Enfants séparés : Trump s'affiche avec des familles de victimes de clandestins

Enfants séparés : Trump s'affiche avec des familles de victimes de clandestins
Washington (Etats-Unis), vendredi. Donald Trump venu s'exprimer à la tribune de ce rassemblement de familles de victimes d'immigrés clandestins qui se sentent selon lui oubliées.

leparisien.fr, publié le samedi 23 juin 2018 à 09h50

Après la visite de sa femme Melania au chevet des enfants de migrants, le président américain vient lui soutenir des familles d'Américains tués par des immigrés illégaux.

Symbole contre symbole. Qu'ils le fassent exprès, pour servir une stratégie de communication, ou parce qu'ils s'opposent réellement sur le sujet des enfants séparés de leurs parents migrants, Melania et Donald Trump poursuivent leur petit ping-pong d'images fortes. Alors que la Première dame des Etats-Unis visitait jeudi un centre de rétention d'enfants à la frontière mexicaine, son président de mari s'est lui affiché vendredi avec des familles de victimes tuées par des migrants illégaux... Une façon de contre-attaquer pour un Donald Trump vexé d'avoir été obligé de reculer sur ce dossier polémique après la vague d'indignation provoquée par la diffusion d'images de camps frontaliers.

« Eux, séparés définitivement ! »

« Voilà des citoyens américains qui ont été séparés définitivement de leurs êtres chers. Le mot définitivement doit vous faire réfléchir... » a commencé le dirigeant américain, avant d'opposer ces citoyens postés derrière lui aux sans-papiers au cœur de l'attention cette semaine : « Eux, ils ne sont pas séparés juste un jour ou deux. Ces familles l'ont été définitivement parce que certains de leurs membres ont été tués par des criminels étrangers clandestins ! » Une façon de dire aux Américains que les migrants dont ils s'émeuvent du sort sont un danger pour eux.

Et Donald Trump d'insister : « Ce sont des familles que les médias ignorent ! Eux, ils n'en parlent pas, c'est très injuste !»

Depuis plusieurs jours, le président s'évertue par ailleurs à assurer aux anti-immigration que ce n'est pas parce qu'il est revenu sur la séparation des enfants que la frontière est plus ouverte. « Elle doit rester forte », a-t-il encore affirmé vendredi sur Twitter. Et d'attaquer au passage ses opposants : « Nous ne pouvons nous permettre que notre pays soit envahi par des immigrants illégaux pendant que les démocrates racontent leurs histoires bidons de tristesse et de chagrin en espérant que cela les aidera pour les élections !» Donald Trump fait notamment références aux commentaires politiques fait sur une multitudes de photos d'enfants de migrants, dont certaines sont « fausses » au sens où il ne s'agit pas de familles séparées.

La petite fille du Time n'a jamais été séparée

La plus emblématique et virale d'entre elles, celle de la fillette hondurienne en larmes dont le Time a fait sa Une en la mettant face à Trump, ne correspond visiblement pas à la réalité. Au Honduras, la responsable de la Direction de protection des migrants au ministère des Affaires étrangères, Lisa Medrano, a assuré à l'AFP que la fillette, qui va avoir deux ans, n'avait pas été séparée. Et son père, Denis Varela, a confirmé au Washington Post que sa femme Sandra Sanchez n'avait pas été séparée de la petite Yanela, et que les deux sont actuellement retenues dans un centre pour migrants dans la ville de McAllen, au Texas. Pour autant, ces camps existent bien et le principe de séparer les famille était vrai jusqu'au décret signé mercredi par Trump mettant fin à cette pratique.

Au delà des accusations aux démocrates, Trump s'est donc servi de ces fausses photos, tout du moins détournées, pour expliquer la mystérieuse inscription sur la veste de sa femme, interprétée par beaucoup comme une rébellion après les révélations sur les relations extraconjugales de son mari. La petite phrase, inscrite dans le dos de la Première dame (« I really don't care, do u ? », Je m'en fiche complètement, et vous ?), « se réfère à la fakenews (fausse information) des médias. Melania a appris à quel point ils sont malhonnêtes, et elle ne s'en soucie plus vraiment ! » a ainsi tweeté le président. Difficile de juger s'il tente de rattraper le coup ou si le message de sa femme était véritablement adressé aux journalistes.

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