Epoux, enfants et groupes de rock: des candidats font campagne par procuration

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La sénatrice Elizabeth Warren, son mari Bruce et leur chien Bailey, le 12 janvier 2019 à Manchester, dans le New Hampshire
La sénatrice Elizabeth Warren, son mari Bruce et leur chien Bailey, le 12 janvier 2019 à Manchester, dans le New Hampshire
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© AFP, Joseph PREZIOSO

, publié le jeudi 23 janvier 2020 à 09h52

A situation inédite, déploiement de choc: coincés à Washington pour le procès en destitution de Donald Trump, trois sénateurs parmi les principaux candidats à l'investiture démocrate envoient leurs proches, leurs alliés et des groupes à la mode faire campagne pour eux.

Le temps presse pour les sénateurs Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Amy Klobuchar: dans moins de deux semaines, l'Iowa donnera le coup d'envoi de la primaire avec ses fameux "caucus".

Ces assemblées d'électeurs seront les premières à désigner, le 3 février, leur candidat favori pour affronter Donald Trump lors de la présidentielle de novembre.  

Or dans cet Etat rural peu peuplé du centre des Etats-Unis, les électeurs sont habitués à ce que les candidats les courtisent lors de petites réunions conviviales.

Et alors qu'ils sillonnaient depuis des mois ses grandes étendues, les sénateurs sont "séquestrés" depuis mardi à Washington, où ils doivent obligatoirement assister aux longues audiences du procès historique en destitution de Donald Trump, qui pourrait durer jusqu'au 31 janvier.

Pire, en cet ère d'hypercommunication, quatre sénateurs candidats à l'investiture démocrate --Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Amy Klobuchar et, en toute fin des sondages, Michael Bennet-- sont privés de téléphones portables, et donc d'accès à leurs réseaux sociaux, pendant toute la durée des audiences.

Alors ils tentent de compenser. 

Avec des spots télévisés bien sûr, mais aussi des appels téléphoniques à leurs électeurs et surtout, une armée de "surrogates", ces soutiens qui portent leurs couleurs sur le terrain.

Le socialiste Bernie Sanders, 78 ans, a prévu une affiche constellée de personnalités cette semaine, avec la très médiatique élue du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez, le réalisateur Michael Moore ou encore le groupe de rock Portugal. The Man. 

Lundi, il avait ironisé sur son slogan de campagne appelant au rassemblement: "Pas moi. Nous". 

"Ironiquement, le +nous, pas moi+ devient une vraie réalité pendant les deux dernière semaines de cette campagne parce que je ne vais pas pouvoir être autant ici que je le voudrais", a-t-il déclaré lundi à des supporters, selon le journal Des Moines Register. "Cela va être à vous de jouer". 

- Biden et Buttigieg avantagés ? -

La sénatrice modérée Amy Klobuchar, 59 ans, se montre confiante, en soulignant qu'elle a déjà parcouru les 99 comtés de l'Iowa, assez pour tisser un réseau et s'attirer "plus de soutiens d'élus locaux et d'agriculteurs que tous les autres candidats".

"Alors même que nous parlons, ma fille est là-bas", a-t-elle déclaré sur CNN lors d'une brève pause au Sénat mercredi.

Son époux John Bessler et sa fille, Abigail, la vingtaine, devraient animer plusieurs "soirées cuisine" à travers l'Iowa ces deux prochaines semaines, centrées sur les plats typiques du Midwest, région dont ils sont originaires et qui sera au coeur de la bataille présidentielle. 

En attendant, Abigail s'occupe d'alimenter le compte Twitter de sa mère. 

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren, 70 ans, a aussi dépêché son époux, Bruce Mann, et une douzaine d'élus qui la soutiennent dans l'Iowa et les Etats qui voteront peu après en février: New Hampshire (11), Nevada (22) et Caroline du Sud (29).

L'ex-professeure en droit à Harvard fait souvent monter son mari, et leur chien Bailey, sur la scène de ses meetings. Mais le programme officiel ne précisait pas si le canin serait cette fois de la partie. 

Comme un pied de nez ? Pendant ce temps, le favori dans les sondages Joe Biden, 77 ans, et l'ex-maire Pete Buttigieg, 38 ans, en quatrième position, qui ne sont pas sénateurs, multiplient les étapes dans l'Iowa: une demi-douzaine à eux deux au premier jour du procès, mardi.   

Mais Jennifer Rosenbaum, qui était en charge, pendant la campagne de réélection de Barack Obama en 2012, de ses soutiens sur le terrain, n'estime pas que les sénateurs coincés à Washington en sortiront forcément désavantagés.

"Les gens adorent voir le côté humain d'un candidat alors ils sont ravis de voir des proches faire campagne", explique à l'AFP la fondatrice d'un groupe de conseil, Something Or Other. "Sans oublier les compagnons à quatre pattes. Tout ce qui peut humaniser ces candidats" est positif. 

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