l'irak du hezbollah, de la russie qui s'installent a leur place, telle est la vérité de ce qui se passe en syrie.

  • Oui les Syriens terroristes islamiques armées par la France fuient maintenant la zone.
    Mr hollande a défendu cette communauté

    avatar
    stopauxc  (privé) -

    Plus personne n'y croit a ce que vous dites orson55, ne prenez pas vos lecteurs pour des naifs qui croiraient a vos intox de propagande russe, on sait que les opposants syriens ne sont pas des terroristes.

  • Et les Kurdes massacrés par la Turquie et l'EI...c'est le silence ?

  • pauvres gens!
    et nous ne voulons pas les aider
    quelle honte!

    Personne ne vous empêche d’aller les aide

  • Comme toujours l'AFP essaye de donner une image négative du gouvernement syrien en écrivant "régime"....
    On peut écouter sur internet les témoignages de dizaines de personnes qui viennent de réussir à sortir de la Ghouta. Tous décrivent les crimes commis par les islamistes radicaux qui essayent d'empêcher les civils de partir pour s'en servir comme des boucliers humains.

    pas dans la ligne éditoriale donc...

    avatar
    humaminor  (privé) -

    Pour les mêmes faits, dans un autre pays nous serions informés de l'utilisation d'un bouclier humains utilisé par des terroristes.