Entre Washington et Moscou, la réconciliation attend toujours

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 Les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Putine au sommet du G20 à Hambourg, le 7 juillet 2017

Les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Putine au sommet du G20 à Hambourg, le 7 juillet 2017

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© AFP, SAUL LOEB

AFP, publié le jeudi 18 janvier 2018 à 09h14

Donald Trump l'avait martelé pendant sa campagne: il allait réconcilier l'Amérique avec la Russie de Vladimir Poutine. Un an après son entrée en fonction, un climat de Guerre froide domine plus que jamais les relations entre les deux puissances.

Malgré les promesses du candidat républicain, suivies de la nomination d'un chef de la diplomatie mettant en avant ses liens personnels avec M. Poutine, Rex Tillerson, les principaux désaccords demeurent et Moscou et Washington s'échangent quotidiennement reproches acrimonieux et menaces de nouvelles sanctions.

"On fait face à un certain paradoxe: les dirigeants des deux pays ont dit vouloir améliorer les relations, mais celles-ci n'ont fait que se dégrader", constate Vladimir Vassiliev, chercheur à l'Institut des Etats-Unis et du Canada à Moscou.

Accusées d'avoir oeuvré en coulisses pour favoriser la victoire de Donald Trump face à une Hillary Clinton favorable à une ligne de fermeté, les autorités russes en sont réduites à présenter l'hôte de la Maison Blanche comme l'otage de combats politiques internes à Washington. Et à faire le dos rond en attendant que l'orage de l'affaire russe passe.

"Les relations russo-américaines méritent mieux, nos peuples méritent mieux", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. "La Russie s'est toujours prononcée en faveur du renforcement des relations bilatérales, quel que soit le président au pouvoir aux Etats-Unis".

Les tensions n'ont cessé de s'aggraver entre Moscou et Washington ces dernières années sur un nombre de dossiers internationaux comme l'Ukraine, l'Iran et la Syrie. 

A la suite de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014 suivi de la guerre dans l'Est de l'Ukraine, les Etats-Unis ont adopté des sanctions de plus en plus strictes contre la Russie.

L'"an un" de la présidence Trump a été marqué par une série de nouvelles sanctions américaines mais aussi des expulsions réciproques de diplomates dignes des heures les plus dramatiques de la Guerre froide.

Quotidiennement, le Kremlin est amené à commenter les rebondissements de l'enquête a été lancée aux Etats-Unis sur l'ingérence russe présumée dans la présidentielle de 2016 et une éventuelle "collusion" avec l'équipe de campagne du républicain.

Mme Zakharova dénonce une "hystérie antirusse" par "les mêmes personnes qui ont fait jouer la carte antirusse lors de la campagne électorale de Hillary Clinton (...) et n'ont pas pu accepter la défaite de leur candidate".

"Ils avaient besoin de trouver un facteur extérieur pour expliquer leur propre échec", affirme-t-elle, démentant tout rôle de Moscou dans la victoire de Donald Trump: "C'est le président américain, élu par le peuple américain".

- 'Plus de pressions'-

Sur les grands dossiers internationaux, le fossé ne s'est pas comblé.

Lors de sa conférence de presse annuelle lundi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a attaqué Washington sur quasi tous les sujets ayant marqué l'année: "Les actions de l'administration actuelle sont malheureusement dans la lignée de l'administration Obama, en dépit de la ligne du président Trump durant la campagne électorale. Dans certains domaines, elle exerce même plus de pressions".

En Syrie, malgré un objectif commun affiché de lutter contre les jihadistes, les Occidentaux accusent la Russie d'avoir surtout appuyé militairement le régime de Bachar al-Assad contre les rebelles. L'armée russe a reproché à Washington de soutenir la branche syrienne d'Al-Qaïda, voire de faire le jeu du groupe Etat islamique pour ralentir l'avancée des forces syriennes.

En Ukraine, le gouvernement Trump non seulement continue d'accuser la Russie de soutenir militairement les séparatistes, mais a aussi annoncé vouloir muscler ses livraisons d'armements à Kiev, qui pourraient désormais comprendre des missiles antichar.

En se gardant de viser Donald Trump frontalement, Moscou a vivement critiqué deux de ses décisions majeures de politique étrangère: reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël et remettre en cause l'accord sur le nucléaire iranien. 

Après avoir accusé fin 2016 le gouvernement Obama d'avoir "délibérément détruit les relations russo-américaines", la Russie avait "de grands espoirs" d'amélioration avec l'élection de Donald Trump, reconnaît à l'AFP Ivan Kourilla, chercheur à l'Université Européenne de Saint-Pétersbourg.

"L'élite russe continue de croire que Trump ne souhaite pas une confrontation totale, et l'espoir pour une amélioration reste", assure-t-il. "Si non pour cette année, alors pour l'année prochaine".

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4 commentaires - Entre Washington et Moscou, la réconciliation attend toujours
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    Steppenwolf  (privé) -

    La tension monte parce que les américains réalisent que leur projet d'impérialisme et de domination mondiale est enrayé et décline à vue d'oeil. Leur situation économique est mauvaise (à part internet, l'informatique, la finance de wall street et …. Le complexe militaro-industriel) leur soft power s’essouffle, ils n'ont plus de vaisseaux pour aller dans la station spatiale internationale, leur infrastructures sont en mauvais état, leur situation monétaire encore pire avec un endettement abyssal qui ne cesse de s'amplifier (20 000 milliards de dollars détenu principalement par …… les Chinois avec 1 270.5 milliards de dollars détenus.) et un dollar non convertible en or (qui n'a comme valeur que l'encre et le papier avec lequel il est imprimé) et leur militarisme tout azimut patine et échoue partout : afghanistan irak libye syrie ukraine ......... les Chinois - et leur système communiste - sont passés devant eux en termes de richesses produites dans le monde, les tensions militaires américano-chinoises se tendent elles aussi, la Corée du Nord et l’Iran ne baisse pas pavillon, les russes – alliés de Chinois au sein de l’organisation militaire de Shangaï et des BRICS – bloquent les américains dans leur agressivité militariste et même quelque fois leurs obligés européens leur tiennent tête (ex : l'accord iranien).......... ça commence à paniquer sévère à washington et signe de cet affolement les américains ont élu un président non fiable et imprévisible (c'est le moins que l'on puisse dire ! n'est ce pas ?) et qui plus est, est l'otage de l'état dans l'état américains qui le met sous pression constante pour l'empêcher de faire sa politique pour laquelle il a été élu.

  • cela ne plait au ici et alors je m'en f ! oui cela montre bien que Trump n'est pas de connivence avec Poutine

  • Washington. n'acceptera pas l'annexion brutale de la Crimée entérinée par un pseudo référendum ,et le grignotage par l'armée russe de l'Ukraine de l'est .
    La patience des américains est à bout car Poutine a profité de leur gentillesse .

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    Steppenwolf  (privé) -

    la "gentillesse " des américains est bien connue et notoirement mondiale. n'est ce pas ? .........
    Demandez aux vietnamiens ils vous en parlerons en détail......... et en connaisseurs.

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    Steppenwolf  (privé) -

    et bien les américains devront prendre leur mal en patience et s'y habituer. parce que c'est pas prêt de changer.

  • Bref , à l'est comme à l'ouest rien de nouveau . Rien de nouveau non plus pour la France tenue à l'écart des deux côtés .

    La France n'est pas tenue à l'écart,elle se tient à l'écart de la Russie,mais ne se détache pas de son maître l'Amérique.

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