Emmanuel Macron répond du tac au tac aux étudiants américains

Emmanuel Macron répond du tac au tac aux étudiants américains
Le président français Emmanuel Macron répond aux questions des étudiants de l'université GWU le 25 avril 2018 à Washington

AFP, publié le jeudi 26 avril 2018 à 00h20

Debout en bras de chemise sur une estrade aux allures de ring de boxe, le président français Emmanuel Macron s'est offert un moment d'expression libre mercredi au dernier jour de sa visite d'Etat à Washington, lors d'une séance de questions-réponses avec plus d'un millier d'étudiants de l'université George Washington.

"Je suis là pour vous, soyez directs!", a-t-il dit en anglais en grimpant sur l'estrade dressée au centre de la salle de basket de la GWU, applaudi par les étudiants assis sur des gradins bleus aux couleurs de l'équipe.

Signe de l'intérêt qu'il suscite, les spectateurs avaient été tirés au sort par l'université, dépassée par les 5.000 demandes de billets alors que les 1.200 places disponibles s'étaient arrachées en 10 minutes.

Arrivé à pied, en retard, après avoir bavardé sur le trottoir avec quelques étudiants arborant des pancartes contre le "bombardement en Syrie", il a été chaleureusement ovationné debout par le public. La GWU, qui compte 36.000 étudiants, est connue pour être très engagée politiquement.

- Grève des cheminots -

Emmanuel Macron apprécie beaucoup ces échanges à bâtons rompus, une forme de communication directe avec la jeunesse qu'il a déjà expérimentée lors de ses visites au Burkina Faso et en Inde.

Surprise, la première question à laquelle il a répondu portait sur les grèves dans la fonction publique aux Etats-Unis et en France, ainsi que dans les chemins de fer.

"la grève est un expression de la démocratie", "il y a beaucoup de grèves et de manifestations, c'est normal quand on fait des réformes, il y a des désaccords, mais au bout du compte vous avez une loi qui est votée", a-t-il répondu.

Il a ensuite répondu à des questions variées : avenir de l'Europe, montée de l'antisémitisme, relation avec le dalaï lama, politique africaine, Syrie, lutte contre Daech, immigration, guerre commerciale. Mais il a aussi été questionné sur la situation française, comme le retour ou non de  la division gauche-droite.

Il s'est notamment dit prêt à agir comme médiateur entre le dalaï lama et la Chine pour résoudre la crise au Tibet.

"Si la France peut être utile pour régler la situation entre le dalaï lama et son peuple, et la Chine, je ferai de mon mieux", a-t-il affirmé.

Mais c'est sur une question sur l'immigration, l'islam et l'insécurité, posée par une étudiante qui voyait un lien entre ces sujets, qu'il a le plus longuement répondu, avec un plaidoyer pour la tolérance qui a été très applaudi.

Il était particulièrement attendu là-dessus, certains étudiants le soupçonnant d'être anti-immigrant et islamophobe. Une image alimentée par les félicitations que lui avait adressées la veille Donald Trump, qui a salué les mesures "pas toujours populaires" prises par la France pour lutter contre "l'immigration incontrôlée". 

"L'islam est un défi pour nos sociétés parce que cette religion est nouvelle, originaire d'une autre partie du monde", a plaidé le pésident français. "Maintenant des millions de personnes y croient et ce sont nos concitoyens, avec les mêmes droits. Il existe une tension avec l'islam parce que nos populations ne sont pas habituée, parfois. La bonne réponse n'est pas de dire que nous devons nous en débarrasser", a-t-il dit, déclenchant des applaudissements de la salle. 

"La meilleure réponse est la tolérance et que chacun respecte les règles. Si au nom de votre religion, vous ne respectez pas les lois, je suis contre vous mais vous pouvez croire à ce que vous voulez", a-t-il dit.

Quant à l'immigration il a défendu le principe de la loi en cours d'adoption en France, qui améliore le droit d'asile mais limite l'entrée de ceux venus pour des raisons économiques. "Vous ne pouvez pas accepter tout le monde car n'est pas une charge soutenable pour la société française", a-t-il plaidé.

Kimberly Hernandez, 22 ans, a trouvé le chef de l'Etat "charismatique" et "convaincant", en espérant toutefois "qu'il colle à ses idées". Quant à Kiara Montevon, 22 ans elle aussi, elle a salué le fait "qu'il a répondu aux questions sans se défiler". 

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